Oui, les Infosmumuses existent toujours ! Après neuf ans de parution hebdomadaire (juin 2000-juin 2009), les réseaux sociaux ayant pris le relais, ces infos se sont beaucoup allégées. Elles s'empilent donc ci-dessous au jour-le-jour.
Vous pouvez m'écrire pour me signaler vos infos de portée nationale (envoi de CD ou livres à chroniquer : m'envoyer un message électronique pour avoir mon adresse postale) ...
...ou pour vous inscrire à ma liste de diffusion (envoi d'un message lors des ajouts importants, notamment de chroniques de livres ou CDs) :<---- attention l'adresse a changé en septembre 2022
Toutes mes chroniques de CD, livres etc.. sont archivées et accessibles via un sommaire unique des chroniques et une page présente les chroniques à venir. Vous pouvez également débuter par les plus récentes.
Plus bas dans la page, un certain nombre d'informations plus pérennes...
en rouge : les infos limitées dans le temps
 
----------- mis en ligne le 31 mars 2026 -----------------

Nouveautés sur sur mon sur mon second site, iconographie de la cornemuse (nous avons maintenant atteint 3638 représentations) et nouveaux documents sur les instruments à vent (dont une méthode de saxhorn), crécelles etc...

logo site iconographie

----------- mis en ligne le 2 mars 2026 -----------------

Nouveautés sur le présent site :
- Mise à jour de la page de discographie de la musette baroque

- Nouveautés sur les pages "Saint-Chartier - Le Son Continu" :
Un nouveau traitement de l'ensemble des photos 2003 permettant l'accès à ces photos dans leur définition maximale. Ceci m'a également permis de récupérer 54 photos mises de côté à l'époque et qui retrouvent de l'intérêt aujourd'hui, notamment une page de 30 photos inédites de la manif pour les intermittents
on a retrouvé les résultats du concours 1983,

Et les résultats des concours 2000, 2001 (avec un bilan détaillé), 2002, 2003, 2004 que je n'avais pas encore trouvé le temps de recopier
des tarifs d'instruments de 1982 et 1983,
Le témoignage de Françoise Sinier De Ridder
Une page récapitulant les cartes-postales éditées par les Rencontres ou photographiées au sein de celles-ci
Un brevet de participation luthier en 1977
Le tract Simon au début des années 1980 (je vous l'ai mis en 1981)

Une interview de Rosyne Charle par Jean-Luc Matte à propos de la facture instrumentale parue en deux parties dans Trad. Magazine N° 134 et 135
 
Annonce et compte-rendu 1977 (seconde édition) dans l'Escargot folk ?  etc...

Si vous avez des photos ou documents anciens sur les rencontres (surtout années 70-80), merci de m'en transmettre des scans afin que je puisse compléter cet historique...

----------- mis en ligne le 2 mars 2026 -----------------

Vu sur la lettre d'information de l'association La Loure : Les collectes  de Robert Bouthillier et Vincent Labrie" en ligne ! 
" (...) Collecte de chansons, musiques et contes traditionnels au Nouveau-Brunswick. Cette enquête s'étire du début des années 1970 au milieu des années 1980 et porte aussi sur le Québec. (...)"
https://collection-rbvl.cieq.ca


------------ mis en ligne le 4 novembre 2025 -----------------

Photos du Folk'xybal de septembre 2025 à Malzéville avec Bargainatt, Folk'xygène et les danseurs...
Vers Folkxybal
                    2025

-- mis en ligne le 2 novembre 2025 -------


Photos du concert de Charles Suberville au Musée de l'Oeuvre de Jaumont à Malancourt-la-Montagne à l'occasion de ses 60 ans de carrière (il a débuté dans la chanson à Paris en 1965 aux côtés des grands ce cette époque)

Concert de Charles Suberville 2025



-- mis en ligne le 1er novembre 2025 -------



Livre
              Van Hees

A la liquidation de l'éditeur, Luc Monod a sauvé du pilon le stock restant de l'ouvrage incontournable de Jean-Pierre VAN HEES Cornemuses. "Un infini sonore", (Coop Breizh, 2014. livre + DVD, contient entre autre une méthode de musette du Centre et un méthode de musette baroque, voir ma chronique de l'époque) et peut le proposer à moins de la moitié du prix initial (et conditions spéciales à voir avec lui pour libraires, associations et autres...) Voir bon de commande ici
Une occasion à ne pas rater car il sera introuvable ensuite....

-- mis en ligne le 1er novembre 2025 -------

CD DVD Andree Dufault

Une figure un peu moins largement connue qui est également partie cette semaine, à l'âge de 105 ans tout de même : Andrée dite "Dédé" Duffault. Moins connue hors du Berry où elle était une référence incontournable pour tous les amateurs de musiques traditionnelles. Moins connue et pourtant vous avez sans aucun doute tous entendu un jour ou l'autre l'une des chansons collectées dans son grand répertoire traditionnel,  reprise par des chanteuses et chanteurs des générations suivantes... Mais ses interprétations n'avaient rien à leur envier et quel meilleur hommage que de réécouter  (CD) et de regarder (DVD) la double publication qu'avaient réalisé Les Thiaulins de Lignières en 2006 (malheureusement épuisé sur leur site)

-- mis en ligne le 1er novembre 2025 -------

Erik Marchand

Le petit texte ci-dessous sur Jean-Blanchard pourrait presque être recopié à propos d'Erik Marchand également disparu cette semaine car au delà  du clarinettiste et du chanteur (comment ne pas rester conquis à jamais par sa voix lorsqu'on l'avait entendu chanter "Personne n'en est la cause" avec Gwerz ?....), on retiendra son incomparable travail de transmission (photo ci-dessus : restitution de fin de stage à Parthenay en 2001) concrétisé notamment par la mise en place de la Kreiz Breizh Akademy qui doit en être maintenant à sa onzième promo....


----------- mis en ligne le 1er novembre 2025 -------

Jean Blanchard
Tous les joueurs de musette du Centre et bien d'autres également sont orphelins depuis la disparition de Jean Blanchard survenue il y a quelques jours.
Celui que l'on retrouve tout gamin sur une photo des Thiaulins de Lignières (voir sur son FB) fut par la suite le créateur du folk club lyonnais la Chanterelle, et l'un des piliers du revival folk des années 70 (La Bamboche notamment) et continua a être actif depuis.
On l'a connu accordéoniste, joueur de cornemuse, chanteur, banjoïste, auteur et compositeur et j'en oublie.... mais si j'ai choisi la photo ci-dessus c'est pour mettre en avant sa volonté de partage, de transmission au travers de publications*, stages, ateliers ou, ici en dirigeant le Grand Orchestre de Saint-Chartier en 1995 non pour se mettre en avant mais pour le plaisir d'amener tous ces vielleux et cornemuseux à donner le meilleur et à être ensuite fiers de ce qu'ils avaient pu faire ensemble.
Et il n'avait jamais craint de monter des duos et ensembles avec de jeunes musiciens.
C'est un grand musicien trad. qui s'en va mais c'est surtout un homme au regard malicieux qui nous manquera désormais....

* méthode de cornemuse de Laï Pouélée, Recueil "Tableau d'accords pour accordéon diatonique", n'oublions pas qu'il avait au départ une formation d'ingénieur INSA Lyon qui lui donnait une approche analytique des choses mêmes artististiques. Et n'obulions pas son action à la direction du CMTRA...

 

- mis en ligne le 20 octobre 2025 -------
 
Son Continu en photos

<vers menu LSC 2025
850 photos cette année en 86 pages et toujours essentiellement des photos prises en après-midi dans le parc.
Et un effort fait pour légender les photos d'instruments et de stands de luthiers.....
--- mis en ligne le 8 octobre 2025 -------


Galice : Vous pouvez télécharger les pdf des Anuario da gaita à partir de la page https://publicacions.depourense.es/categoria-publicacion/revistas/anuario-da-gaita/

 et d'autres publications dont certaines que je vous ai chroniquées sur :

https://publicacions.depourense.es/categoria-publicacion/libros/patrimonio-musical-e-musica-en-xeral/

 
--- mis en ligne le 8 octobre 2025 -------

Amaury Babault

"Cornemuse du Centre - Musique traditionnelle du Berry"

CD
                  Amaury Babault

Avec cet album, la collection 1 musicien, 1 instrument, 1 répertoire, met une fois encore sur le devant de la scène un instrumentiste qui n'est pas un inconnu puisqu'on l'avait découvert dès xxxxxx au sein d'Albert et Joseph Trio puis réentendu dans divers autres projets (1) mais qui n'est sans doute pas encore reconnu à sa juste valeur hors de sa région d'origine : le Berry. Mais cet enregistrement, à condition qu'il connaisse une diffusion à la hauteur de sa qualité, pourrait changer les choses car, certes Amaury Babault n'est pas un interprète spectaculaire, il ne fait pas partie de ces jeunes musiciens qui jouent un nombre incroyable de notes à la seconde (mais toutes égales...), mais il nous offre ici une vraie leçon de musique, de cornemuse du Centre et de lecture du répertoire berrichon. Ce qui qualifie le mieux son jeu me semble être l'évidence : avec lui tout semble facile et évident : les mélodies s'enchaînent en suite comme si elles avaient été composées par la même plume, les airs les plus éculés retrouvent de la saveur car non seulement il comprend les mélodies mais il sait les faire chanter et nous les faire comprendre, nous faire ré-entendre toutes leurs richesses. A l'entendre il devient évident que si certaines mélodies nous sont devenues un peu insupportables c'est d'avoir trop été entendues mal jouées mais elles renaissent à nos oreilles lorsqu'on les entend ici et si sa version comporte l'une ou l'autre note différente de celle que l'on a dans l'oreille, il nous semble curieusement évident également que celle que l'on avait en tête n'était pas la bonne.... Une évidence dans le jeu qui est bien le contraire d'une virtuosité de façade : sous ses doigts tout semble facile, les difficultés disparaissent, même lorsqu'il se promène, par exemple, dans l'octave du haut au sein d'une suite de marche début XXème, en demeurant parfaitement juste comme si l'instrument était conçu pour cela (2).
Ajoutons à cela un vrai travail de recherche de répertoire : si je compte bien les références du livret, ce ne sont pas moins de 48 mélodies différentes qui s'enchaînent dans ce album, souvent montées en suites de trois ou quatre airs et s'il figure quelques standards, l'oreille se tend souvent et l'on a bien envie de s'essayer à jouer tel ou tel air encore inconnu. Et naturellement le livret nous fournit toutes les indications sur les sources : comme J.J. Le Creurer dans son album de la même collection, il joue "Les lézards" mais lui nous fournit le titre original, le nom du compositeur et l'année de création... Nous avons même droit aux liens internet vers d'anciens reportages de France3 au sein desquels il a débusqué certains airs... Cet album devrait donc figurer parmi les références conseillées à tout apprenti sonneur de musette du Centre, surtout s'il souhaite mettre des airs traditionnels berrichons à son répertoire. Et si le montage en suites ne facilite pas l'apprentissage des mélodies à l'oreille (nombre de répétitions d'un même thème très limité), les logiciels actuels permettent de faire facilement tourner un extrait en boucle histoire d'avoir le temps de jouer avec lui...
Et pour ceux qui veulent juste un album à écouter, précisons que l'alternance des cornemuses 13, 16 et 20 pouces avec leurs tonalités et leurs sonorités différentes participe bien à briser la monotonie qui guette toujours ce type d'album solo.

(1) Voir les rappels ci-dessous A commencer par "Albert et Joseph Trio" avec J.J. Smith et Daniel Langlois. Il fait partie également des interprètes des Ronds du Berry et de Mélodie en Sous-Sol
(2) on ne saluera jamais assez le travail des facteurs de cornemuses (et d'anches) qui permet cela aujourd'hui, le livret cite Remy Dubois pour la 13 pouces sur laquelle il joue ses marches, on se doute que J.J. Smith n'y est pas pour rien côté anches, mais pas de mention des facteurs des autres cornemuses utilisées ici. Je lis également dans le livret qu'il a débuté l'apprentissage de l'instrument auprès de Willy Soulette, je ne suis pas étonné que ce dernier lui ait transmis cette rigueur dans le jeu dont il sait aujourd'hui tirer le meilleur...


http://www.aepem.com

Rappels :
Au sein de Albert et Joseph Trio
CD Albert et Joseph Trio

Participation aux albums collectifs :
Mélodies en sous-sol
CD Mélodies en sous-sol


Ronds et rondes tradionnelles du Bas Berry recueillies et publiées par Barbillat et Touraine
Volume1
Barbillat volume 1


Volume 2
Barbillat volume 2



Pascal Guérin
"Violon - Musique traditionnelle du Poitou"

CD Pascal Guérin

Des quatre albums de cette collection sortis pour l'été 2025, celui-ci est sans doute le plus proche du jeu traditionnel, sans doute parce que, comme l'explique sa biographie dans le livret, Pascal Guérin a non seulement réalisé pas mal de collectages, mais il a d'abord appris le violon auprès d'un ancien. Si son jeu insiste un peu moins sur le tempérament des jeux traditionnels que certains violoneux revivalistes d'Auvergne-Limousin, on y retrouve cette couleur particulière, les ornements du jeu à danser et, surtout un usage presque systématique du jeu en double cordes qui fait du violon presque un instrument à bourdon. Et s'il débute souvent les mélodies sans l'usage de ces doubles cordes (ce qui aère l'écoute de l'album), elles reviennent généralement plus ou moins rapidement puisque l'efficacité pour la danse du jeu soliste l'exige sur cet instrument sans bourdon ni basses ou accords mais pas monodique pour autant. Et ceux qui l'on entendu lors de la présentation de cet album au Son Continu on pu constater que seul sur l'estrade d'un parquet, sans sonorisation, Pascal Guérin parvient sans problème à faire danser une assemblée.
Si son nom n'était jusqu'à présent guère connu hors du Poitou (mais en fouillant dans ma discothèque je l'ai toutefois retrouvé au sein de deux anciens albums), il n'en va pas de même dans sa région où il fit partie des pionniers du collectage et de l'enseignement des musiques traditionnelles.
Le répertoire de l'album, forcément poitevin, est, à un "air à la mariée" près (sur 20), entièrement à danser, alternant les Avant-deux et les danses de couples plus une suite de Pas d'été. Et si tout ce répertoire est issu de collectages (principalement auprès de violoneux, mais pas que...) on y décèle différentes strates temporelles jusqu'à cette valse qui sent bon les années trente....
L'album s'achève par une avant-dernière plage où Pascal Guérin ajoute le chant au violon puis une dernière jouée au violon à pavillon. On regrettera de ne pas entendre davantage sa voix (curieusement il n'annonce jamais les figures des Avant deux, alors qu'il mentionne bien cette pratique dans le livret) et que ces deux plages particulières soient reléguées en fin d'album alors qu'elles auraient pu relancer l'intérêt de l'auditeur placées davantage dans le corps de l'album.
Naturellement la lecture du livret apporte une foule d'informations intéressantes sur les musiciens, quelques anecdotes et quelques remarques techniques (je retiens notamment cet effet de style d'un violoneux qui reproduisait en réalité un glissement de doigt rendu nécessaire par une petite infirmité de son père violoneux : c'est ainsi que naissent certaines traditions...)


http://www.aepem.com
Rappels :
Au sein du groupe Guillannu sur l'album "Tout d'travers"
CD Guillannu Tout d'travers

Comme musicien mais surtout comme animateur violon d'atelier d'école de musique sur l'album "Braçaie De là ou bé d'allour" des ateliers musiques trad en Nord Deux-Sèvres
CD
                  Braçaie






Trencadit
"Las Hordes"
CD Las
                  Hordes


Note préliminaire : Pour diverses raisons pratiques (1), je ne réalise pas de chronique à partir de fichiers mp3, pdf ou autres. Je fais une exception pour cet album, exception qui a d'autant moins de raison d'être que je vois sur internet que l'album est vendu au même prix en numérique qu'en numérique plus version physique, mais exception qui me permet de rappeler la règle...

Trencadit est un quartet gascon de relativement jeunes musiciens qui conjuguent visiblement une bonne connaissance de leur tradition, de ses cadences et de ses répertoires et un goût pour les compositions (les deux tiers des titres de l'album) et les sonorités denses (dans la veine ouverte notamment par le vielleux Yann Gourdon mais en moins extrême). Cette esthétique sonore harmoniquement chargée avec de temps à autres des bruits de fond et quelques accords un peu tendus pourra en rebuter certains mais rien n'est jamais exagéré ici et tout cela est réalisé avec une belle précision et une maîtrise technique qui permet cette sonorité de groupe où vielle de Valentin Laborde et le violon d'Alexandre Seli notamment ne semblent souvent plus faire qu'un. La boha de Martin Lassouque se démarque davantage par sa sonorité plus aigüe et on retrouve avec plaisir son jeu très précis qui met en valeur les rythmes (précisons au passage que toutes les plages sont à danser) et les mélodies. Jordan Tisner enfin assure l'assise harmonique soit au tambourin à cordes soit à la basse électrique, cette dernière très efficace dans la sobriété. Naturellement qui dit tun-tun dit flûte à trois trous mais celle-ci est relativement discrète et joue elle aussi le son de groupe. Il en est de même des deux voix (Martin et Jordan) qui, elle aussi, se fondent dans le son du quartet sans pour autant jouer simplement les choeurs.
Voici donc un album qui ne plaira pas forcément à tous, surtout à la première écoute (et surtout si vous ne l'écoutez pas dans de bonnes conditions) mais même les plus réticents devraient convenir qu'il s'agit de belle ouvrage.

https://trencadit.jimdofree.com/

(1) J'en ai réalisé quelques unes avant de prendre cette décision et, même si mes étagères débordent, il m'est arrivé plusieurs fois depuis d'acheter en occasion certain de ces albums que j'avais chroniqués en dématérialisé... Car, notamment, les albums dématérialisés ont du mal à continuer d'exister dans mon esprit une fois la chronique rédigée tandis que la présence des CDs, avec leur pochette et leur livret, demeure et permet à ceux-ci de se rappeler à mon souvenir... Et il y a bien d'autres raisons plus pragmatiques liées à mon équipement, mes habitudes d'écoute, de rédaction etc...

Rappels :
Martin Lassouque : voir à partir de son album solo Contras
CD
                    Contras

--- mis en ligne le 28 septembre 2025 -------
Citation de la semaine : "Penché à l'autre portière, M. le vicomte, dans le même temps, commanda aux gens de l'orchestre d'entamer quelque petit morceau. Il se fit, aussitôt, un épouvantable bruit où nous devinâmes que force bassons, renforcés d'un couple de bombardes, donnaient accompagnement à grand nombre de cornemuses.

- Voici, constata M. le chevalier, un air qui me semble particulièrement beau et fait juste à point pour remuer le coeur !

Ce disant, il tourna les yeux vers madame la maréchale et, par le moyen d'un regard, lui montra combien l'harmonie et cette noble langueur qui nous vient du plaisir de l'art, l'excitaient les plus grossièrement à pratiquer l'incontinence.."

Réponse ici

--- mis en ligne le 5 septembre 2025 -------

J'ai appris récemment le décès de Pierre "Pierrot" Capel qui n'était pas seulement le père d'Hervé, l'accordéoniste bien connu, mais également un accordéoniste et cabrettaire, passionné de musique auvergnate au point d'avoir lâché son métier initial de maçon pour ouvrir un dancing qu'il tiendra durant 9 ans dans son village de Salers. C'est l'un des tout premiers joueurs de cabrette que j'ai rencontré, lors de l'été 1980 alors que je venais d'acquérir un de ces instruments et que je sillonnais le Cantal avec un couple de musiciens en espérant trouver quelques tuyaux pour maîtriser ce qui était ma première cornemuse. A la fin d'une prestation de son groupe folklorique "La Sagranière",  il avait pris le temps de discuter et m'avait été de très bon conseil et un peu plus tard, durant ce même été, j'avais eu l'occasion de le revoir plus longuement et d'apprécier ce personnage très chaleureux et généreux (il avait d'ailleurs matériellement et humainement épaulé Jean Bergheaud à la fin de sa vie). En 1989, la première fois que je me suis rendu au festival de Strakonice en Tchécoslovaquie alors encore dans le bloc soviétique, à mon grand étonnement, c'est à nouveau une des premières personnes que j'ai croisée au sein de cette manifestation : il y jouait avec un groupe folklorique de Malemort. Je l'ai par la suite revu très épisodiquement mais il fait indéniablement partie de ces personnes dont le décès vous fait regretter de ne pas avoir eu davantage d'occasion de rencontres....

Pierrot Capel
Pierrot Capel à la fête de la cabrette de Salers en août 1980  à la cabrette, et son fils Hervé à l'accordéon au premier plan de dos

une courte biographie sur https://www.lamontagne.fr/mauriac-15200/actualites/la-vie-de-pierrot-capel-a-ete-faite-et-entouree-de-musique_12234035/

---- mis en ligne le 5 septembre 2025 -------

Bougnat Sound
"Poum Poum !"

Poum Poum !

Troisième album pour ce trio dédié au bal auvergnat, mais enregistré en bal cette fois-ci et si certains enregistrements en public actuels pourraient presque passer pour des enregistrements studio, ici l'ambiance de la salle est bien présente (sans être jamais gênante pour l'écoute, la prise de son des instruments est très bonne (1)) et le bal se déroule avec les annonces des danses, les applaudissements, les musiciens qui flattent les danseurs... Cet album "sur le vif" (ce "live") n'est pas pour autant une compilation des deux précédents et vous n'y retrouverez que deux titres déjà gravés par ce trio : La suite de montagnarde qui vient ici clore le bal en beauté et "La butte rouge", chanson certes pacifiste mais narrant un épisode sanglant de la grande guerre et qui semble encore plus décalée dans l'ambiance de ce bal, d'autant que la version instrumentale du CD "Bon Esprit" cède ici la place à une interprétation sur laquelle vient s'ajouter la voix de Lucie Dessiaumes qui, en sus de rendre le texte explicite, tire un peu la valse vers la java. Elle intervient sur deux titres successifs et sa voix cadre bien avec le style musette auvergnat des années trente de ce trio cabrette (Julien Barbances lorsqu'il n'est pas au violon ou au chant), accordéon (Loïc Etienne dont le diato a souvent des accents de chromatique) et banjo (celui d'Olivier Sulpice naturellement, qui renforce ce style avant guerre...). Tout cela pour replonger les danseurs dans la grande époque où la cabrette n'avait pas encore été reléguée par l'accordéon, où les bourrées avaient encore la part belle entre deux danses de couple (à noter la présence d'une suite de sautières). Cela pourrait presque être un disque "Le Soleil" mais c'est une coproduction"Le Grand Barbichon Prod." et AEPEM.
Connaissant les exigences de ces derniers, l'absence de livret en est d'autant plus étonnante : aucune mention de source des morceaux interprétés, même dans la liste au verso de la pochette (3)... un album qui considère que les danseurs n'en ont rien à faire ? Une petite mention sur la pochette nous apprend néanmoins que le bal a été enregistré en Périgord à Copeaux Cabana et le web nous explique que ce calembour cache un lieu de vie alternatif consacré au travail de charpentiers : de quoi mieux comprendre la photo de couverture (2)

(1) Prise de son et traitements ultérieurs par Aurélien Claranbaux qui en sus d'être l'accordéoniste que l'on connaît, aime tripatouiller professionnellement d'autres boutons liés à la musique et affiche dans ce domaine (sa Claranbox) une belle liste de références...
(2) de Marie-Hélard Garcia comme les trois autres : on ne cite jamais assez (et de moins en moins) les photographes...
(3) Renseignement pris, "un très fâcheux incident a fait sauter le livret, que l'on peut retrouver en ligne sur la page du CD sur le site AEPEM (https://www.aepem.com/produit/bougnat-sound-poum-poum/).
http://www.aepem.com

Rappels : voir à partir de "Bon esprit - Musique d'Auvergne"
CD Bougnat Sound
                    "Bon Esprit"

Benjamin Melia
"Galoubet Tambourin - Musique traditionnelle de Provence et du Pays Niçois"

CD Benjamin Melia

Combien d'entre vous ont un album de galoubet-tambourin dans leur discothèque ? Combien d'entre vous sont capable de citer plus de trois instrumentistes jouant ou ayant joué de ce duo pour musicien seul ? Et je suis prêt à parier que des quatre albums de cette collection instrumentale AEPEM sortis l'été 2025, celui-ci n'a pas du être le plus vendu au Son Continu.... Y avait-il d'ailleurs des galoubets traditionnels sur les stands des luthiers à ce festival ? Il est légitime de se poser la question de la trop discrète présence de cet instrument, ou plutôt de ce couple d'instrument, dans le courant revivaliste, alors que d'autres flûtes à trois trous et leurs tambourins à cordes y ont bien mieux forgé leur place. Est-ce le statut d'instrument régional emblématique (1) qui a desservi le galoubet-tambourin ? Mais dans ce cas pourquoi le biniou kozh ou la cabrette n'en ont pas souffert de la même manière ? Et même au sein des musiques baroques, pourquoi musette et vielle sont-ils actuellement bien plus rejouées que ce couple qui eu droit pourtant lui aussi à sa place à Versailles.... N'oublions pas non plus que comme son cousin à cordes, le tambourin de Provence est, grâce à son timbre qui prolonge la résonnance et peut lui donner une quasi continuité, tout autant un véritable bourdon qu'une percussion rythmique. Il a donc toute sa place dans nos musiques à bourdons

Tout ceci pour vous signifier que cette publication est vraiment une belle initiative et que le résultat en fait l'un des albums les plus intéressants de cette collection. Si Benjamin Mélia respecte la charte de celle-ci (jeu purement solo, répertoire quasi entièrement traditionnel du ou des régions citées), il se singularise par un jeu très novateur dont certaines particularités sautent rapidement à l'oreille et dont le livret détaille fort utilement l'usage en citant les plages concernées : polyphonie voix-galoubet, jeu à deux galoubets; son multiphonique, mesures asymétriques, utilisation du registre le plus bas, habituellement non utilisé etc... Il oublie juste de citer l'utilisation du tambourin qui, elle non plus, n'est pas toujours académique, voire absente ou remplacée par d'autres percussions. Et tout cela avec un jeu très ornementé au galoubet, parfois virtuose mais par ajout de notes, sans pour autant déroger au tempo et en conservant une cadence parfaite : un exemple en la matière. Bref, comme souvent dans cette collection, si le côté solo et instrument unique peut faire craindre une certaine monotonie (d'autant avec un instrument réputé strident), l'écoute de l'album convainc rapidement que cette crainte n'était pas fondée.
Les amateurs de noëls provencaux reconnaîtront au moins deux mélodies, dont celle qui ouvre l'album, ce qui leur permettra d'apprécier l'originalité de l'interprétation. Les autres mélodies me sont pour la plupart moins connues et c'est toujours bien agréable d'élargir ainsi son horizon.

Outre l'habituelle liste documentée (sources) des morceaux interprétés et de leurs sources, le livret comporte deux véritables articles, le premier de Luc Charles-Dominique sur la symbolique des flûtes dans l'histoire culturelle occidentale et française qui ne surprendra pas ceux qui sont familiers de ses écrits (je ne rappellerai pas ici mes désaccords sur certains points...), le second de Sylvain Brétéché, musicologue, qui à partir du cas particulier de cet instrument en Provence, rédige une véritable dissertation philosophique sur la tradition (un article à lire soit lentement soit trois fois...)

Voici donc une belle surprise que cet album. Espérons qu'il contribuera à faire davantage émerger ce couple instrumental hors du Sud-Est, et on ne saurait que remercier AEPEM d'avoir ainsi laissé plus de place que d'habitude à certaines expérimentations...

(1) et le cliché de la farandole....

http://www.aepem.com

Farem Tot Petar
"Sauta Treuia !"

CD Farem tot Petar


C'est avec deux ans de retard que je vous chronique cet album mais il n'est jamais trop tard et en particulier lorsqu'un album est paru plutôt discrètement alors qu'il mérite d'être bien plus connu.
Farem Tot Petar est un trio qui se consacre aux musiques traditionnelles de la Creuse et comme ils ne sont pas vraiment nombreux à le faire (et d'ailleurs pas nombreux à y habiter non plus... (1)), c'est un premier point d'intérêt puisque les traditions musicales de ce département ont tout autant d'intérêt que leurs voisines et parentes d'Auvergne et du reste du Limousin....
Le second motif pour s'intéresser à cet album est la composition de ce trio puisque s'y retrouvent l'accordéoniste (et violoniste) Jean-Jacques Le Creurer et sa fille Louise Le Creurer (chant et violon) dont cela semble le premier album mais qui affirme une solide maturité musicale et dont on sent bien qu'elle a été élevée au son et, surtout, au rythme de ces musiques et qu'elle a hérité des talents de ses deux parents (2). Le troisième pilier du trio, un peu plus discret mais néanmoins efficace, vient de bien plus au nord puisqu'il s'agit du mandoliniste et chanteur Vincent Brusel dont je vous ai déjà entretenu à propos de ses deux albums de chants de marins boulonnais...
Le répertoire est traditionnel et local, à l'exception d'une scottich de Jean-Jacques (montée en suite avec une traditionnelle), d'une chanson de Marcelle Delpastre (3) et d'une chanson de 1845, qui se situe entre tradition et composition de chansonnier, écrite sur "timbre de". Le trio se produisant en bal, il comporte naturellement de nombreuses mélodies à danser (bourrées dites Giates et autres, sautières, danses de couple diverses...)  mais également quelques chansons à écouter et comme les vidéos du net ne semblent présenter que les danses, c'est une raison à elle seule de découvrir l'album car s'y trouvent quelques perles, où la voix de Louise sobrement portée par l'un ou l'autre instrument, fait montre de toute l'émotion qu'elle sait transmettre (4). J'aime également beaucoup un extrait de plage sur laquelle les violons me font retrouver le son du Grand Rouge du début des années 80.
Et, bien entendu, sur les airs à danser, le trio démontre sa parfaite connaissance de cette tradition et rappelle que Jean-Jacques n'est pas que musicien mais également danseur.
Naturellement le livret donne les paroles, les crédits et les sources (noms des collectés et des collecteurs...).
Comme dit l'expression populaire : "Dans le cochon tout est bon !"

(1) densité de population la plus faible après celle de la Guyane et de la Lozère...
(2) sans oublier une solide formation pour compléter cela
(3) écrivaine (entre autres) creusoise bien connue dans le milieu
(4 je n'avais pas ressenti cela depuis le premier album de Tres

Rappel :
J.J. Le Creurer : voir ci-dessous à partir de son album solo de 2025
CD Le Creurer


Vincent Brusel : voir à partir du premier album de La Bricole

CD La Bricole




Jean-Jacques Le Creurer
"Accordéon diatonique - Musique traditionnelle et la Marche et du Limousin"

CD Le Creurer

Un musicien dont les enregistrements sont rares, mais dont certains ont marqué leur époque par leur originalité (Rue de la Mauvendière sur le répertoire urbain limougeaud de la fin du XIXème, Alamont sur le répertoire creusois)
Un personnage tout à fait sympathique comme j'avais pu le constater fin 1980, jeune étudiant ignare des traditions limousines mais chaleureusement accueilli au folk club de la ZUP de Limoges par Françoise Etay, Philippe Destrem, Jean-Jacques et quelques autres...
Dès les premières minutes de cet album solo, son style apparaît très personnel : un jeu très lié (croisé), proche parfois du chromatique mais non dénué de dynamique pour autant (n'oublions pas que Jean-Jacques est également un excellent danseur), puisant celle-ci non pas dans une cadence frontale mais plutôt dans une certaine souplesse, à l'image de nombre de bons danseurs de bourrées. Et sur des tempis naturellement bien contrôlés.
Le répertoire est traditionnel à l'exception d'une composition et d'une chanson (peu connue) de... Georges Moustaki, adaptée en occitan par Jan de Melhau. Les traditionnels sont connus pour certains mais Jean-Jacques en offre des versions (ou des relectures personnelles) des plus intéressantes, même sur des titres un peu éculés comme Les lézards... Et presque tout ceci se danse, en bourrées naturellement mais également en sautières et danses de couples. Mais cela s'écoute également les pieds au calme et il s'agit d'ailleurs d'un de ces disques qui sait se rappeler à vous lorsque vous l'avez mis sur la platine et que vous êtes parti à faire autre chose : il sait vous faire dresser l'oreille et quitter votre occupation pour aller consulter le livret (2) pour savoir ce qui se cache derrière cette curieuse plage "à la manière de l'harmonica", d'où sort cette mélodie inconnue ou cette version si originale d'un classique.
Si la pochette rappelle que la collection s'intitule "1 musicien, 1 instrument, 1 répertoire" et met en avant "Accordéon diatonique",  Jean-Jacques ne se prive pas de chanter sur 3 des 14 plages (1) et sa diction de l'occitan me semble avoir encore une pointe d'accent français, il sait donner du caractère à cette voix et même un caractère particulier pour chacune des ces trois plages de registres différents.
A l'heure où de nombreux jeunes diatonistes se font entendre, voici un album qui vient rappeler qu'au sein de la génération déjà présente dans les années 70, outre les noms les plus connus, figurent aussi des accordéonistes toujours présents et qui méritent d'être redécouverts. Un CD qui vient également rappeler que musicalement non plus, la Creuse n'est pas un désert....

(1) ce qu'il ne faisait ni sur Alamont ni dans Farem Tot Petar.
(2) inutile de rappeler que le livret détaille comme d'habitude les sources de chaque plage... et avec quelques photos des musiciens traditionnels collectés...

http://www.aepem.com

Rappels :
Rue de la Mauvendière (vinyl 33t)
Rue de la Mauvendière (33
                  tours)

Alamont (1994)
Alamont

Farem Tot Petar
CD Farem tot Petar





Guillaume Lopez - Clément Rousse
"Thouxazhun et Convits"

Cd Guillaume Lopez Clément Rousse


Voici donc Guillaume Lopez dans un  duo qui pourra sembler nouveau à certains mais qui date en réalité de plus de 7 ans déjà, duo avec Clément Rousse, un accordéoniste qui trace bien son chemin en ce moment et dont on a pu apprécier en détail le toucher l'an passé sur son album solo. Mais si l'ajout de "et Convits" au nom du duo "Thouxazhun"  pour donner son titre à l'album permettra aux occitanophones même débutants, de comprendre qu'il y figure des invités, l'identité de ceux-ci n'est dévoilée ni sur la couverture ni au dos (donc nulle part lorsque l'album est scellé) et ceux-ci ne sont pas moins de onze et non des moindres : je commencerai par citer Pierre Corbefin récemment disparu et que l'on entendra avec un gros pincement au coeur chanter ici, sur une plage. Mais également pour rester parmi les piliers du revival gascon, Alain Cadeillan à la boha, chant et autres... Je découvre ici  la chanteuse pyrénéenne Emilie Manescau, sur trois plages ce qui est une bonne chose, mais sur deux d'entre elles en renfort de la voix de Guillaume et cela donne l'envie de l'entendre en solo. Côté Massif central, Anne-Lise Foy au chant (en français mais aussi en occitan), Camille Stimbre au violon et Noé Bazoge au violoncelle (tous deux de Bargainatt, et ici également un court passage solite du violoncelle donne envie d'en entendre davantage dans ce registre...), Simon Portefaix à la batterie. Et puis encore le vieux complice de Guillaume : Thierry Roques, dont l'accordéon chromatique vient remplacer le diato sur une valse aux accents un peu musette, Sébastien Gisbert aux percussions, Jocelyn Papon au chant (une voix qui colle bien à celle de Guillaume) et sax baryton et enfin,  membre de Du Bartas comme le précédent : Abdel Bouzbiba pour de petites interventions chantées sur la première plage qui nous font bien voyager. Cela fait pas mal du monde et je me devais de les citer tous (comme le fait d'ailleurs le duo dans les paroles de la dernière valse). Il n'interviennent chacun que sur une à trois plages et le duo ne se retrouve finalement vraiment seul que sur deux titres, mais sur les autres un bel équilibre a été trouvé entre des parties où le duo se retrouve le duo et les moments durant lesquels il passe en vrai son de groupe.

Le répertoire est entièrement à danser mais mérite naturellement d'être écouté dans le détail les pieds au calme. Les basses de l'accordéon sonnent notamment fort bien (doit-on remercier le luthier, le preneur de son, le mixeur ou tous ensemble ?) et on se surprend à les suivre parfois en oubliant le reste...Est-il encore besoin de s'étendre sur la voix de Guillaume Lopez, dont le timbre semble vraiment taillé pour l'occitan mais qui sait tout à fait s'adapter (plus rarement) au français sans que cela paraisse fade en comparaison ? Une voix qui pourrait presque faire oublier l'instrumentiste qu'il est également mais dès la première plage, le son de sa flûte remet les pendules à l'heure.... Un seul titre est traditionnel (le rondeau chanté avec Pierre Corbefin qui l'avait collecté en 78) et un texte nous vient du poète occitan Pèire Godolin (1580-1649)  mis en musique plus récemment par Pèire Boissière (une de mes plages préférées). Tout le reste de l'album est signé de Guillaume pour les textes (qui semblent avoir été ciselés pour renforcer la dansabilité) et de l'un, l'autre ou les deux membres du duo pour les musiques (même remarque).

Le nom du duo pourra paraître hermétique à certains, sachez qu'il fait référence aux lieux d'habitation des deux compères, des villages qui doivent bien les inspirer puisqu'on en retrouve des référence dans deux des noms de morceaux.

Distribué par IRFAN Le Label
Contact scène  : lecamon suivi de @gmail.com
Rappels : Le duo, sous le nom "Thouxhazun" avait déjà produit un CD 6 titres en Août 2018 : "Canard-Isard" (c'est d'ailleurs un des deux titres de celui-ci repris dans le présent album).


Guillaume Lopez : voir à partir de Duo Brotto Lopez"HDQ"
HDQ

Clément Rousse : voir à partir de son album solo "Accordéon diatonique - Musique traditionnelle de Gascogne"

---- mis en ligne le 21 août 2025 -------

Vanessa Weinling
"Michèle Fromenteau et Maurice Bourg, un couple de collectionneurs en Berry"

M. Fromenteau et M. Bourg, un couple de
                  collectionneurs en Berry

Ce cahier A4 de 28 pages était présenté bien trop discrètement au Son Continu 2025 : il fallait prendre la peine d'entrer sous le stand du Musée George Sand à ses heures d'ouverture pour le découvrir. Et même l'exposition dont il constitue le "catalogue" et qui se tenait du 5 avril au 21 septembre 2025 dans les locaux provisoires du Musée George Sand ne faisait guère l'objet de publicité au sein de ce qui reste encore aujourd'hui pour beaucoup "Les Rencontres" ou "St-Chartier", héritage de cet irremplaçable événement annuel créé par Michèle Fromenteau en 1976.
Cette dernière était d'abord connue dans le petit monde des musiques tradionnelles comme organisatrice de cette manifestation, puis comme vielleuse folklorique puis baroque mais beaucoup moins comme collectionneuse. De même si son mari Maurice Bourg était un notable de La Châtre, malgré son soutien actif à son épouse dans toutes ses activités musicales et artistiques, il était bien moins connu dans notre milieu. Ce petit ouvrage présente donc le grand intérêt de faire presque entrer le lecteur dans l'intimité de ce couple et de s'attacher tout autant à ces donateurs très particuliers qu'aux collections diverses qu'ils ont entièrement léguées au Musée de La Châtre ainsi que le reste de leurs biens ce qui permet de garantir la mise en valeur de ces collections.
Des collections naturellement en rapport avec la musique traditionnelle : ensemble des 40 vielles à roue rassemblées par Michèle et Maurice et qui ont déjà fait l'objet de l'exposition "Les belles vielleuses" en 2014 dans le cadre des Rencontres mais également tableaux et porcelaines anciennes représentant des vielleuses (et parfois des joueurs de cornemuse également, certaines de ces oeuvres figuraient également dans l'expo 2014). Mais également des collections consacrées au Berry et plus particulièrement à La Vallée Noire et à George Sand : tableaux, dessins et autres objets d'art. Des collections qu'ils destinaient de longue date au Musée de La Châtre et qu'ils ont orientées en fonction de cette finalité.
Et le texte de ce "catalogue" qui n'en est pas réellement un, sait, par delà les objets proprement dit, nous faire partager la passion de ce couple pour ces sujets, passion dont témoigne entre autres les achats réalisés par Maurice après le décès de Michèle en 2019 pour poursuivre et améliorer encore ce travail  (notamment 3 vielles encore ajoutées) et ce jusqu'à quelques mois de sa propre disparition en 2022, où il fait encore l'acquisition d'un exceptionnel carnet de dessins quasi tous inédits, de George Sand.
En conclusion, si vous l'avez raté cet été, passez au musée l'an prochain, j'espère qu'il en restera des exemplaires, à moins qu'il ne soit sur le site...

NB : le Musée de La Châtre a, dans le cadre de la valorisation de ce leg, entrepris une collecte de photos et objets en rapport avec les Rencontres de Saint-Chartier. Une collecte qui rejoint naturellement le travail que je réalise sur le présent site et auquel j'apporterai naturellement ma collaboration.

Journal "de poche" du Musée George Sand de la Vallée Noire
N°8 printemps 2025

Rappel : catalogue de l'expo "Les belles vielleuses" Musée George Sand et de la Vallée Noire, 2014
Catalogue Les
                    belles vielleuses 2014

---- mis en ligne le 17 août 2025 -------

Quelques photos du festival de Saint-Laurent-Sur-Cher 1975 (merci à Bernard Jabiol qui m'a confié ses clichés pour les scanner)

Vers St-Laurent
                    1975

mis en ligne le 23 juillet 2025 -------
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Une petit perle que cette vidéo INA de 1977 présentant le jeune facteur de vielles à roue Jacques Grandchamp (sans le nommer ni dans le générique de début ni dans celui de fin...) : https://www.youtube.com/watch?v=mx0qaPlyQoE
et on ne se lasse pas de revoir celle sur les frères Desaunay à la même époque : https://youtu.be/5YdGcAROAJc?feature=shared (le troisième larron, non cité, doit être Hal Colomb avec qui ils créeront le groupe La Chiffonie)

< mis en ligne le 23 juillet 2025 -------

vers brol Couturanderie
Toute une époque dans ce tract pour "L'assemblée de la Couturanderie"  (Saint-Laurent-sur-Cher) 1974, et l'auteur du dessin de couverture à découvrir... (Merci à Philippe Gibaux)

mis en ligne le 07 juin 2025 -------

Ce sont deux pionniers qui viennent de nous quitter récemment :
Pierre Corbefin qui était en premier lieu un personnage très attachant, mais également un des pionniers du revival gascon, cofondateur notamment du Conservatoire Occitan. Je vous conseille de lire l'hommage de Franck Tenaille pour les détails de sa biographie. Je me contenterai de souligner à quel point sa lecture des collectages de danse puis la transmission de cette vision pertinente mais forcément en partie personnelle à, à ce qu'il me semble, influencé la pratique de tous les danseurs rondeaux, sauts béarnais et autre du mouvement revivaliste, qu'ils aient ou non eu la chance de suivre un de ses stages.

Pierre
                              Corbefin
Pierre Corbefin (en apéro lors des rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs du Château d'Ars 2013)

Un peu moins connu, Marc Guilloux fut, de son côté, un pionnier de la pratique du Uillean pipe en France et également attaché à la transmission, que ce soit par des stages qui ont permis l'émergence de certains pointures actuelles ou par la rédaction d'une méthode...

Marc Guilloux
Marc Guilloux à Saint-Chartier 2004
------ mis en ligne le 07 juin 2025 -------
Manäcken
"Manäcken"

Pochette du CD
                        Manäcken

Visiblement Manäcken n'est ni le nom du duo ni le titre de l'album mais celui du projet à l'origine des deux. Un projet qui ne se contente pas de juxtaposer des traditionnels wallons et des traditionnels suédois (pour les deux tiers environ) mais cherche également à retrouver des liens historiques entre les deux dont un très beau "Chant des wallons de Suède" qui figure en bonne place dans le programme de cet album. "Manäcken" est naturellement également un jeu de mot qui ne vous échappera pas (1).
Le duo est composé de Marielle Vancamp aux nickelharpas (2) et chant, une musicienne dont la biographie nous révèle qu'elle est également versée dans la pédagogie musicale notamment en direction des enseignants. Le second membre est Thibault Debehogne, guitariste et chanteur dont je vous ai déjà entretenu à propos des deux albums du Trio 14, Marielle intervenant d'ailleurs au chant sur le second de ces albums....
Tous deux sont proches du projet Melchior (base de collectages wallons) et ils étaient donc bien placés pour nous dénicher quelques traditionnels wallons peu connus (ou au moins des versions un peu originales). De même pour les airs suédois : s'il certains nous sont désormais familiers (notamment la première plage), d'autres le sont bien moins. Et pour être complet citons la présence d'une mazurka du Cantal.... et de deux belles compositions de Marielle
Quatre invités les rejoignent sur une plage ou deux chacun (jamais plus d'un à la fois) et on retrouve avec plaisir le délicat toucher de l'accordéoniste Elisabet Brouillard dont on connait les affinités pour le répertoire suédois, la clarinette d'Aurélie Giet bien connue en Belgique, qui vient renforcer la couleur wallone d'une plage qui ne l'est d'ailleurs qu'à demi et j'ai découvert  le violon de Femke Ceuppens jouant à brouiller les pistes avec le nickelharpa en échangeant les rôles avant de finir à l'unisson  et la voix aérienne de la finlandaise Sofia Michelsen.
Et tout cela donne quoi ? Et bien un album qui ne se prend pas la tête mais qui est vraiment agréable à écouter, qui permet de se rappeler pourquoi et à quel point on peut aimer les musiques traditionnelles lorsqu'elles sont bien jouées. Un album en duo mais bien varié tout de même, par la présence de deux répertoires naturellement (et qui, hormis dans les suites qui volontairement juxtaposent une mélodie suédoise et une wallone très proche, ne déteignent pas l'un sur l'autre ce qui est toujours le risque), par la présence des invités mais aussi par le fait que chacun des deux membres ne se cantonne pas à un seul rôle. La guitare (ou le bouzouki), alternent par exemple les parties mélodiques en "picking" (3) (ce que je préfère) et les accompagnements plus harmoniques. J'ai un faible pour les trois chansons wallones interprétées par le duo avec une apparente simplicité d'une efficacité remarquable : la voix au timbre naturel de Marielle mais juste, bien maîtrisée et sincère, la guitare discrète mais inventive de Thibault, les reprises du thème au nickelharpa. Chacun des deux s'offre également une plage solo, thème de l'album oblige, sur des näcken polskas, dommage que celle de Thibault soit si courte... Et l'album s'achève sur une valse suédoise toute en douceur....
Un album sans titre comme indiqué au début de cette chronique mais, vu les richesses rassemblées sur le projet Melchior et celles des répertoires scandinaves on lui espère tout de même des petits frères que ce soit sur un genre ou l'autre, voire les deux comme ici...

(1) Jean-Pierre Yvert ayant fait connaître chez nous  les traditions autour des Näcken dès1987 en choisissant ce nom comme nom de groupe et d'un album qui n'avait pas davantage d'autre nom que le présent...
(2) je mets un s car elle en utilise deux, le second à l'octave en dessous du premier.
(3) je ne suis pas certain que ce soit le terme rigoureusement exact mais je pense que vous me comprenez...

https://manacken.be


Rappels :
Thibault Debehogne : voir à partir de Trio14  "Rue de la Gare - Musiques à danser de Wallonie et d'ailleurs"

Rue de la Gare - Musiques
                              à danser de Wallonie et d'ailleurs


Marielle Vancamp : invitée sur le second album de Trio14  "En Aeroplan - Musiques traditionnelles de Wallonie"
En Aeroplan - Musiques
                          traditionnelles de Wallonie

Elisabet Brouillard : Duo Varsagod "Battements d'air"
Battements d'air

Aurélie Giet : a signé une partie du livret de l'album Trio14 déjà cité ci-dessus  "En Aeroplan - Musiques traditionnelles de Wallonie"
et figure en invité sur une plage du CD de Havelange"Cadences"
CD Havelange

mis en ligne le 6 juin 2025 -------

Vers médaille
                          Berry Bourges

Merci à Hugues Rivière qui m'a envoyé les photos de cette Médaille Berry-Bourges avec vielle et cornemuse qui fait maintenant l'objet de ma 101ème page de brols

mis en ligne le 13 mai 2025 -------

A été récemment inauguré le premier musée dédié à la cornemuse dans le nord de l'Italie, le petit Museo della Musa de Daniele Bicego (musicien, facteur de cornemuse et chercheur). Ce musée présente une exposition permanente de plus de 70 cornemuses différentes de diverses régions d'Europe et d'ailleurs, ainsi que d'autres instruments folklorique.

Voici l'adresse du site, avec des textes en italien et en anglais,  mis en ligne ce jour : https://www.museodellamusa.it


mis en ligne le 31 mars 2025 -------
Une traduction de ce très intéressant journal de guerre du "piper du D-Day" avait déjà été éditée il y a un certain temps mais elle était controversée. Celle-ci est réputée plus fiable et devrait donc désormais faire référence....
Souscription Bill Millin
 
------ mis en ligne le 22 février 2025 -------

Saint-Chartier
 
60 photos de l'édition 1987 (de moi-même)
(+ nombreux programmes, listes des luthiers, résultats de concours des années 70-90 et autres documents...)
61 Photos de Jean-Claude Compagnon (années 82, 84, 85 ,86, 92 (+ 4 de moi-même sur la même page) et deux photos isolées en 91 et  93 )

et naturellement, je suis toujours à la recherche de scans de photos (même si vous n'en avez que deux ou trois : les petits ruisseaux font les grandes rivières) et documents complémentaires (listes de luthiers 76, 79 et 85, réglements de concours, diplômes de participation de luthier ou de concours...




Duo
                                                          Ambroisine
Socourt 97 : Thierry Legros et André Deru
Il était moins connu que Gabriel Yacoub et son décès a donc suscité moins de communications mais vous pouvez lire la belle page d'hommages au wallon André Deru, joueur d'épinette (entre autre activités), sur le site du Canard folk : https://www.canardfolk.be/hommage-a-andre-deru/

Une bonne occasion pour ceux qui ne la connaissent pas encore, de découvrir cette revue belge désormais gratuitement en ligne après avoir résisté longtemps (jusqu'à l'année passée) pour conserver sa version papier.


------ mis en ligne le 10 février 2025 -------

Image tirée
                                                      du site Les
                                                      Reveillées

Une mine de documents souvent inédits car issus des fameuses collectes et collections du musées des ATP(aujourd'hui MUCEM) longtemps inaccessibles (jusqu'à l'arrivée de Marie-Barbara Le Gonidec dont le passage au sein de cette institution permis de faire enfin sauter des verrous...) :

https://les-reveillees.ehess.fr/

On doit d'ailleurs ce site à l'EHESS - École des hautes études en sciences sociales et plus particulièrement à Marie-Barbara Le Gonidec (Ministère de la Culture, mise à disposition du CNRS, membre du laboratoire Héritages ) et François Gasnault


------ mis en ligne le 28 janvier 2025 -------
Eric Montbel
"Chabretas #2"

CD Eric Montbel

IIl y a 30 ans déjà Eric Montbel sortait un album "Chabretas, les cornemuses à miroir du Limousin" dédié, comme l'indiquait son nom à ses cornemuses de prédilection : les cornemuses dites à miroir, petites ou grandes et que l'on rattache principalement à la région limousine. Un album qui a suffisamment bien marché pour qu'il l'ait réédité en 2008, mais on appréciera plus encore qu'il ait maintenant pris le temps de lui offrir un petit frère dont le dièse placé avant le numéro nous laisse espérer qu'il soit qualitativement un demi-ton au dessus (1)
Eric nous explique dans le livret qu'il a, cette fois-ci, souhaité élargir le répertoire utilisé à d'autres régions du Massif Central sur lesquelles l'usage de ces cornemuse n'est pas totalement attesté comme en Haute-Vienne mais sur lesquels des indices de présence existent parfois et dont le répertoire ou certains éléments de celui-ci sont parfaitement adaptés à l'instrument. Un répertoire essentiellement traditionnel mais original car Eric est allé fouiller dans les recueils anciens ainsi que dans ses collectages encore non exploités (
tirant vers le musette) ou ceux de Françoise Etay. S'y ajoutent quelques compositions d'Eric et de Jean-Marc Delaunay auquel cet album semble beaucoup devoir.
Inutile de préciser que bourrées et autres montagnardes ont la part belle dans ces enregistrements qui, même assis, ne devraient pas vous laisser les pieds au repos tant les cadences (et les battements de pieds) sont prenantes...
Eric s'est entouré pour cet album de plusieurs musiciens dont son complice de longue date Guy Bertrand aux vents et au chant et quatre autres musiciens dont les noms ne sont pas vraiment connus dans le milieu trad. mais qui sont parfaitement à leur place ici  (2). Ce CD est pourtant bien, comme l'indique la présentation, d'un disque de soliste mettant les chabrettes en avant et non l'album d'un groupe comme Eric a pu nous en offrir un certain nombre depuis Le Grand Rouge ou Lo Jaï. Les ambiances varient d'ailleurs d'une plage à l'autre entre bourrées chabrette-violon bien traditionnelles et atmosphère davantage musique ancienne lorsque luth ou autres instruments à cordes pincées prennent le relais.
Et puis il y a Elsa Montbel au chant soliste sur deux plages, la seule devant laquelle les chabrettes de son père s'effacent pour laisser la voie à la voix. Une voix qui s'est ,naturellement, bien affirmée depuis la toute jeune intervention sur "Le jardin de l'ange".
On retrouve toujours avec plaisir la sonorité toute particulière d'Eric (3), appuyée par ce type de prise de son avec légère réverbération qu'il affectionne toujours (moins marquée ici que sur certains enregistrements antérieurs). On retrouve également son style de jeu bien particulier, ornementé et, naturellement, varié d'une reprise à l'autre, n'hésitant pas de temps à autre à recourir de manière parfois appuyée aux fameux effets  de pavillon sur le genou. On pourra mégoter sur des tempos parfois un peu rapides notamment la valse de l'avant-dernière plage ou sur des fondus un peu artificiels entre voix et chabrette mais ce serait faire la fine bouche (oreille ?)...
Rendez-vous dans 30 ans pour l'opus 3 ?
 
https://www.ericmontbel.com (vous trouverez de plus sur ce site un bonus de 5 plages non publiées sur le CD et téléchargeables, des infos complémentaires sur les sources et sur les musiciens,  des partitions....)

(1) Oui, je sais, ce symbole n'est pas réellement un dièse mais le croisillon utilisé aujourd'hui principalement pour les hashtag....
(2) les autres  sont Christian Fromentin au violons et cordes pincées, le luthiste Pascal Gallon, le percussionniste Hugo Audier, et Karin Casier à l'harmonium...
(3) un "son" bien particulier lié notamment à la gestuelle de ses doigts, à la gestion de la pression de la poche etc... et qui signe ses interprétations tant à la chabrette qu'à la musette du Centre. Il a d'ailleurs transmis ce son particulier à certains de ses élèves.


Rappels : Eric Montbel : voir à partir de  la chronique de
Topanga !
 Topanga

Cette discographie précise également les albums d'Eric sur lesquels intervient Guy Bertrand.

Précisons toutefois que Christian Fromentin et Hugo Audier étaient déjà présents sur le projet "Le Grand baleti" mais n'apparaissent pas sur le CD




Mathilde Miclo & Chistophe Toussaint
"Epinettes - Violon - Chant" (1)

CD Toussaint Miclo

C'est toujours un plaisir de découvrir un nouvel album de Christophe Toussaint, facteur et joueur d'épinettes des Vosges dont le caractère imprévisible et modeste aurait tendance à faire oublier la qualité de ses réalisations.
Et celui-ci marque une rupture à plusieurs titres : d'une part parce qu'il l'a enregistré non plus en solo mais en duo avec la violoniste et chanteuse Mathilde Miclo et d'autre part parce qu'il y laisse la part belle aux musiques anciennes (branle d'Ecosse) mais, surtout, baroques (oeuvres de Chédeville, Boismortier...) et que nos deux musiciens assument parfaitement ce répertoire qui s'il a ouvert la porte aux vielles à roue, musettes et tambourins de Provence, n'a, à ma connaissance, jamais été écrit pour épinettes sans claviers. Et pourtant cela sonne fort bien sur cette cithare populaire et d'autant mieux que Mathilde Miclo apporte une certaine légitimité au travers de son jeu de violon et sa voix chantée. Si on décèle parfois (rarement) de petites raideurs qui la différencient encore des plus grands archets baroques qui ont pu enregistrer ces répertoires, elle assume tout à fait bien ce répertoire et, à la différence de ces violonistes plus connus, elle est tout aussi à l'aise avec les traditionnels de Moselle Germanophone (trois plages tirées des recueils de Louis Pinck) ou de celui d'Autriche qui clôt l'album. Pour être complet, citons une "chanson populaire du Vivarais"... de Vincent d'Indy en réduction pour épinette d'après l'accompagnement de piano... Comme quoi il y a des musiciens qui n'ont pas peur de trouver des sources originales. Et qui devinerait, à l'écoute de cette plage, le cheminement complexe qui l'a conduite jusqu'à nous ?
La diffusion des albums de Christophe reste relativement confidentielle est là réside le seul bémol que je reprocherai à cet album : si la pochette est très pro (même si sans livret), la gravure du CD ne l'est pas et mon exemplaire ne passe pas sur tous les lecteurs ce qui m'était déjà arrivé pour un de ses albums précédents...

Contact via http://epinette.free.fr

(1) Je ne pense pas qu'"Epinette - violon - chant" soit réellement le titre de cet album mais comme il n'y en a pas d'autre....


Rappels : voir à partir de Christophe Toussaint " Marijke"

Marijke de
                          Christophe Toussaint



Claude Girard

"Du vent au bois - Histoire d'atelier"

Claude Girard Livre Du vent au
                    bois

Si vous feuilletez cet ouvrage vous pourrez avoir l'impression qu'il n'est pas très dense : 100 pages occupées à plus de la moitié par des photos d'instruments anciens et reproduction d'illustrations anciennes et pour le reste quelques tableaux et schémas et un texte assez aéré.
Et pourtant, Claude Girard, facteur de cornemuses à miroirs, (dites "chabrettes" même s'il n'emploie jamais ce terme) et autres instruments à vent a voulu y mettre les résultats essentiels de ses nombreuses années de pratique et de recherche (1). Rappelons qu'il est à la retraite depuis un certain temps désormais mais toujours fidèle à son atelier où il continue à reproduire des instruments anciens pour mieux les comprendre lorsqu'ils ne se replonge pas dans l'Harmonie Universelle de Marin Mersenne dont il connaît pourtant bien des pages par cœur ou presque...
Si le texte n'est donc pas foisonnant, il est manifeste que chaque phrase a été pesée et réduite à l'essentiel et là se situe la véritable densité.
Claude n'a jamais eu la réputation d'un grand pédagogue et il ne cherche pas vraiment à l'être (2), estimant plutôt que toute connaissance se mérite et que l'élève doit faire une partie du chemin et ne pas recevoir les informations déjà digérées.
C'est donc un livre qu'il faut lire phrase par phrase en cherchant, pour chacune, à comprendre tenants et aboutissants, en acceptant de se plonger dans un système musical qui n'est plus le nôtre et qui n'a souvent plus rien de familier et également de reconsidérer des éléments de jeu qui semblent aller de soi actuellement. Et il en va de même pour la lecture des tableaux et schémas... Dans certains cas cela est assez aisé, dans d'autres cas cela pose de nombreuses questions : "Qu'a-t-il voulu dire dans cette phrase sibylline" ? "Pourquoi ces deux cas sont-ils à ce point distincts" ? Et cela vous incitera probablement à prolonger la réflexion voir à aller vérifier certains points (3) et je vous conseille également de laisser reposer certains propos et d'y revenir par la suite pour les reconsidérer avec un peu de recul (à froid) permettant une meilleure compréhension..
Il est naturellement principalement question ici des instruments de la famille des cornemuses à miroirs et hautbois de Poitou mais la réflexion est beaucoup plus large et englobe bien d'autres hautbois, qu'ils soient d'une pièce ou à pavillons rapportés, voire certaines flûtes.
L'ouvrage est illustré de photos d'instruments qui sont les copies d'anciens réalisées par Claude (3) et de documents iconographiques dont les sympathiques œuvres récentes de Jasques Stinghetta dont le portrait de l'auteur en couverture...
Il est un peu dommage que cet ouvrage dans lequel Claude a voulu synthétiser ses connaissances soit encore émaillé des quelques coquilles signalées dans un errata (et corrigées à la main dans l'ouvrage lui-même) et qu'il en reste encore une ou deux mais elles permettront de vérifier si vous êtes attentifs....
Voici donc un ouvrage exigeant, à lire crayon en main, dont le but n'est manifestement pas d'avoir de nombreux lecteurs, mais de pouvoir transmettre aux quelques facteurs et musiciens curieux, voire aux historiens qui accepteront de se plonger dans cet univers et ce mode de pensée particuliers.

girardhautbois suivi de @gmail.com

(1) Un projet dont je suis bien placé pour savoir qu'il l'a à coeur depuis bien longtemps puisque début 1990 (35 ans déjà...) j'avais tapé les principaux tableaux de cet ouvrage, avec tous leurs caractères spéciaux qui m'avaient donné du fil à retordre, afin de les annexer à une interview de Claude pour Trad. Magazine qui n'a finalement jamais été publiée car jugée trop pointue pour cette revue (une première interview était toutefois déjà parue dans le numéro 36). Le présent ouvrage développe davantage les explications mais demande toujours un réel effort de concentration et de compréhension.
(2) il l'est paradoxalement plus sur des aspects basiques que sur les questions plus pointues : on passe donc souvent rapidement de "Ça je le sais bien" à "Là je ne saisis plus").
(3) page 19 par exemple, les phrases "
324 a été pris comme référence de base du système décimal (...) En conclusion, le millimètre est généré par la 324ème partie du pied du Roi" qui vont à l'encontre de tout ce que l'on sait sur la création du système décimal m'a conduit à aller revérifier dans les documents d'époque (disponibles sur le net ; notamment le compte-rendu de la séance du 8 mai 1790 (et non 9 mai) de l'Assemblée nationale https://www.persee.fr/doc/arcpa_0000-0000_1883_num_15_1_6816_t1_0443_0000_4) que le système décimal a été, au contraire, établi en indépendance totale avec les autres mesures, les révolutionnaires étant attachés d'une part à ce que l'étalon soit une constante physique universelle (la longueur du pendule battant la seconde puis le millionième du quart du méridien terrestre) et dans un souci de diffusion internationale, qu'elle ne soit rattachée à aucune unité antérieure d'un pays donné. Idem pour la dernière phrase de la page 57 qui traite du même sujet... Mais Claude n'est pas à cours d'arguments si vous abordez le sujet avec lui... Signalons par ailleurs que L'Harmonie universelle est disponible en ligne (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5471093v.texteImage), si vous n'avez pas la réédition papier sous la main, car vous aurez forcément envie de vous y référer...
(4) il est indiqué que seules les photos de la chabrette Faurilloux font exception en présentant l'instrument d'origine, le boîtier de la page 8 me semble également être un original...



------ mis en ligne le 2 janvier 2025 -------

Nouveauté notable sur la page des bd avec cornemuses :
Mayeul Vigouroux  "Estèbe et la harpie"- Quintal editions - ISBN 978-2-490-64928-0   https://quintalatelier.com/products/estebe-et-la-harpie . L'un des personnages est un bohaire et comme l'auteur-dessinateur n'est autre que le fils de l'actif bohaire et graphiste de même patronyme, l'instrument est fidèlement représenté....

BD Estèbe et la harpie


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La partie fixe de cette page d'infos
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Voir le sommaire de toutes les chroniques déjà parues
Voir également les pages sur les parutions de CDs et Livres signalées depuis la fin de l'envoi hebdomadaire de ces infosmumuses et non reprises en annexe aux chroniques déjà parues (il ne s'agit plus de véritables chroniques)

 

Mes deux sites :

1) http://musette.free.fr : diverses choses sur la cornemuse, les photos de festivals, le groupe Avalanche... et la présente page...

2) http://jeanluc.matte.free.fr : iconographie de la cornemuse d'une part, instruments à vents divers d'autre part. Une mise à jour est imminente... (dès que je trouve le temps...)

Pour le reste voir ma page de liens http://musette.free.fr/nosliens.htm

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Rappels :

- Trad. Magazine a cessé de paraître mi 2017 mais vous pouvez consulter Des mondes de musique 5 Planetes : https://www.5planetes.com

- Paroles d'Anches (diato) n'existe plus mais tous ses anciens numéros sont disponibles sur http://www.crdb.org

- Pastel (Conservatoire Occitan) : n'existe désormais plus en version papier ni informatique

- Le Carnet du Ménétrier (UGMM : Morvan) http://www.mpo-bourgogne.org : de plus en plus rare malheureusement (on regrette, sur ce point, l'époque de Gérard Chaventon....)

- Boha ! (le bulletin de l'association de joueurs de la cornemuse des Landes de Gascogne) résiste toujours....

- Musique Bretonne (Dastum, bimensuel) http://www.dastum.net également

- Ar Soner, la revue des bagadous a recommencé à paraître fin 2013 et parait assez irrégulièrement depuis...

- Accordéons et accordéonistes a cessé de paraître en même temps que Trad. Magazine

- Utriculus (Italie, théoriquement trimestriel) existe toujours

- Annuario da gaita (Galice, annuel) http://www.realbanda.com également

- Le journal de l'Association des Gaiteiros Aragonais : là je ne sais pas...

- Folker (Allemagne) http://www.folker.de

- En Belgique Le Canard Folk est toujours édité http://www.canardfolk.be

- En Grande Bretagne Chanter, le journal de la Bagpipe Society également : https://www.bagpipesociety.org.uk/chanter-magazine/about/

Voir également : ArMen (disponible en kiosque dans certaines régions seulement...), les diverses revues régionales, etc...

 

Si vous avez d'autres infos, faites le moi savoir, je transmettrai à tous.
Voir également sur ma page de liens : http://musette.free.fr/nosliens.htm
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Ces infos n'ont pas été archivées mais les chroniques sont ici et les citations de la semaine font l'objet d'une page par année en commençant par 2001 avec une page spéciale pour les citations envoyées à l'occasion du 300ème abonné, page qui a fait des petites depuis
 
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