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Jean-Luc Matte
Infos mumuses

Chroniques CD
(4/16)

De temps à autre, l'un ou l'autre d'entre vous me fait parvenir son CD (y compris des démos) afin que j'en parle plus en détail dans mes infos, voici les chroniques ainsi rédigées depuis début 2004 (Tout ceci est indépendant des chroniques que je rédige pour Trad. Magazine).... 


Bernard Subert- Marc Anthony et Pierrick Lemou

"Terre-neuvas"

 CD Terre-Neuvas

Voici un spectacle (et son CD) qui a déjà pas mal fait parler de lui : voir la couverture et l'article dans le numéro 109 de Trad. Magazine ou l'article dans le n°197 de Musique Bretonne et ce n'est sans doute pas fini. Rien d'étonnant pour un projet qui rassemble trois musiciens qui ont déjà largement fait leurs preuves, avec la volonté de renouveler la présentation du répertoire de chants de marins en y réinjectant une dose d'humain et une dimension artistique au sens créatif du mot. Le CD n'est constitué des seuls moments musicaux du spectacle mais reprend l'intégralité de la trame de celui-ci, y compris le récit, mais que ceux qui n'aiment pas trop " les CD qui causent " se rassurent, les récitatifs ne sont pas nombreux et jamais bien longs. Ils sont dits par un ancien, dont le timbre de voix et l'accent cadrent très bien avec le contexte mais dont la diction appliquée me rappelle furieusement les dictées de ma jeunesse (c'est un ancien instituteur…je l'avais lu avant écoute mais j'ai vérifié auprès de quelqu'un qui ne le savait pas et qui a eu la même impression…). Pour suivre tout le récit il vous faudra non seulement écouter ces petits bouts parlés, mais également prendre le temps de détailler les paroles des chants de marins traditionnels qui sont, pour la plupart, déjà connus pour avoir été enregistrés notamment dans l'anthologie du Chasse-Marée mais qui ont été choisis pour s'intégrer parfaitement dans le récit et prendre ainsi toute leur dimension. On remarquera au passage que certains chants sur le départ des marins sont également connus par ailleurs comme chants de départ de conscrits (" C'est le matin au point du jour " ou " Virginie les larmes aux yeux ")

Berrnard Subert aux clarinettes, Marc Anthony à la vielle et Pierrick Lemou au violon assurent parfaitement toute la partie musicale ainsi que les chants (avec une mention particulière pour Bernard Subert, par exemple pour sa superbe interprétation des " Bans de Terre-Neuve " et dont la voix sur certaines complaintes, ravive le souvenir de sa prticipation à un CD déjà ancien des chants de Pâques). Si nos trois musiciens accompagnent les différents chants de manière créative et recherchée mais sans vraiment bousculer l'esthétique habituelle, ils se permettent quelques passages un peu plus modernes dans les petits intermèdes.

Une mention pour l'excellente prise de son et pour certains bruitages ajoutés qui, sans jamais être dérangeant, aident à imaginer les scènes évoquées, comme lorsque certaines émissions de radio utilisent des extraits de films anciens.

Un CD à écouter prioritairement après avoir vu le spectacle, pour faire renaître les émotions ressenties mais un CD qui se suffit également à lui-même, même si, dans ce dernier cas, il ne peut, probablement pas générer la même intensité dramatique que le spectacle.

ed. Cinq Planètes

Dist. L'Autre Distribution donc dans toutes les bonne crémeries…

Voir les photos de leur concert aux Rencontres de Socourt 2007

Rappel : Je n'ai pas encore eu le courage de vous faire la discographie de ces musiciens prolixes, mais je peux tout de même vous renvoyer à la présentation de l'album de Marino Mapihan ou interviennent Marc Antony et Pierrick Lemou :


Amorroma

"Balance"

 Amorroma Balance

Depuis quelques temps, les CD s'accompagnent parfois d'un DVD. Ces DVD bonus font souvent figurer un court clip, un petit reportage, des extraits de concerts pas toujours de qualité pro, voire carrément quelques fonds de tiroirs vidéos. Mais ici, la qualité de réalisation du DVD éclipserait presque le CD si les deux ne se complétaient finalement très bien, le visionnage du premier donnant davantage de relief aux écoutes ultérieures du second et illustrant l'esprit dans lequel nos musiciens réalisent cette musique à danser. J'incite d'ailleurs fortement les danseurs à regarder ce DVD car tous les morceaux sont dansés par quelques couples d'un très bon niveau, pratiquant la danse trad. dans un style plutôt actuel, c'est à dire détaché des modèles traditionnels (cela se perçoit bien sur les bourrées par exemple, qui n'enthousiasmeront pas un berrichon pour celle à deux temps, ni un auvergnat pour celle à trois) mais avec un vrai style, très coulé, très agréable à regarder et où les figures et variations ne sont jamais laborieuses mais semblent couler de source et semblent là juste pour mettre en valeur l'élégance des mouvements. Notons également que les danseurs ne semblent avoir aucun problème avec la caméra (pas facile de savoir quelle tête faire lorsqu'on est filmé…de danser sans avoir l'air de frimer, sans prendre un air trop concentré…). Ajoutons que la qualité des images (et notamment des éclairage), des décors (des intérieurs et non une scène), de la mise en scène (discrète et non dénuée d'humour) et du montage est très professionnelle. Petit bonus encore pour les danseurs : une explication des pas des différentes danses.

Avec tout cela j'en oublierai presque de vous parler de la musique et ce serait dommage car là également la qualité est au rendez-vous : Jowan Merckx qui signe toutes les compositions a remporté le concours de cornemuses à Saint-Chartier il y a deux ou trois ans et se révèle avant tout un flûtiste d'exception, de ceux qui vous réconcilient avec la flûte à bec malgré tous les à priori que l'instrument traîne en France du fait de son utilisation scolaire. Un de ces flûtistes dont on se demande comment ils peuvent tirer une telle sonorité de leur instrument et dont on devine qu'ils ont certainement une solide formation en musique ancienne. Et ses complices, aux cordes (violon, mandoline, contrebasse, harpe, guitare et bouzouki) ne sont pas en reste. Les compositions s'accordent parfaitement au style des danseurs décrits plus haut : plutôt en douceur, un peu en nostalgie, pas forcément à la recherche des couleurs traditionnelles (je n'avais pas reconnu la polska à la première écoute) mais certainement très agréables à danser dans une optique assez tendance actuellement auprès de certains bons danseurs amateurs de scottischs, mazurkas, valses à cinq temps, là où, justement, Amorroma se montre le meilleur.

Nul doute que ce groupe ne restera pas inconnu longtemps…

http://wwwamorroma.be

Rappels :

Avec Traces et Zefiro Torna :
Les tisserands

Cet album a eu une suite sous la forme d'un album de Zefiro Torna avec séquelles des Tisserands auquel participent Jowan Mercks et Vincent Noiret.

en duo : "La-bas dans ces vallons" (2010)

"Carroussel", coffret de 3CD en 2010 avec pas mal d'invités

2014 : "Merci Jules" (triple CD)

2013 : Chants d'amour et de mort en Wallonie

Jowan et Vincent interviennent sur l'album de Ialma "Nova era"


Officina Zoe

"Crita"

Crita musique du Salento

Dans les colonnes de Trad. Magazine, je chronique souvent des disques espagnols, portugais ou italiens que vous ne pouvez vous procurer qu'en les commandant directement dans leur pays d'origine (ce qui, grâce à internet, est devenu beaucoup plus facile aujourd'hui (1) mais nécessite de faire la démarche…) ou en allant les acheter sur place (ce qui n'est pas forcément désagréable mais encore faut-il pouvoir…). Le présent CD est, lui, distribué en France et c'est une excellente chose car il présente tout à la fois une tradition bien précise (celle du Salento, au sud des Pouilles, c'est à dire vers le talon de la botte.), sans compromis commerciaux : un groupe comme on souhaiterait en rencontrer en allant sur place (bien entendu, lorsque l'on peut rencontrer des anciens c'est encore mieux…).

Crita marie le chant, les percussions traditionnelles dont on connaît l'importance dans ces traditions, notamment celle des tambourins et castagnettes, quelques indispensables instruments à cordes (violon mais surtout, guitare) et un diatonique. Tous assurent parfaitement : les percussions sont précises et tout à fait dans l'esprit local, le diatonique de Donatello Pisanello est tout à la fois rythmique et virevoltant, les cordes sont efficaces et, surtout, il y a la voix de Cinzia Marzo, poignante, tendue, vibrante, dotée de ce timbre, de cette couleur qui ne se rencontre qu'au sud de la péninsule et en Sardaigne.

Différents textes qui présentent le groupe font la part belle à l 'évocation de l'ancienne tradition thérapeutique de guérison des piqures de tarentule par la transe générée par la danse ; sans vouloir remettre en cause ce fait historique, cette évocation me semble largement suremployée aujourd'hui et l'esprit du CD et plus généralement de toute la musique de ce peuple, ne saurait se résumer à cet aspect particulier et spectaculaire. La première plage du CD est d'ailleurs une superbe ballade portée par la voix de Cinza, simplement soutenue par quelques arpèges de guitare. Ce ne sera pas la seule plage lente de l'album et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai ; les autres plages comporte d'ailleurs une belle variété de rythmes et de types musicaux. Et les " pizzica tarantata " (je ne vous l'ai pas accordé au pluriel…) m'évoquent bien davantage la convivialité très particulière des moments de danse partagée d'Italie centrale et du sud qu'une quelconque transe mythique. Alors oublions les araignées et laissons nous porter par ces musiques…

(1) et dans certains cas économiquement intéressant malgré le port, vus certains prix pratiqués à l'étranger…

Ed. Polosud records http://www.polosud.com Dist. : L'Autre Distribution

"Crita" est le 5ème CD de ce groupe, l'avant dernier au moins mais j'avoue que j'étais passé à côté des précédents : " Sangue Vivo " est disponible en France (dist. L'Autre Distribution également) , "Malediti Guai " (2009 ou 2010) est édité chez Polosud


Compagnie Léon Larchet

Virgnie Basset et Charlotte Pace

"Le violon d'Anaïs"

Le violon d'Anaïs CD 

La Compagnie Léon Larchet a déjà une longue histoire puisqu'il s'agit déjà de leur 8ème CD. J'avoue n'avoir cependant eu l'occasion de les entendre sur scène qu'en 2004 à Saint-Chartier dans leur formation Entremodes (voir photos sur http://musette.free.fr/stchart/ch04emode.htm). Si la personnalité et le charisme de Jac Lavergne dominent un peu le groupe, j'avais été frappé par celles de Virginie Basset ainsi que par sa technique de violon et l'annonce d'un CD mettant celle-ci en avant ne pouvait que me réjouir

Au dos de la pochette est indiqué "Duo de violons aux inspirations tsiganes, classiques et contemporaines ", il doit être tellement évident pour ces deux violonistes que la base de cette musique est le violon traditionnel, en particulier celui de Massif Central, qu'elles ont oublié de le mentionner dans ce résumé. Et pourtant ce style, ce son développé depuis le années 70 à partir du matériau traditionnel notamment par des gens comme Olivier Durif, Jean-Pierre Champeval ou Jean-François Vrod se reconnaît dès les premières notes, avec cette dynamique particulière de l'archet sur les cordes. J'ignore si nos deux violonistes ont été inspirées par ces musiciens ou si elles sont parvenues à ces mêmes sonorités par d'autres voies mais c'est avec un grand plaisir que l'on retrouve ce son, cette dynamique, ici mêlée à d'autres couleurs musicales, à d'autres styles violonistiques, à d'autres coups d'archets. Le répertoire est d'ailleurs entièrement composé par Jac Lavergne et Virginie Basset. Avec tout cela j'oublie de vous citer le nom de la seconde violoniste : Charlotte Pace violoniste de formation classique taquinant le jazz et les musiques improvisées, ce n'est pas une inconnue puisqu'elle joue déjà sur plusieurs CD précédent de la Cie, et notamment sur le précédent "Muzikadansé". Difficile à l' écoute de deviner qui des deux violons joue quoi, je me garderai donc bien d'essayer de commenter une éventuelle différence de style entre les deux ; je préfère constater que le duo tourne avec une belle complicité…

http://www.leonlarchet.com

Disponible directement auprès de la Cie Léon Larchet, sur CD-Mail, à la FAMDT, auprès de l'AMTA, à la FNAC de Clermont Ferrand et à la librairie " Les Volcans " de cette même ville.

Rappels : deux CD chroniqués sur ce site :

Muzikadansé 1

Muzikadansé 2 :

Virginie Basset joue en invitée sur le CD de Thomas R. et Johan Jacquemoud "Toseti"

Elle intervient avec Johan Jaquemoud sur un titre de l'album collectif de chansons grivoises de l'AMTA

Et produit en 2013 un album entier avec ce même contrebassiste :


Shillelagh

"danse sur l'eau"

Musiques à danser de Flandres et d'ailleurs.

CD Shillelagh

Shillelagh est un groupe du Nord, déjà ancien (un premier CD à son actif) mais dont l'effectif a pas mal changé au fil du temps. Leur nom laisse penser à un groupe spécialisé dans la musique irlandaise mais cela aussi n'est plus vrai et le trio actuel fait plutôt dans le répertoire bal folk comme le démontre cet enregistrement et leur passage sur le parquet de danse officiel de Saint-Chartier un soir de cette année 2006 à minuit (voir les photos sur ce site).

Comme le titre l'indique, les danseurs trouveront sur ce CD cinq airs, ou suite d'airs, flamands correspondant à des danses traditionnelles (De Horleplep, Valse) ou à des chorégraphies plus récemment élaborées (Boerenplof, Shommelwals, Flikker). Les six autres plages sont les classiques des bals folks, : scottisch, mazurka, polka, bourrées à 2 temps bourbonnaises et à 3 temps auvergnates et l'inévitable cercle circassien. A noter que, s'il y a des compositions parmi tous ces airs, aucune n'émane des membres du groupe : les signatures sont de Bruno Le Tron, Eric Elsener, Ian Luff, Dirk Veulemans, Tony Sullivan, A. Preud'Homme, Aidan Burke et un certain Franz Liszt qui a du fréquenter Saint-Chartier bien avant nous…

Pour ce qui est de l'interprétation, bien qu'avec une formation totalement acoustique, Gabriel Lenoir au violon, Aurélien Tanghe à la guitare et Benjamin Macke au diato font dans le " gros son ", tout en énergie, très bal folk et, comme dirait T. Laplaud : on retrouve l'esprit du folk des années 70, d'autant que l'enregistrement a été réalisé en live… sur une péniche. Leur bourrée à deux temps manque un peu de syncope à mon goût (comme beaucoup, je les préfère avec des croches pointées plutôt que des notes toutes égales dans le début) et je ne sens pas la cadence de la mazurka tout à fait comme Benjamin mais le reste est plutôt efficace.

Et puis félicitations au photographe et à la maquettiste pour la belle conception de la pochette et du livret.

lenoirgabriel suivi de @hotmail.com ou 03-20-56-75-21

http://www.shillelagh.fr

Lire la chronique de leur CD suivant : "Germaine"

puis en 2013 : "Le vagabond"

Voir la chronique du CD de Benoit Guerbigny accompagné par Gabriel Lenoir et Aurélien Tanghe : "La Généreuse"

Benoit Guerbigny en compagnie

ainsi que celle du duo Lenoir-Tangue :

et celle de "Rococo Rijsel Trio" de G. Lenoir avec W Schotte et Gerald Ryckeboer

et la présentation du CD du duo Coudroy-Tanghe "Oiseaux de Nuit"

d'où vous pourrez passer au suivant... "Hemma"

 Voir chronique du CD suivant de Benjamin Macke : Duo Bastringue

d'où vous pourrez aller vers le suivant de ce duo

Voir, enfin, la présentation du CD solo de Gabriel Lenoir (2012),

celle de celui de Benjamin Macke

et enfin, en 2015, Aurélien Tanghe "La Guitare"

 


Faltriqueira

"Efffecto"

Faltriquerira CD Effecto

Second véritable (1) CD pour ces quatre chanteuses galiciennes. Elles étaient cinq sur le premier album, je ne sais laquelle est partie ou s'il y a davantage de changements car elles ont tout simplement omis de mentionner leurs noms sur le présent album… Mais le principal changement ne réside pas là : surprise à la première plage, " Fatou Yo " n'est manifestement pas un traditionnel galicien et, vérification faite, il s'agit d'une composition de Touré Kunda. Cette entrée en matière sénégalaise n'est pas clin d'oeil isolé au sein du programme de cet enregistrement, on trouvera plus loin un morceau traité à la grecque et un autre très latino. Mais, bien entendu, la couleur galicienne domine dans le reste du CD et " Canto Libre " écrit et composé par le chilien Victor Jara passerait même pour galicien s'il n'y avait le livret (qui donne naturellement toutes les paroles en galicien, castillan et anglais).

Le quatuor vocal fonctionne parfaitement et si vous trouvez les polyphonies feminines traditionnelles galiciennes trop sauvages, ce n'est pas vraiment le cas ici et leur ensemble fait parfois songer à Evasion, en un peu moins cosmopolite. Outre leurs pandereitas (tambourins) les quatre chanteuses s'appuient, comme sur le premier CD, sur un nombre conséquent de musiciens invités mais qui n'interviennent chacun qu'à toute petite dose, ne prenant jamais le pas sur les chanteuses. Bien au contraire, les interventions instrumentales sont soigneusement orchestrées pour donner la couleur qu'il faut au bon moment sans jamais rien de superflu ; la plage 9 est, en ce domaine, un modèle du genre.

(1) elles ont participé aux CD d'autres groupes et figurent dans diverses compilations dont " Femmes celtes ". Leur premier CD est bien distribué en France, je pense qu'il en sera de même du second…

Rappel : le premier CD en 2002

http://www.faltriqueira.com/

http://www.resistencia.es/


"Africavision n°2

50ans de cinéma africain"

Africavision2

Deuxième opus (et non le dernier) de cette originale série sur les musiques du cinéma africain. Je n'ai pas eu l'occasion d'écouter le premier qui traitait du cinéma francophone de cette même période 1975-2005 mais à l'écoute de la première plage de celui-ci, je me suis demandé si je n'étais pas tombé sur un CD de chez Frémeaux, puisqu'on y entend le commentaire, naturellement très daté, d'un documentaire de 1955 " Afrique sur Seine ". Mais cette première plage n'est qu'une introduction (tant pis pour ceux qui fondent leur jugement uniquement sur la première plage d'un CD) et la suite, présente, à travers ces extraits de bandes originales, davantage un panorama de la musique africaine des dernières décennies (au sens large d'ailleurs puisque l'on y entendra également le martiniquais Henri Guédon pour la musique d'un film burkinabé). Si certaines plages ont bien l'accent particulier des musiques de film, certaines autres pourraient être tirées de n'importe quel CD de musique africaine actuelle et on retrouve d'ailleurs quelques noms connus : Francis Bebey, Xalam, Laminé Konté etc….

Naturellement, le livret se devait d'être à la hauteur et on y trouvera d'abord une page de biographie par artiste (donc par plage) puis, à la fin du livret, une notice par film.

Buda musique : http://www.budamusique.com


Laurence Bourdin

"Un grain de quartz"

Laurence Bourdin Un grain de quartz

Il est des CD qui se laissent entendre, en musique de fond, il en est d'autres, dont celui-ci, qu'il est nécessaire d'écouter, faute de quoi vous n'en retirerez qu'une impression mitigée, voire négative. Mais si vous prenez le temps de l'écouter, dans de bonnes conditions (au casque ce n'est pas mal…), vous pourrez apprécier la technique et le son de cette vielleuse qui commence à avoir un beau parcours, même si ce CD est le premier sous son nom (elle a déjà participé à divers enregistrements, avec M. Montanaro notamment). Mais vous pourrez surtout apprécier sa créativité dans un style qui n'est pas sans rappeler V. Clastrier. Deux plages seulement sont construites à partir de mélodies traditionnelles, toutes les autres sont des compositions de Laurence, la première sur une mélodie de M. Montanaro. Mais on ne se situe jamais dans une ambiance traditionnelle ou revivaliste, il s'agit bien ici de création contemporaine et comme dans le cas de V. Clastrier, d'une création qui ménage suffisamment de repères pour rester audible à ceux qui, comme moi, aiment à conserver quelques lignes soit rythmiques, soit mélodiques. Naturellement, il est, dans cet enregistrement, des idées sonores que j'apprécie et d'autres moins (les crépitements électroniques de la fin de la plage 1 par exemple…) mais c'est un peu la loi du genre, on ne crée pas réellement sans également bousculer …

Ce CD n'est pas un solo : si Laurence Bourdin a donné des spectacles solistes, elle est, ici, souvent accompagnée par la voix de Valérie Renaud, par ses compères vielleux Jerôme Lioger et Hubert Boutry sur 3 plages, et par la cornemuse de Philippe Fournier et les percussions de Vincent Chazot sur une plage.

J'avais réalisé une interview de Laurence Bourdin à Parthenay en 2001, celle-ci n'était finalement jamais parue, je profite de cette chronique pour vous la mettre en ligne à l'adresse http://musette.free.fr/parthenay/lbourdin.htm

Drahle production http://www.drahle.com

http://www.laurence-bourdin.net

Rappel :

2013 : "Essai(s) Electroacoustique(s) pour Vielle(s) à roue" DVD
 


Arcolan

Félix Arnaudin : chants populaires de la Grande Lande
Vol 1, 2 et 3

Sous le pseudonyme " Arcolan ", oeuvre Jean-Pascal Leriche : pas vraiment un nouveau venu dans le monde de la cornemuse, et de la boha en particulier, mais que j'ai découvert, comme beaucoup, il y a quelques années à la sortie de son CD " 'Brasse le vent ! ", CD de studio à l'ambiance très particulière, construit exclusivement autour des bohas, dont certaines assez originales. Le CD était très convaincant, le concert qui a suivi à St-Chartier l'était malheureusement beaucoup moins, le CD n'étant pas transposable à la scène (1). Mais peu importe puisque les trois doubles CD bien remplis dont il est question ici n'ont rien à voir sinon le fait qu'il s'agit encore de boha. Mais cette fois le répertoire est entièrement traditionnel puisqu'il s'agit de l'intégrale du fameux recueil d'Arnaudin, soit plus de 500 mélodies, la boha est d'un modèle tout à fait ordinaire, en sol et sans artifices d'aucune sorte et le projet n'est pas artistique mais uniquement didactique : mettre à la disposition de tous (en particulier les non lecteurs), les mélodies collectées par Felix Arnaudin, afin que tout un chacun puisse y faire son choix, se les approprier puis les interpréter à sa manière. Un projet personnel au départ, mis au service de tous grâce à l'appui de quelques sponsors et d'un éditeur courageux… A l'écoute, on reconnaît certains airs devenus des standards suite à leur interprétation par les uns ou les autres (Perlinpinpin en particulier) mais nombreux sont les moins connus. Certains collent parfaitement au jeu de la boha tandis que d'autres semblent avoir donner du fil à retordre à Jean-Pascal, mais, dans ce cas, si son interprétation est parfois un peu limite, cela peut représenter un beau défi d'essayer de faire mieux en y passant davantage de temps (vu l'ampleur de la tâche, il n'a pas eu le loisir de s'appesantir sur chaque mélodie) ou, plus simplement, en utilisant certains artifices des bohas modernes pour éviter les demi-trous, artifices que Jean-Pascal s'est refusé à utiliser ici…

Signalons, pour être complet, que J.P. Leriche est, depuis cette année, l'actif président des Bohaires de Gasconha et que vous en saurez davantage en lisant son interview dans le numéro 109 (sept-oct 2006) de Trad. Magazine…

jp.leriche suiovi de @wanadoo.fr

La Nauze Production / Drailhe http://www.dralhe.com/

(1) donc que ceux qui ont assisté à ce concert ne se fassent pas un avis sur le CD à partir uniquement de cette expérience, réalisée par J.P. Leriche dans des conditions loin d'être optimales...

Rappel : Lire la chronique de son premier CD

On complètera utilement ces 6 CDs par :

Bohaires de Gasconha "1001 rondeaux de Gascogne - 1001 Rondeùs de Gasconha e alentorn"


"La Charmeuse de Serpents"

CD La charmeuse de serpents Eric Montbel

Après le récent Topanga, voici un autre CD concocté par Eric Montbel et que l'on attendait depuis longtemps puisque déjà annoncé dans Trad. Mag. 99 de janv-février 2005. Pensez-donc, un CD rassemblant Eric Montbel et ses cornemuses, Gilles Chabenat et sa vielle électroacoustique et Alain Bruel au chromatique. Un trio auquel viennent se joindre un second cornemuseux en la personne du sympathique Yvon Bayer, musicien, chorégraphe et danseur, un percussioniste inventif : Nicola Marinoni et quelques invités (Marie Rigaud au chant, Pascal Couacault aux programmations et un certain Guillaume Appolinaire comme récitant). Une évidence surgit dès la première écoute : s'il y a pas mal de monde sur scène (puisque c'est un spectacle avant d'être un CD), c'est avant tout une création d'Eric Montbel et son style transparaît nettement même lorsqu'il ne joue pas, dans les constructions mélodiques, le choix de certaines sonorités synthétiques etc… Je ne vais pas vous réécrire ce que j'ai déjà écrit à propos de Topanga mais cela se vérifie encore ici : il y a des passages qui donnent une impression de déjà entendu mais je ne m'en lasse pas pour autant. Arrivé à la dernière plage, l'impression de déjà entendu est nette… jusqu'à ce que l'on réalise qu'il s'agit de la reprise du morceau dédié au facteur Cheval du second Lo Jaï… Ajoutons qu'Yvon Bayer aligne son style sur celui d'Eric et que seule une écoute attentive permet d'entendre qu'ils sont deux cornemuseux différents. Naturellement les autres musiciens sont à la hauteur, notamment Gilles Chabenat qui fait un travail remarquable, souvent dans la discrétion de l'accompagnement. Le mixage fait d'ailleurs le choix de la mise en avant du soliste (pas toujours le même…) et il n'est pas inutile de faire une écoute au casque pour bien écouter ce qui se passe derrière.

Comme je l'ai indiqué ci-dessus, le CD s'achève sur une reprise d'un thème du disque " Acrobates et musiciens " et ce n'est sans doute pas un hasard puisque le titre de ce disque faisait référence à un tableau de F. Léger et que le présent est celui d'un spectacle autour des oeuvres du Douanier Rousseau. Le livret nous présente les tableaux mis en musiques mais le format 12 x 12 du livret doit être bien incapable de nous restituer la magie du spectacle sur grand écran (j'ai encore le souvenir du spectacle " Rétroviseurs ")… Dommage !

Modal coll. Plein Jeu http://www.famdt.com , dist L'Autre Distribution

Contact groupe : http://ulysse.ange.free.fr

Voir la chronique de son CD précédent "Topanga !" avec rappels plus complets

Topanga

et celle du suivant : "Pranam"


Duo Verbanus

"Alegar"

Duo Verbanus CD Alegar

J'avais chroniqué dans Trad. magazine le premier CD de ce duo ciaramella-zampogna (dont une plage figure sur le second CD compil Trad. mag, celui à couverture noire) et, ici-même, celui que Carlo Bava a enregistré en mêlant la sonorité de son hautbois italien avec de grandes orgues (voir la chronique sur ce site). Vous avez peut-être eu la chance d'entendre ce duo l'an passé à Autun au festival " Cornemuses d'Europe " ou, un peu plus anciennement, à la Saint-Blaise de Saint-Martial, ou encore, tout simplement à Saint-Chartier sur le stand d'Ilario Garbani, le zampognaro du duo, également facteur de zampogne et de piva. Ils ne sont pas nés dans le monde de la zampogna puisqu'ils sont originaires d'Italie du Nord (et même du Tessin en Suisse italophone pour Ilario) où ils résident et s'activent toujours musicalement (voir article sur Ilario dans Trad. mag n°106 p.28 et la lettre électronique de Carlo). Mais, tout en s'intéressant également aux cornemuses du nord de l'Italie, ils sont tombés amoureux de ces sonorités davantage du sud et leur jeu n'a rien à envier à celui des musiciens de Abbruzzes ou de Molise. Ils ne se privent d'ailleurs pas d'interpréter des mélodies de leur région avec le couple zampogna-piffero ainsi que des compositions de leurs amis, voire d'Ilario. Le CD se clôt en beauté sur un enregistrement réalisé avec le joueur de launeddas sarde Luigi Lai : association originale des launeddas, de la zampogna, du piffero et d'un orgue, variations sur un thème de Luigi Laï aujourd'hui bien connu, la qualité de l'enregistrement n'est pas optimale mais il aurait été dommage de ne pas nous faire profiter de ce moment magique. Placé sous le signe des rencontres, ce second CD fait d'ailleurs appel à davantage d'invités que le premier et place le duo dans des configurations plus variées. Le livret (très bien fait et trilingue italien-anglais-français) évoque d'ailleurs joliment l'esprit de chaque morceau et dresse un petit portrait original de chaque invité. J'avoue une préférence pour les airs lents, assez nombreux ici, dans lesquels Carlo fait preuve d'une très grande musicalité sur son piffero, sans jamais avoir besoin de charger son jeu . Mais il y a également des morceaux plus enlevés sur ce CD, avec parfois, lorsque la batterie d'en mêle, une couleur proche de celle d'Il Tratturo. Ilario utilise une zampogna à bourdon variable (quasiment devenue la norme chez les jeunes joueurs de zampogna en quelques années seulement) mais use de cet artifice avec parcimonie ce qui ne lui en donne que plus de force. Le duo utilise, en outre, des couples de tonalités différentes selon les plages. Un CD à écouter, comme moi, le son du duo zampogna-ciaramella bien joué ne vous laisse pas indifférent.

http://www.zampogna.ch

Rappel : Verbanus "Itineranti", lire ma chronique pour Trad. Magazine


"Terra - Les peuples du monde chantent la nature"

Terra Les peuples du monde chantent la nature

A la vue de la pochette, un peu racoleuse avec son gros titre, on pourra se demander si Buda, avec cette compilation, ne cherche pas à se placer dans le bacs de certaines grands magasins spécialisées néo-écolos-mais-vrais-bobos. Mais rassurez-vous, à l'écoute, vous constaterez rapidement qu'il ne s'agit pas d'une quelconque compil. world-celtico-new-âge : le contenu est plutôt intéressant et ne semble pas trop dicté par des considérations commerciales. Bien entendu, il vous faudra suivre avec le livret pour comprendre le lien entre chaque plage et le thème du CD, thème bien large et décliné tout aussi largement puisque l'on trouvera ici des chants déplorant l'action de l'homme sur la nature (et bien malin qui pourrait deviner le caractère " militant " de certains de ces chants tant il semblent parfois décalés par rapport à leur style d'interprétation), des mimologismes chantés ou instrumentaux, des chants autour d'un animal (de la palombe béarnaise à l'araignée ou aux crabes) et jusqu'à un chant pour faire adopter un chamelon orphelin par une chamelle qui rappellera quelque chose aux cinéphiles (mais ma mémoire ne m'a pas permis de reconnaître s'il s'agit du même*). Il est dommage que l'intégralité des traductions des paroles ne figure pas dans le livret qui en donne toutefois des extraits significatifs ou un résumé. Bien entendu tout cela puise aux cinq continents mais ne cède pas trop pour autant aux clichés sonores habituels. Bref, si cela demeure une compilation, avec tout le côté superficiel que cela peut avoir sur un thème aussi vaste, elle est plutôt de bon niveau.

http://www.budamusique.com

* pour les non-cinéphiles, cette scène apparaît dans le film " L'histoire du chameau qui pleurait "


 

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