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Jean-Luc Matte

Infos mumuses
Chroniques Livres

De temps à autre, l'un ou l'autre d'entre vous me fait parvenir son CD (y compris des démos) afin que j'en parle plus en détail dans mes infos, voici les chroniques ainsi rédigées depuis début 2004 (Tout ceci est indépendant des chroniques que je rédige pour Trad. Magazine).... 

 Voir également les méthodes de cornemuses brièvement commentées sur la page "Apprendre la cornemuse"


"La Musique dans la sculpture romane en France"

Lionel Dieu

Tome 1 : "La musique et les instruments"

Tome 2 : "Les musiciens"

Voici deux petits livres de 160 pages chacun qui pourraient apparaître au premier regard comme des ouvrages de vulgarisation sur la musique et les instruments du haut moyen-âge. Mais ne vous y trompez pas, derrière cette apparence un peu trompeuse se cachent deux ouvrages qui offrent de nombreuses informations nouvelles et non une simple compilation d'info existantes. Lionel Dieu est en effet un vrai spécialiste de l'iconographie musicale dans l'art roman : ne cherchez pas les crédits photos à la fin de l'un ou l'autre de ces deux tomes, toutes les photos sont de Lionel et c'est tellement évident pour lui qu'il a omis de le préciser. Il a en effet pris la peine d'aller observer sur place la quasi totalité du corpus roman français (1) et outre une marque de sérieux, cela me semble indispensable tant ces représentations sont souvent difficiles à lire et plus encore sur documents photographiques, comme on pourra le constater sur les nombreuses photos qui illustrent ces textes mais qui sont malheureusement de petite taille (et en noir et blanc mais de très bonne qualité). Et il n'a pas fait tous ces voyages pour rien car Lionel parvient à lire une foule de détails techniques très précis sur des représentations qui pourraient sembler relativement grossières et peu précises à celui qui ne prend pas la peine de les décrypter. Le premier tome est essentiellement consacré à la description des différents instruments médiévaux qu'ils soient à vent, à percussion ou à cordes, en débutant naturellement pas les cors qui sont l'un des sujets de prédilection de l'auteur et en terminant par une catégorie un peu originale : les instruments " pédagogiques " (monocorde et autres…). N'y cherchez pas de cornemuses, comme chacun le sait elles n'apparaissent pas encore à l'époque romane, mais Lionel y présente naturellement les " muses " (clarinettes doubles). Avant d'attaquer ce catalogue des instruments de l'époque romane, Lionel pose le contexte par une étude musicologique dont le lecteur comprend rapidement qu'elle n'a rien de superficiel et il devra parfois s'accrocher un peu pour le suivre, tant Lionel semble à l'aise avec des aspects historiques que nos cours d'histoire n'ont pas pris le temps de nous détailler (notamment l'histoire de l'église chrétienne avant l'époque carolingienne). Comme l'écriture de Lionel est parfois relativement dense, cela ne se lit pas comme un roman de gare et ces deux petits bouquins pourront, si vous voulez en tirer tout le parti, peuvent vous occuper un bon bout de temps (pourquoi pensez vous que je vous les chronique un an après les avoir reçus…et j'avoue qu'il me reste quelques interrogations, notamment sur ce qui permet à Lionel de différencier avec certitude certains instruments dont les représentations sont très proches, lorsque la clef d'identification organologique ne semble pas visible…(2))

Le second tome aborde le sujet sous un angle totalement différent puisqu'il n'y est plus tant question de technologie instrumentale que de symbolique. Vous devez savoir que l'art roman ne laisse rien au hasard et n'est jamais gratuit : les éléments figurés répondent à un vocabulaire et une syntaxe totalement définie ou chaque élément participe au message qui doit être délivré, ce qui n'empêche pas une multitude de solutions iconographiques possibles (ou de variantes) pour une parole à illustrer. Il ne s'agit donc pas de déchiffrer différentes couches symboliques (au sens presque psychanalytiques du terme) qui viennent s'ajouter à une oeuvre donnée comme on pourra le faire pour des formes d'art ultérieur, mais bien de retrouver le " programme iconographique " d'une sculpture ou, plus souvent, d'un ensemble sculpté, c'est à dire le " cahier des charges " de l'artiste pour utiliser un vocabulaire actuel. C'est encore un domaine ou Lionel Dieu semble tout à fait à l'aise, n'hésitant pas à remettre en cause, arguments à l'appui, certaines lectures antérieures. Les analyses sont d'ailleurs tellement poussées dans le détail que l'on se demande parfois s'il faut vraiment le suivre aussi loin, si, par exemple, toute ramification végétale doit être lue comme un Y symbolisant la double voie. Cet ouvrage est aussi illustré que le premier (avec les mêmes réserves sur la taille des images) et le lecteur attentif, aura d'ailleurs intérêt à utiliser les images des deux tomes pour la lecture de chacun d'eux puisque chaque image possède un intérêt du point de vue organologique d'une part et symbolique d'autre part… La lecture du second tome intéressera peut-être moins les musiciens davantage intéressé par la technologie instrumentale que par la symbolique religieuse, mais celle-ci interférant parfois avec les représentations (nombre de cloches d'un carillon ou de cordes d'une rotte dicté par un souci symbolique et non organologique), il n'est pas possible d'en faire abstraction.

Initialement édité par le Centre de Développement en Art et Culture Médiévale, mais désormais par l'Edition de la Muse : http://edition.lamuse.free.fr

APEMUTAM http://apemutam.free.fr/

(1) et il est capable de me dire que le " quasi " est en trop…

(2) oui, l'organologie a parfois des similitudes avec la systématique biologique…


"Muzikes d'amon nos-ôtes"

Traditions musicales en Wallonie

Collectages 1912-1983

Wim Bosmans

Musée des Instruments de Musique Bruxelles.

A l'occasion de l'exposition de même titre présentant du 17/10/2008 au 16/11/2008, 170 instruments populaires wallons provenant principalement de la collection de Thierry Legros mais également des réserves du MIM (40 " inédits "), ce musée édite un livre accompagné d'un CD, qu'il faut plutôt considérer comme un CD dont le livret serait, pour une fois, de taille convenable pour être lu confortablement. En effet, l'ouvrage se compose d'une introduction retraçant l'histoire du collectage en Wallonie puis détaille les 47 plages du CD. Le tout est naturellement complété par une bibliographie et une discographie. Celle-ci permet d'ailleurs de constater que les publications de collectages sur ce territoire ne sont pas si nombreuses et permet d'apprécier d'autant plus celle-ci que comporte une grande majorité d'inédits (et quelques enregistrements qui évoqueront des souvenirs à certains.). Le panorama est très complet, des crécelles aux chansons de tous genres (dont une chanson de Ste-Catherine, ce qui ne me semble guère courant en France), en passant par les violoneux, les fifres et tambours, un joueur d'épinette, un de flûte de corne, des accordéonistes dont l'un s'accompagnant à la basse aux pieds etc… Les quelques collectages de 1912 sont ceux de Ferdinand Brunot disponibles sur le site de la BNF mais avec une bien meilleure qualité que via internet mais la majeure partie des enregistrements sont dus à Paul Collaer et datent des années 50.

Je n'ai pas l'habitude de vous faire part de considérations sur le prix et la durée mais le premier est particulièrement intéressant (10 euros, 12 port compris pour la Belgique et 15 pour la France), et la seconde est au maximum de ce que peut supporter un CD…

http://www.mim.fgov.be

Rappel :

Hubert Boone et Wim Bosmans "Instruments populaires de Belgique" ed. Peters, Leuven 2000
Lire ma chronique pour Trad Magazine


Marc Clérivet

"M'ner l'draw Vol.2

Guide sonore illustré des danses et traditions populaires en Haute-Bretagne

Tradition dansée entre Fougères et Dinan"

Livre + CD + DVD

Ce livret (64p format A5), est le second de cette série qui n'ambitionne pas moins que de donner à la Haute-Bretagne, un équivalent à la publication de J.M. Guilcher sur la Basse-Bretagne (1). Pour ce faire, Marc Clérivet adopte une démarche scientifique et multiplie introduction, avertissement et autres éclaircissement sur la danse traditionnelle, ses formes types, sa variabilité aux différentes échelles, sa collecte, ses réinterprétations etc… Si le présent livret n'est pas très conséquent en volume, il fait cependant parfaitement le tour de la question, replaçant la région étudiée dans un contexte plus large, explicitant le choix des limites géographiques fixées, donnant quelques caractéristiques socio-économiques nécessaires, décrivant occasions de danse, supports musicaux et évolution de cette tradition dans le temps. Après avoir décrit les composantes générale de ces " avant deux ", il détaille les versions types des mieux connus, sans se priver d'évoquer certaines variantes. Et tout cela est complété par un glossaire, une bibliographie et l'indication de sources audio et vidéo consultables.

Comme le premier de la série, ce fascicule est complété par un CD. Ce dernier mêle quelques enregistrements collectés à des réinterprétations par des musiciens revivalistes dont la plupart ont du baigner dans ces collectes. Le tout conserve d'ailleurs une belle unité marquée par une volonté affichée de jouer pour la danse, avec une cadence bien marquée, que ce soit au diato, au violon ou dans des versions chantées. Un CD utilisable en atelier pour ceux qui n'auraient pas de musiciens et, dans le cas contraire, un CD à faire écouter aux musiciens pour leur donner la cadence juste… Et pour les autres… un CD à écouter pour le plaisir…

Ce fascicule est également accompagné d'un DVD et, si le texte nous indique que " ce choix n'est en aucun cas une évolution de la collection ", on ne peut que souhaiter qu'il en soit à nouveau ainsi pour les opus suivants, tant, pour un public étranger à cette région, seule la vision de la danse permet de réellement concrétiser ce que le livret donne à lire. De plus, ce DVD comporte quelques enregistrements d'avant deux interprétés par des anciens qui, s'ils ne doivent pas être pris à eux seuls comme référence, complètent, à mon sens, de manière indispensable, les enregistrement de danseurs actuels : les gestuelles sont très différentes, naturellement liées à l'âge (2) et au milieu social des danseurs. La manière d'appréhender la danse apparaît également différente entre anciens et plus jeunes, même si tous sont dans une même situation artificielle face à une caméra. Le DVD présente en effet trois type de documents : 6 enregistrements d'anciens, 4 enregistrement de danseurs actuels interprétant des versions type d'avant deux et 6 enregistrements où ces mêmes jeunes danseurs se lâchent davantage, montrant ainsi les possibilités de variations individuelles permises par ces danses tout en restant dans leur cadre général (3). La vision de ces trois types de documents est d'ailleurs de nature, à elle seule, à déclencher des réflexions sur la pratique actuelle des danses traditionnelles. Regrettons donc seulement que le nombre d'enregistrements anciens demeure limité et qu'un classique avertissement en début de DVD en restreigne l'usage au strict cercle familial…

Voici donc un ensemble de documents qui devraient donc séduire les adeptes de la danse traditionnelle ou, a minima les animateurs d'ateliers, qui y trouveront toutes les indications nécessaires pour réinterpréter ces danses, mais surtout, qui leur feront en même temps prendre conscience de la complexité de ce fonds de danses traditionnelles où rien n'est jamais aussi carré que certains le souhaiteraient et également prendre conscience (tant au travers des textes de Marc Clérivet que de la vision du DVD), de toutes les questions liées à la réinterprétation de ce répertoire.

 

Coédition Dastum - L'atelier A Danse novembre 2007 http://www.dastum.net

(1) : J.M. Guilcher : " La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne " plusieurs éditions successives, généralement rapidement épuisées, cet ouvrage étant considéré comme La référence sur ce thème…

(2) et notamment à une dextérité visiblement réduite chez certains danseurs dont les hanches semblent avoir perdu beaucoup de leur souplesse.

(3) dans cette dernière rubrique, sont interprétés 4 danses ayant l'avant-deux comme base et qui sont décrites dans le livret.


Françoise Etay

" Ai vist lo lop, etc. "

142 airs de danse ou de marche limousins pour accordéon diatonique, chabrette ou autre cornemuse du centre, vielle à roue, violon…

 Recueil Ai vist lo lop, etc.
Voir la chronique jumelée avec celle du CD complétant l'ouvrage


Norbert Prawera

"Le guide pratique du micro"

Le guide pratique du micro

S'il est possible de faire de la musique sans s'intéresser aux techniques de sonorisation, sauf à jouer uniquement en acoustique, il n'est pas possible pour un musicien, de ne pas avoir un minimum de connaissance du premier maillon de la chaîne de sonorisation (oui, je sais, on pourrait considérer que le premier maillon est l'instrument ou la voix…) : le micro. Pas mal de musiciens ont d'ailleurs acquis leur propre micro ou système de micros (capteurs divers) et se sont retrouvés confronté au problème du choix lors de l'achat mais, même sans aller jusque là, un minimum de connaissance est nécessaire, ne serait-ce que pour avoir consciences des contraintes de positionnement par rapport au micro ou, même encore plus basiquement de la manière de le tenir en main. Ayant lu le présent ouvrage la semaine dernière, j'ai d'ailleurs pu constater samedi soir lors d'un bal l'ampleur des besoins en ce domaine.

Mais, précisons le tout de suite, cet ouvrage semble plutôt avoir été écrit pour des sonorisateurs et ingénieurs du son (la différence est importante, les besoins en matières de micros ne sont pas les mêmes selon que l'on veut amplifier de la musique pour le public ou réaliser un enregistrement…) que pour les musiciens. Ces derniers le trouveront donc sans doute un peu trop pointu mais auront toutefois intérêt à le lire quitte à n'en retenir qu'une petite partie. Cela leur donnera déjà une bonne culture générale dans ce domaine, leur permettra de comprendre le jargon des sonorisateurs et, surtout, leur donnera des indications sur la manière dont le son de leur instrument rayonne (la sonorité d'un instrument varie rapidement selon la position de l'auditeur ou du micro, non seulement en intensité mais également en couleur sonore.)

Si vous pensez que vous n'avez pas grand-chose à apprendre en la matière parce que vous savez qu'il existe une différence entre un micro directionnel et un omnidirectionnel ou entre un jack et une prise XLR, ce bouquin vous montrera que le monde du micro est d'une grande complexité pour peu qu'on ait quelques exigences…

Les premiers chapitres traitent des différentes conceptions de micros (statiques, dynamiques et leur sous-types, sensibilité selon l'angle : les fameux omnidirectionnels, cardioïdes etc…) Parmi les choses concrètes qu'on y apprend, par exemple, le fait de boucher les évents d'un micro avec la main en le tenant mal transforme un micro directionnel en un omnidirectionnel avec tous les risques de larsen que cela comporte. Des mentions sur l'entretien des micros ne sont pas inutiles non plus….

Les chapitres suivants traitent davantage de prise de son, notamment en stéréophonie : même en se disant qu'on aura certainement pas l'occasion de s'y frotter directement il est très intéressant de découvrir que tout cela est très précis (angle et distance des micros) et qu'il ne suffit pas de planter deux micros à l'a peu près.

Le chapitre le plus intéressant pour le musicien, passe en revue les instruments les plus courants (quoique si on y trouve jusqu'à la cithare et l'harmonica, l'accordéon, aux caractéristiques pourtant spécifiques, en soit absent…) et explique leur caractéristiques sonores (tessiture en terme de fréquence, mais également spectre de fréquence total, principaux formants (les zones de fréquences importantes qui définissent le timbre de l'instrument), angle de rayonnement optimal etc…) et les modes de prise de son envisageables compte tenu de ses contraintes acoustiques mais également de contraintes très pratiques pour le musicien ou le spectateur.

Le tout est complété par un glossaire et un par un tableau commenté des micros des différentes marques actuellement disponibles, classés par usage. Ce tableau est naturellement classé par ordre alphabétique… puisque l'auteur de cet ouvrage est un ingénieur de chez AKG. Difficile donc d'être totalement certain de l'impartialité de ses jugements…

Les Editions Van de Velde étant en principe bien distribuées, vous devez pouvoir trouver (ou commander) ce livre chez votre libraire ou dans les magasins de musique. vandevelde.editions suivi de @wanadoo.fr

A noter d'ailleurs que si cet éditeur est surtout connu pour ses ouvrages touchant à l'apprentissage musical (notamment le fameux " Violon intérieur ", j'ai relevé, dans les nouveautés de son catalogue :
- un livre+CD sur la musique guinéenne,
- un ouvrage sur la prononciation française et latine dans la musique de la Renaissance (" Une Doulce parolle " par Jacques Barbier,
- ce livre de Jacqueline Bonnardot au titre très bien trouvé : " Le professeur de chant : un luthier qui construit une voix "
- et des ouvrages humoristiques aux titres tout aussi accrocheurs : " le basson n'est pas contagieux ", " Le ténor provoque des maladies graves " ou encore " Les musichiens ".


Mauro Gioielli

" La Zampogna - Gli aerophoni a sacco in Italia "

La Zampogna - Gli aerophoni a sacco in Italia La Zampogna - Gli aerophoni a sacco in Italia

Des nouvelles d'Italie : le bébé, ou plutôt les faux jumeaux, pèsent 3,7kg et se portent bien. Le père, Mauro Gioielli est fier de ses enfants et a raison de l'être : deux gros tomes richement illustrés présentant en détail, du nord au sud, les diverses cornemuses d'Italie, les plus connues et les autres, celles que l'on pouvait penser tout à fait anecdotiques et dont les photos nous montrent ici suffisamment d'exemples pour prouver l'existence réelle d'un type d'instrument particulier, d'une tradition…. Quelques articles intercalés viennent donner un aperçu plus particulier sur tel ou tel aspect de l'instrument ou de son image, comme par exemple cet article sur la zampogna dans les crèches et la musique paraliturigique du Latium. Iconographie ancienne (ce qui n'est naturellement pas pour me déplaire), vieilles photos noir et blanc, photos couleurs d'anciens et de quelques musiciens actuels, photos d'instruments, partitions, quelques plans : même si vous n'êtes pas italophones vous trouverez votre bonheur dans cette bible des cornemuses italiennes rédigée principalement par Mauro mais avec quelques chapitres confiés à des collaborateurs qui ne sont pas des inconnus : Valter Biella, Ambrogio Sparagna (voir son récent ouvrage que j'ai chroniqué dans Trad. Mag.), Dario Marusic, Roberto Tombesi, Carlo Di Silvestre, Giancarlo Palombini, Antonello Ricci et Roberta Tucci.

D'accord il vous faudra débourser un peu plus d'une centaine d'euros pour l'acquérir mais c'est une bible indispensable aux amateurs de cornemuses et qui remplace bien des ouvrages plus partiels et moins bien présentés…

Cosmo Iannone editeur

280 et 250 pages

http://www.maurogioielli.net/

J'avais également chroniqué cet ouvrage dans Trad. Magazine (lire la chronique ici)


Ernst Eugen Schmidt

" Vom Singenden Dudelsack"

Vom Singnenden Dudelsack 

Voici un ouvrage qui s'est fait un peu attendre mais vu son épaisseur, l'auteur a des excuses…

Si vous comprenez l'allemand vous allez pouvoir enfin connaître toutes ces légendes, tous ces contes qui mettent en scène des cornemuseux. Et qui aurait cru qu'il en existait tant ! En cherchant dans tous les pays d'Europe Ernst Eugen Schmidt, aidé de quelques informateurs en a rassemblé pas moins de 117. Vous connaissez certainement (et peut-être sans le savoir) l'air du " Liebe Augustin ", vous pouvez enfin connaître ici toutes les mésaventures arrivées à ce cornemuseux bien connu à Vienne (en Autriche, pas en Isère…), vous retrouverez naturellement le cornemuseux attaqué par les loups et quelques autres classiques, mais en cherchant de l'Irlande à l'Estonie, du Portugal à la Russie, de l'Ecosse à la Roumanie, Ernst E. Schmidt en a trouvé de bien moins connus…Et naturellement, il cite toutes ses sources.

Pour ne rien gâcher (et pour consoler ceux qui ne parlent pas l'allemand), 51 illustrations, la plupart en pleines pages viennent agrémenter l'ouvrage, principalement des représentations anciennes, pas forcément très connues…

 

Cet ouvrage est édité par le Schwäbisches Kulturarchiv im Haus der Volkskunst, juste sur l'autre versant de la Forêt Noire, qui n'est autre que l'organisateur du festival triennal de cornemuses de Balingen (voir photos sur ce site) et l'éditeur de quelques autres intéressants livres sur la cornemuse : deux sur le facteur Tibor Ehlers, dont un plus particulièrement consacré à sa facette lutherie populaire, celui sur la cornemuse en Souabe dont Ernst Eugen Scmidt était déjà l'un des auteurs, très richement illustré d'iconographie locale de la cornemuse, et encore de nombreux beaux ouvrages (mais pas trop chers) sur la danse traditionnelle dans cette région.

Leier Gambe  DudelsackSackpfeifen in SchwabenVolkstanz und Tnazlied der Schwaben

Editeur : Schwäbisches Kulturarchiv im Haus der Volkskunst

ISBN: 3-920801-55-5

Prix: 23.00 EUR + port (et en plus ce n'est pas très cher vu l'épaisseur…)

http://www.schwaben-kultur.de/ rubrique " Termine Beratung Verlag " puis " Bücher "

Mais si vous ne souhaitez pas vous compliquer la vie en commandant en Allemagne, j'en ai quelques-uns en dépôt.


" Cornemuses, de France, de Bourgogne et d'ailleurs "

Cornemuses de France, de Bourgogne et d'ailleurs

Voici un livre auquel nul cornemuseux ne saurait rester insensible, non pas qu'il révolutionne les connaissances sur l'instrument mais tout simplement parce que le feuilleter, puis le lire, le reparcourir ensuite sont de vrais plaisirs, en particulier la troisième partie. L'ouvrage s'articule en effet en trois parties précédées d'une préface de F. Hadji Ladzaro dans un style fidèle à lui-même. Jean Blanchard attaque ensuite par une présentation historique de l'instrument s'attachant en particulier à montrer que les modèles ont circulé de région à région, de pays à pays en des filiations parfois complexes et inattendues. Cette partie est illustrée par des photos anciennes de la collection d'Hubert Boone, dont beaucoup ont, certes, été déjà publiées dans les ouvrages de ce dernier mais on ne se lasse pas de ces documents exceptionnels tel ce mineur du Northumberland photographié en 1859. La seconde partie est une galerie des types (voire sous-types) des cornemuses de France, illustrée, naturellement d'une photo par type (1) mais également d'un petit texte en forme de carte blanche à l'un des protagoniste de l'instrument (pas forcément historique ou descriptif : voire l'évocation de ses débuts sur la Bourbonnaise, en vers, par Manu Paris). La troisième partie, sous la plume de Geoffroy Morhain commence par rassembler les éléments sur l'instrument en Bourgogne et son histoire locale, on y relève quelques citations littéraires intéressantes. La suite demeure ma partie préférée : une galerie de portraits de cornemuseux de Bourgogne (et pas seulement morvandiaux…) composé, pour chacun, d'une superbe photo pleine page de Michel Joly, soigneusement mise en scène afin que le personnage soit entouré de quelques symboles de sa personnalité et de ses activités. Un texte en vis-à-vis vient éclairer ce portrait en explicitant au travers du parcours du musicien, ces différents symboles. L'exercice aurait pu être laborieux, il est ici tout à fait réussi, car chaque photo respire la bonne humeur et le plaisir donné par l'instrument (superbe travail du photographe) ; quant aux textes, ils s'attachent à l'essentiel tout en replaçant l'activité musicale de chacun parmi ses autres centres d'intérêt, une bonne manière de connaître un peu mieux tout ces musiciens et de montrer que la passion de l'instrument sait se marier aussi bien à la celle des livres que du vin, à celle de la dentelle qu'à celle des jeux vidéos…

Editions FTM Presse

Pour commander le livre, s'adresser à Cornemuses d'Europe, 8 passage couvert 71400 AUTUN, Tel 03/85/52/53/97

18 EUROS + Frais de port, 4,5 euros

(1) l'éditeur a, de plus, eu le bon goût de ne pas sacrifier à la mode des grandes pages blanches avec des photos minuscules dans les marges comme c'est un peu trop souvent le cas dans les catalogues de musées depuis quelques années…


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