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Jean-Luc Matte

Les chroniques livres écrites pour Trad. Magazine
(1/2 : années 1991/1993)

De 1991 à 2009, j'ai rédigé diverses chroniques dans le revue Trad. Magazine que cette revue m'a autorisé à vous mettre en ligne. Les date de parution sont citées, mais ces textes ont été écrits au minimum deux mois auparavant et parfois jusqu'à plus d'un an...

Tout ceci était indépendant des chroniques que j'ai rédigé pour mes infosmumuses, mais pour cette mise en ligne, je ne me prive pas de mettre des renvois des unes vers les autres .... 

Pour savoir comment a débuté et fini cette aventure, lire "Chronique Story"


Säckpipan in Norden " La cornemuse dans les pays nordiques - de la musique des anges aux soufflets des démons "
Per-Ulf Allmo

Voir couverture sur la photo générale ci-dessus
(en haut au centre)

Malgré l'utilisation d'un dictionnaire Suédois-Français, il me semble plus prudent de faire la critique de cet ouvrage avant de l'avoir lu, car sinon, il serait sans doute épuisé avant que je vous en ai parlé… Je me suis donc contenté, pour l'instant, de regarder les images et, croyez-moi, il y a déjà beaucoup à faire de ce seul point de vue. Si le Säckpipa est une toute petite cornemuse, on ne peut plus simple, Per-Ulf All l'a gratifiée d'un ouvrage monumental et superbe : 602 pages et 306 illustrations dont un certain nombre en couleurs (151 documents d'iconographie ancienne et 26 photos d'anciens musiciens qui, à eux seuls méritent l'achat de cet ouvrage ; quasiment tous les documents sont inédits.)

S'il a rédigé la plus grande partie de ce livre, Per-Ulf Allmo s'est assuré la collaboration de quelques spécialistes pour élargir son sujet et, outre le Säckpipa suédois, l'ouvrage traite des zampognaris italiens ambulants en Scandinavie (mais oui, ils montèrent nombreux jusque là-haut comme en témoignent quelquesq très beaux documents photographiques !), des cornemuses des pays baltes (Bo Nyberg), de la pratique du bagpipe écossais en Scandinavie (Ulf Schönberg), de la cornemuse et l'enfant (Sabina Thiger), de la cornemuse au Danemark (Ole Munch-Pedersen) et ne Norvège (John E. Berg) etc…

Pour le reste, Per Ulf donne une vision quasi exhaustive de l'instrment : description, historique, symbolique, sociale, liste (et photos) des instruments conservés (ainsi que la liste des cornemuses étrangères conservées dans les musées des pays Scandinaves, citations littéraires (70 pages !), bibliographie, discographie et tout ce que je n'ai pas encore pu traduire….

Harald Petersson s'est chargé de décrire l'accord et les techniques de jeu. Un certain nombre de partitions illustrent ce chapitre.

Bref, il s'agit , à ma connaissance, de l'ouvrage le plus riche et le plus complet actuellement édité et consacré à une cornemuse. On se plait à rêver à de tels ouvrages sur d'autres types de cornemuses…

J.L. Matte ( Paru dans le n°14. Janvier-Février 1991)


"Musée de la gaita"
Alfonso Garcia Oliva

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(à droite)

Je vous ai déjà fait le coup il y a quelques temps avec un bouquin suédois, je récidive aujourd'hui avec quatre ouvrages espagnols : je vous en parle mais j'avoue ne pas avoir pu les lire en détail : bien que les langues hispaniques nous soient plus familières que le suédois, mes capacités linguistiques et mon temps libre ne m'ont pas permis que de lire ces ouvrages en diagonale , ce qui est certainement très dommage.

Commençons par le catalogue du musée de la Gaïta à Gijon, beau petit ouvrage de 173 pages illustré de nombreuses photos couleur des instruments du musée. Je ne vous présenterai pas le musée, l'interview d'Alfonso dans ce numéro ayant déjà rempli cette tâche. Le parti-pris de ce catalogue semble avoir été de se limiter à la description strictement organologique des instruments du musée. Après avoir rappelé la définition de la famille des cornemuses et détaillé les différents élements constitutifs de ces instruments, Alfonso décrit en détail chaque instrument en deux ou trois pages. Une fiche signalétique indique l'origine, l'époque et le nom du facteur, la tonalité et les dimensions générales de l'exemplaire considéré . Seul le dernier paragraphe de chacune de ces descriptions replace très brièvement l'instrument dans son contexte. Un glossaire complète le tout. Signalons qu'Alfonso a tenté de réaliser un système de classification arborescent des différents types de cornemuses, système qu'il utilise pour ordonner son catalogue. Bien entendu, l'envergure de l'ouvrage est limité par la composition même de la collection de ce musée ; il n'est pas possible, dans un tel catalogue de décrire des types d'instruments non présents dans les vitrines. De plus, l'intérêt des exemplaires présentés est très variable : instruments récents ou contemporains voisinent avec quelques belles antiquités, certains ont été fabriqués par de bons facteurs, d'autres en semblent pas avoir eu cette chance. Il n'empêche que la bibliographie de la cornemuse vient de s'enrichir d'un incontournable de plus, réalisé avec un sérieux indéniable. Pour parodier le sommaire d'une revue bien connue, j'ajouterai " à lire en écoutant le CD du " Printemps des cornemuses ".

J.L. Matte (Paru dans le n°31. Nov-decembre 1993)


 

" Os segredos de gaita "
Xose Lois Foxo 4ème édition

&

"La gaita asturienne, Metodo para su aprentizaje"
Collectif, Principado de Asturias collection Dayres N°5

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Musicien autodidacte comme beaucoup d'entre nous, j'ai toujours été attiré par les méthodes instrumentales : se dire qu'en suivant patiemment les leçon d'un bouquin de la première à la dernière page, pourrait permettre de maîtriser l'usage d'un instrument est une réelle satisfaction pour l'esprit. La pratique est toute autre et j'aimerai bien savoir s'il en est qui ont réussi à s'astreindre à cette pratique régulière et progressive. De plus, bien des méthodes n'en ont que le nom limitent leur contenu à deux pages de rappel de solfège, un croquis sur la tenue de l'instrument, un tablature (1) (pas toujours) et vogue la galère : trente pages de partitions écrites bien gros. Pas de cela ici ! Les deux ouvrages en question, l'un consacré à la gaïta asturienne, l'autre à sa voisine de Galice, nous offrent des sommaires bien plus intéressant (la mauvaise langue qui vient de dire que je n'ai pris la peine de lire que les sommaires me fera la traduction de ces deux méthodes pour la semaine prochaine…) La méthode asturienne par exemple, présente successivement : un bref historique avec quelques exemples iconographiques locaux, la distribution géographique de l'instrument en Europe, les différents styles de jeu rencontrés aux Asturies, les foramtions instrumentales (gaïta-chant, gaïta tambour,…) La bigraphie des douze plus célèbres sonneurs, la description détaillée de l'instrument, les conventions d'écriture spécifiques à la gaïtat, la tablature puis le détail du doigté de chaque note (vibrés, détachés, trilles,…), la position de jeu, la méthode pour s'accorder. Le tout prend déjà plus de cent pages et permet à tout gaïtero d'avoir sous la main le minimum de connaissances indispensable à un musicien digne de ce nom vis-à-vis de son instrument. Vient ensuite le répertoire proprement dit, progressif bien entendu. Dans la première partie, chaque air est accompagné d'un court texte décrivant les difficultés techniques et parfois un petit commentaire sur l'origine ou l'usage du mroceau. Et pour finir le tout, une proposition de corpus d'étude, le glossaire, fromage et dessert… ou plutôt beaux croquis et photos couleurs. Quel dommage que quelques erreurs viennent entâcher quelques chapitres du début : bon nombre de cornemuses (et non des moindres, foi de chabretaïre !) ont, par exemple, été oubliées dans le tour d'horizon des principales cornemuses d'Europe (je dis bien d'Europe, parce que les autres pays ont aussi été oubliés…) Espérons que ces petites erreurs seront corrigées dans les prochaines rééditions. Le menu est très proche côté galicien et Xosé Loïs Foxo (directeur de l'Ecole de Gaïta d'Ourense qui ne compte pas moins de 4000 élèves…) a profité de quatre éditions successives pour affiner le contenu de sa méthode ; cette dernière édition est, par exemple agrémentée, à l'instar de sa consoeur asturienne, d'une série de biographie des des principaux facteurs et sonneurs galiciens. Rassurez-vous, je ne vous referai pas le détail du sommaire mais celui-ci est du même tonneau, sans être identique : on y trouve par exemple une description de chaque type de danse ou de morceau (marches processionnelles etc.). Pour la petite histoire, on y trouve aussi une page sur les ornements de cornemuses écossaise non pratiqués traditionnellement sur la gaïta : ceux qui ont pu entendre l'ensemble de gaiteros de l'école d'Ourense comprendront… La partie répertoire est ici plus étendue et le " pavé " fait près de 400 pages. Je vous avais prévenus : on est loin des méthodes opuscules (pour un prix équivalent sinon inférieur d'ailleurs.) A lire en écoutant le CD " Hevia " avec José Hevia Velasco à la gaïta asturienne et Maria José Hévia Velasco au diatonoique et autres instruments (Nuba Records 3003-2) et le 33 tours du groupe galaicien Rapararigos " Tempero entre amigos " (1991)

J.L. Matte (Paru dans le n°31. Nov-decembre 1993)

(1) le terme exact serait plutôt " tableau de doigté ", une tablature étant plutôt une partition accompagnée d'une (ou réduite à une) indication des doigtés.


" Instrumentos musicales en la tradicion asturiana "
Eugenio M. Zamora

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(en haut à gauche)

Ce gros livre décrit successivement une trentaine d'instruments traditionnels asturiens : flûtes, gaïta, vielle à roue, accordéon diatonique, clarinette, violon bien entendu, mais aussi des percussions diverses (à peau ou idiophones) et instruments de musique verte : trompe d'écorce, chalumeaux etc… La mise en page très aérée laisse une bonne place aux photos couleurs, documents anciens et à quelques partitions. Quant au texte, s'il peut apparaître sommire pour les instgruments phares sur lesquels il y aurait toujours beaucoup à dire, il aborde successivement pour chaque instrument : description, dénomination, diffusion et utilisation et parfois aussi princiapux facteurs (ou méthode de construction pour les instruments les plus simples), sonorité, mode d'éxecution et instrumentstes. A lire en écoutant couler le cidre, rouler la mer et tomber la pluie… La plupart des livres et disques cités peuvent être trouvés à St-Chartier (en cherchant un peu…) ou au musée de la gaïta de Gijon.

J.L. Matte (Paru dans le n°31. Nov-decembre 1993)


" 6 juin 1944, La cornemuse du D.Day "
Piper Bill Milinn,

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(à droite)

Voilà ce que c'est, je galère durant tout le mois de juin pour réussir à mettre la main sur ce bouquin, et arrivé à St-Chartier j'en trouve des piles, et l'auteur en plus !... Bref, si beaucoup d'entre vous ont pu voir et entendre ce personnage aujourd'hui légendaire (dixit les journaux) à St-Chartier ou en Normandie cette année, vous avez sans doute été moins nombreux à lire son bouquin estimant peut-être que les articles écrits sur lui en disaient assez, ou bien encore par crainte de se taper 150 pages de récits héroïco-celtico-militarico-légendaires. Et c'est sans doute un tort car, loin d'enfoncer le clou de la légende comme le laisserait craindre le résumé de l'éditeur en dernière de couverture, Bill Milinn raconte avec une belle honnêteté (du moins ose-t-on le croire...) l'épisode de sa vie qui l'a rendu célèbre, et ce depuis son camp d'entrainement en Ecosse jusqu'à son retour. On y découvre un militaire qui agit plus par discipline et désir d'accomplir la tâche qui lui a été confiée que par héroïsme gratuit, un sonneur de cornemuse qui ne pourra guère souffler dans son instrument que le jour du débarquement proprement dit et qui ensuite s'évertuera surtout à préserver sa vie. Hormis les titres des airs joués, il fournit peu de détails relatifs à son instrument, sa formation, son jeu etc. et finalement le cornemuseux lecteur se retrouve à lire une chronique de la bataille de Normandie. Mais quitte à ne lire qu'un bouquin sur le sujet autant lire celui-là : outre le fait qu'il émane d'un enfleur de panse, il relate les faits tels qu'ils ont pu être vécus au jour le jour par un simple soldat allié, ce qui est humainement plus intéressant que tous les ouvrages didactiques, stratégiques ou commémoratifs parus cette année.

Ed. Heimdal 1994, 220 p, ISBN 2 84048-031-X

J.L. Matte (paru dans le n°37 nov-dec1994)


" Musique classique des highlands, perspectives culturelles "
Louis-Maire Mondeguer

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(en bleu)

Le Highland Bagpipe (tiens, à propos, je suppose que M. Toubon nous interdit maintenant de parler de cimpoï, dudy, zampogna, uillean-pipe, gaita etc.), la cornemuse écossaise donc, (mais non M. le Ministre, " Highland Bagpipe " ne doit pas être traduit en " musette des Hotteterre " !...), bref, la grande cornemuse écossaise n'est pas vraiment mon domaine de prédilection mais puisque personne n' a encore chroniqué ce bouquin je vais m'y coller car il le mérite, étant le premier écrit en français sur le Piobairechd (d'accord M. le Ministre, il existe le mot français (sic!) " Pibroch " pour traduire : " Piobairechd " mais le sens qu'en donnent les dictionnaires est erroné une fois sur deux et même Victor Hugo s'y est laissé prendre comme nous le rappelle L.M. Mondeguer dans le livre que je serai en train de chroniquer si vous ne m'interrompiez pas tout le temps...).

Où en étais-je ? Ah oui : L.M. Mondeguer, fou de cette " musique classique pour cornemuse écossaise " (là c'est exprimé en vrai français mais personnellement je ne trouve pas cette periphrase très représentative de la musique en question, le sens du terme " classique " étant pour le moins ambigü.) L.M. Mondeguer, disais-je, a rédigé un mémoire de DEA, principalement sur les aspects historiques et sociaux de cette forme musicale, ce qui vous aidera peut-être à supporter le prochain concert de Pibroch auquel vous assisterez, L.M. Mondeguer s'étant également fixé comme mission d'organiser de tels concerts en Bretagne et à Paris. Peut-être finirez vous même par vous laisser porter par les leumluaths et autres taorluaths (intraduisible...).

L.M. Mondeguer ne nous fait pas le coup du Piobairechd " venu de la nuit des temps " : il nous conte les origines et, surtout, l'importante transformation subie à l'époque romantique (mise par écrit et codification drastique) mais n'est-ce pas pour nous entrainer dans un autre mythe : celui du " ça devait être encore mieux avant "?..

L'ouvrage n'aborde guère l'analyse musicologique proprement dite du Pibroch, mais il y au moins un ou deux sonneurs bretons bien connus qui pourront peut-être nous sortir cela un jour...

Dans un mémoire universitaire, les citations étrangères ne doivent, paraît-il, pas être traduites; c'est peut-être vrai pour la soutenance de celui-ci, mais pour une édition ultérieure comme c'est le cas ici, la traduction des nombreuses citations anglaises aurait facilité la lecture, d'autant que l'ouvrage est, rappelons le, le premier rédigé en français sur ce sujet, les anglicistes en ayant quelques autres à leur disposition (Ben tu vois, M. le Ministre que des fois on peut être d'accord...).

1992, 113p et 80p. d'annexes. édité par l'Association pour la Promotion du Piobairechd en Bretagne, siège social : Ti Soaz, Magoarem 29270 Kergloff tel :98-93-48-95

J.L. Matte (paru dans le n°37 nov-dec1994)


"Coblars et Joglars en Catalogne du Nord "
André Cortada

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(en bas à gauche)

La parution, l'an passé de trois CD de cobles catalanes chez SILEX a quelque peu fait sortir de l'ombre ce genre musical. Il est d'ailleurs amusant de constater que, bien que ces CD ne soient pas les premiers enregistrements disponibles en France dans ce registre, les différentes chroniques et critiques parues ici ou là en sont restées au chapitre " découvrons la sardane et les cobles " et aucune à ma connaissance n'a détaillé le contenu respectif de ces trois galettes pourtant très différentes. Il y a donc, pour le commun des mortels, beaucoup à apprendre sur ce genre musical et l'ouvrage de A. Cortada constitue un excellent guide. Partant de la cobla primitive qui, au XVIIIème siècle et jusqu'à la première moitié du XIXème se composait généralement d'une cornemuse, d'une flûte à trois trous - tambourin et de deux hautbois, A. Cortada décrit étape par étape l'évolution de la cobla nord-catalane jusqu'à nos jours. Chaque changement dans l'instrumentation, le répertoire ou les occasions de jeu est daté et analysé à la lumière des témoignages d'époques (les pour et les contre...) mais A. Cortada n'est pas vraiment un nostalgique et il semble apprécier autant chaque type de formation. Etrange formation d'ailleurs que cette cobla, hybride de musiciens traditionnels, d'orchestre de bal et de fanfare, jouant des hautbois en après-midi et des cordes en soirée et offrant un singulier parcours durant plus d'un siècle d 'évolution quasi permanente.

L'ouvrage, très documenté, est une mine de témoignages sur le sujet et les 110 pages de texte (attention, il existe une version en français et une autre en catalan) sont complétées par une belle galerie composée d'une soixantaine de photographies de cobles de 1899 à nos jours.

Le seul reproche que je trouverai à faire à cet ouvrage et de se cantoner un peu trop strictement à la Catalogne Nord : quelques repères sur l'évolution parallèle des cobles de l'autre côté des Pyrénées permettrait sans doute de mieux comprendre une évolution qui ne s'est sans doute pas faite en totale indépendance. Et puis on aimerait comprendre un peu mieux l'origine de cette sardane qui n'apparaitrait vraiment dans le répertoire des cobles nord-catalanes qu'après guerre.

ed. El Trabucaire (Perpignan) coll. etnologia 1989 ISBN 2-905828-20-X

J.L. Matte (paru dans le n°37 nov-dec1994)

et durant ces mêmes deux ans, deux chroniques seulement de CD et K7


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