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Jean-Luc Matte
Infos mumuses

Chroniques CD
(6/16)

De temps à autre, l'un ou l'autre d'entre vous me fait parvenir son CD (y compris des démos) afin que j'en parle plus en détail dans mes infos, voici les chroniques ainsi rédigées depuis début 2004 (Tout ceci est indépendant des chroniques que je rédige pour Trad. Magazine).... 


Musiqu'a deux

"2 bals en poche"

J'avais repéré leurs deux précédents CDs sur le catalogue de la FAMDT, un ami qui passe depuis toujours ses vacances en Corrèze tout près de chez eux, m'avait parlé d'eux et j'avais plus récemment lu un article d'eux dans Trad. magazine (1), mais, jusqu'à ce troisième opus, je n'avais pas eu l'occasion d'entendre la musique de ce couple et duo. Dès le premier morceau j'ai su que j'avais eu tort : une bourrée bien montagnarde et bien pêchue, attaquée au violon et au diato, ce dernier se calquant très efficacement sur le style du violon. Le reste ne déçoit pas sur le CD n°1 dévolu au bal Centre-France : une musique réellement faite pour la danse et qui n'a besoin du soutien d'instruments rythmique pour vous donner envie de vous lever de votre chaise. Des mazurkas qui ont le balancement adéquat, jusqu'à la polka piquée qui évite de tomber dans le gnangnan habituel… Il n'y a qu'une bourrée à 2 temps qui soit un peu moins heureuse à mon goût. Le second CD rassemble les autres danses demandées en bal folk : contredanses , valses à 5 temps, rondeaux… (on échappe toutefois au breton…). Une bonne idée que d'avoir fait cette séparation et ainsi préservé l'identité du bal auvergno-limousin. Pas mal de cajun sur ce second CD en un style souvent un peu plus enjoué que l'original, ce qui n'est pas pour me déplaire mais ne satisfera peut-être pas les officionados de cette musique…

Le répertoire reprend un certain nombre de choses déjà entendues ici ou là mais toujours avec ce qu'il faut de personnalisation, d'arrangement et de montage en suites pour y redonner de l'intérêt et justifier une nouvelle interprétation. Quelques compositions de Jean-Yves viennent discrètement s'insérer dans ce programme..

S'ils ne sont que deux, on entend parfois davantage de voix (multipistes ?), voire de voix au sens propre du terme puisque Myriam et Yves chantent également parfois, encore un peu trop discrètement d'ailleurs, alors que l'une des plages à deux voix, sur le second CD, montre qu'ils pourraient viser un peu plus haut en ce domaine.

Chacun des deux manie divers instruments du violon au diato en passant par toute une floppée de cornemuses dont ils essaient de respecter les styles propres : chabrette, cabrette (avec chanterelle), musettes du centre, boha… Un souci de style que l'on retrouve d'ailleurs sur les autres instruments. Naturellement, il leur reste encore une marge de progression, mais tout cabrettaire qui écoute Dominique Paris, par exemple, sait qu'il lui reste bien du chemin à parcourir. Etant multi-instrumentistes ils ont davantage de chemins parallèles à emprunter mais ils ont déjà fait une grande partie du parcours, ce que l'on peut constater en écoutant les deux CD précédents, sur lesquels l'éventail instrumental est un peu plus réduit (en particulier en matière de cornemuse, davantage centrée sur les musettes) et le style parfois moins affirmé (quoique….). N'en déduisez pourtant pas que le récent double CD éclipse les deux précédents : s'il leur fait un peu d'ombre, il ne les rend pas inintéressant pour autant, en particulier pour le public des danseurs qui dispose ainsi de quatre galettes pour s'éclater dans sa cuisine (ou plus simplement dans sa tête). Mais le mieux reste sans doute de les écouter en bal et il est probable qu'avec ce CD au beau livret, auquel il ne manque qu'un distributeur, leur rayon d'action va considérablement s'élargir au-delà de la Corrèze et du Limousin…

(1) Trad. Mag. n°107

Rappels :

Jour de marché (1995)

Musiqu'à deux

Un CD qui s'ouvre sur une suite de sautières (danse limousine trop rare dans la discographie, à ne pas confondre avec les sauteuses de l'Auxois) cela me fait toujours plaisir… La suite demeure Centre-France : bourrées à 3 ou 2 temps, valses, polkas simples ou piquées, scottisches et mazurkas. Seules les deux dernières plages cèdent au répertoire plus large de bal folk… Un répertoire qui puise dans les traditionnels connus et les compositions déjà reconnues (de G.Chabenat, J.F. Vrod, D. Champion, J.C. Blanc). Dommage que le livret soit si minimaliste… Musette Béchonnet, violons , diatos et une pincée de caremère constituent l'instrumentation du premier opus du duo (une seule plage comporte du chant). Quelques petites imperfections de jeunesse viennent chatouiller mon oreille par ci par là (des approximations dans le jeu de cornemuse dues à un léger manque de technique) mais déjà d'un bon niveau, voire d'un très bon niveau sur certains passages notamment sur des bourrées des montagnes qui, à elles seules, valent déjà le détour…

 

Jour de marché vol.2. (1998)

L'esprit reste le même avec une bonne partie du CD Centre-France et quatre plage sur la fin dédiées à des choses plus irlando-québéco-cajuns (1). L'instrumentarium s'élargit un peu (notamment 16,14 pouces et Béchonnet pour les cornemuses, apparition de la vielle), davantage de morceaux chantés également (le CD s'ouvre d'ailleurs sur une scottisch chantée). Deux invités, Nelly Lameyre au violon et Fabien Gendraud au chant, interviennent chacun sur un titre, on les retrouvera à peine moins discrètement dans le dernier double CD. Le style et la technique s'affinent… Et une première composition de Jean-Yves (mazurka " En attendant l'orage "), est timidement placée en clôture du CD….

(1) ça s'accorde au féminin cajun ?....

Autoproductions

Jean-Yves et Myriam Lameyre

"Laussine" 19160 LaMazière-Basse

05-55-95-94-49

yves.lameyre19@wanadoo.fr


LES MOURRES DE PORC

CHANTS DE MARINS DE MEDITERRANEE

1 - Le Golfe du Lion

Les Mourres de Porc

 

C'est tout récemment seulement que j'ai eu l'occasion d'écouter le précédent enregistrement des Mourres de porc (littéralement Les têtes de cochon, nom d'un bateau traditionnel sétois en allusion à la forme d'un de ses élements) et j'avoue que je n'avais pas été enthousiasmé à la première écoute, en particulier par la première plage très kitsch année 50, un tantinet chauvine célébrant ces fameux bateaux et leur contexte…et je sais que je n'ai pas été le seul à avoir ce sentiment.

Ca commence mal avec ce second opus qui reprend la même chanson en première plage (1), mais, heureusement, le reste est tout différent, l'occitan prend le relais du français, les voix reprennent de l'accent, du timbre, de l'énergie, tout cela sur fond de hautbois languedocien (quelle belle sonorité, surtout aux mains de Philippe Carcassès ou d'Alain Charrié, venu en voisin sur une plage…) et de tambour tradtionnel (Jean-Louis Zardoni), voire le soutien d'un diato, d'une discrète flûte traversière et de quelques cordes. C'est que les Mourres de Porc s'attaquent à un vaste projet d'anthologie de chants de marins de la Méditerrannée sur le modèle de la fameuse anthologie du Chasse Marée. C'est d'ailleurs Michel Colleu, cheville ouvrière de cette dernière, qui signe l'intro du livret et celui-ci, anthologie oblige, n'est pas avare d'articles sur la côte du Golfe du Lion et ses pêches soit dans les étangs soit en pleine mer (deux mondes distincts), sur la musique des joutes, sur la convivialité des baraquettes et, naturellement, sur chacune des 20 plages du CD (dommage que les paroles ne soient ni données en version originale ni traduites.)

Alors, même si, comme moi, vous n'aviez pas été vraiment convaincu par le précédent, jetez tout de même une oreille à celui-ci, plus trad. et qui vous fera peut-être attendre les suivants, numéro 1 oblige…. Et puis, après avoir écouté celui-ci, je suis un peu revenu sur mon jugement quant au précédent…(après l'avoir, naturellement, réécouté…)

(1) le livret nous apprend que cette chanson écrite en 1952 a été adoptée par les pêcheurs sétois.

Dist. L'Autre Distribution

Rappel :

et pour Philippe Carcassès, voir à partir de Corne d'aur'oc Brassens chanté en sétois (2003) et Brassens chanté en langue d'oc (vol.2 -2007)


Wang Li

"Guimbarde"

Le premier vinyl 33t que je me souviens avoir acheté était le spécial instrumental Guimbarde de John Wright au Chant du monde (et je l'ai toujours…). J'y avais appris pas mal de choses sur l'instrument et son utilisation, en particulier qu'il n'était pas nécessaire d'exciter la lame de la guimbarde à chaque note et que l'inversion du souffle permettait tout aussi efficacement de séparer les notes. J'ai appris récemment qu'il y avait d'autres manières de procéder (notamment en faisant travailler la glotte) qui doivent être détaillées sur une méthode en CD (1) . Entre temps, Tran Quang Haï a édité en 1997 un CD dédié à cet instrument qui connaît depuis quelques années un regain d'intérêt

Je déplore toujours que les musiciens qui utilisent la guimbarde sur scène ne puissent s'empêcher de faire l'étalage de ses effets faciles plutôt que de faire simplement de la musique, ce qui est moins spectaculaire mais beaucoup plus ardu et, en tout cas, artistiquement beaucoup plus intéressant… Le CD de Wang Li évite cet écueil et ne cherche pas à faire de l'esbroufe : aucune plage ne multiplie gratuitement les effets. Il ne joue pas non plus la virtuosité gratuite et il en déroutera peut-être certains car les morceaux sont souvent peu mélodiques au sens où nous l'entendons : ils suivent souvent avec constance une déclinaison de la rythmique de la percussion de la lame. Il faudra attendre la onzième plage pour entendre un beau 6/8 qui vous évoquera certainement quelque jig mais dont le livret nous livre, en une ligne, que l'inspiration en est plutôt érotique… Ce n'est pas la seule plage sur ce thème d'ailleurs mais je ne suis pas certain que vous découvrirez lesquelles sans le recours au livret… Précisons d'ailleurs que tous les morceaux sont des compositions, Wang Li ne se réclamant pas des musiques traditionnelles qu'il estime ne pas connaître suffisamment bien pour les interpréter.

Il est d'ailleurs vraiment dommage que le livret ne précise pas quel type de guimbarde est utilisée sur chaque plage et que l'on ne dispose d'aucune autre photo que celle de la couverture…(la guimbarde de la plage 2, par exemple, a une sonorité très particulière qui donne envie d'en savoir plus).

Mais je ne vous ai toujours pas précisé que Wang Li est un jeune artiste chinois exilé actuellement en France, et qui cultive une relation toute particulière avec la guimbarde et sa musique. Je vous conseille d'ailleurs la lecture de son interview dans le n°27 d'Ethnotempos ou la visite de son beau site http://aspiration.free.fr/ consacré naturellement à la guimbarde mais également aux flûtes chinoises et sur lequel vous trouverez, entre autres, les références de son précédent CD.

Cinq Planetes Dist. L'Autre Distribution

(1) Méthode de guimbarde - Instrument de parole - Stéphane Voisin tradi_son@yahoo.fr

Voir également une importante discographie de l'instrument à la page http://danmoi.de/shop/index.php?main_page=index&cPath=47_1 de ce site allemand


Bouffard-Chabenat

Tour à tour

Un duo qui est un des événements marquants de l'année 2006, comme en témoigne ce CD et leur concert à Saint-Chartier : la rencontre de deux de nos cinq vielleux les plus réputés (en l'écrivant ainsi il y en a bien une dizaine qui pourront se reconnaître au sein des trois autres, je ménage les susceptibilités…). Une rencontre dont on s'étonne qu'elle ne soit pas faite plus tôt, vu, entre autres, les bonnes relations de toujours entres Chavans et Thiaulins. Il a déjà pas mal été écrit autour de ce duo et notamment sur ces deux vielles fabriquées à un siècle d'intervalle, la traditionnelle xxx de P. Bouffard et la moderne D. Siorat de G. Chabenat. A l'écoute, cette différence permet tout d'abord de distinguer immédiatement chacun des deux vielleux et de vérifier que ce choix d'instrument reflète bien l'esprit de chacun des deux musiciens : P. Bouffard au jeu très efficace, le plus souvent proche de la danse, G. Chabenat aux sonorités plus grave, davantage attaché aux accompagnements. Mais bien entendu, aucun des deux n'est prisonnier d'un style unique et les différentes plages le prouvent s'il en est besoin, alternant duos, pièces solistes et, sur la fin, participation de quelques invités amis de toujours. Le répertoire est essentiellement constitués de standards : mélodies traditionnelles bien connues (et bien choisies) ou compositions depuis longtemps adoptées par de nombreux musiciens tel " Avant de s'en aller " de P. Imbert, Mais nos deux vielleux savent suffisamment bien revisiter ces classiques et prouvent que l'interprétation peu primer sur le thème comme on a pu le constater lors du concert de Saint-Chartier avec leur interprétation d'Au Clair de la lune que l'on retrouve bien entendu sur ce CD. Pour le reste, même s'ils ne cèdent jamais au modernisme à tout crin (tout cela reste toujours très acceptable par des oreilles habituées au trad.) on peut se demander si deux vielles ont jamais sonné de la sorte : superbes sonorités (merci, là encore aux luthiers, d'hier et d'aujourd'hui mais également aux deux musiciens qui ont su les régler aussi bien), virtuosité toujours utilisée à bon escient, arrangements soignés et originaux (même si les superpositions deux temps sur trois temps sont devenues maintenant un standard chez les vielleux…) et cadences irréprochables…

ed. Modal Plein Jeu, Dist. L'Autre Distribution

Voir photos du concert à Saint-Chartier 2006 sur http://musette.free.fr/stchart/ch06chb1.htm

Rappels (très partiels) :

Patrick Bouffard :

Celui-ci est une compilation d'interventions de P. Bouffard sur des albums d'autres groupes, d'Ambrozijn à Pigalle en passant par Scart, Maria Perzil, Brank Shme Bleu, Sid, Trio Apollo...

+ les disques de La Chavannée

Gilles Chabenat : voir à partir de


La Talvera

"Cants e musicas del pais de Lodeva"

La Talvera nous offre un CD entièrement constitué d'inédits, qui s'en plaindra ! Pour ce faire, ils ont puisé dans les collectages d'un certain Jules Calvet, réalisés dans la région de Lodève au milieu du XIXème siècle et qui ont été récemment retrouvés… à la BNF. Cela dit, ils interprètent ces 16 morceaux avec leur sonorité propre et actuelle, sans chercher à faire de la reconstitution. Mais comme ils sont toujours très pointilleux, le livret indique, pour chaque morceau, les infidélités faites au recueil et les justifications de celles-ci (souvent parce que la connaissance de la tradition qu'ont les gens de la Talvera leur permet parfois de supposer que le collecteur a un peu trahi le matériau collecté…). Un seul instrumental et quinze chansons, le plus souvent en occitan, qui nous permettent d'apprécier à nouveau le timbre si particulier et l'énergie de la voix de Céline Ricard. Celle-ci souffle également dans divers instruments tandis que Daniel Loddo manie comme à l'habitude, hautbois, bodega, diatonique et bien d'autres choses. Autour d'eux on retrouve Fabrice Rougier à la clarinette et au sax baryton, Serge Cabau aux percussions, Paul Goillot sur des instruments plus exotiques et.. Tony Canton (de Tonynarra) au violon.

Leur musique est toujours un joyeux capharnaüm (sans rien de péjoratif…) ou, autour des instruments principaux, diverses petites percussions en apparence anodines créent une véritable polyrythmie bien plus structurée qu'il pourrait y paraître (Daniel Loddo n'a ainsi jamais renié ses débuts dans Riga Riga…) et puis il y a cette cadence festive, toujours bien présente. Une chanson en français (ou presque) est traitée à la québécoise (rythme des battements de pieds d'Outre-Atlantique, violon et harmonica)… mais sonne toujours furieusement occitan ! Et puis, pour finir en beauté, Céline Ricard chante une longue histoire de retour de guerre, presque a capella : de quoi nous faire craquer…

 

C.O.R.D.A.E./ La Talvera http://www.talvera.org

Dist. L'Autre Distribution

Rappels : la discographie du groupe La Talvera est importante (celles de l'association encore plus, voir par exemple les 2 CD chroniqués juste ci-dessous ou le premier volume de l'anthologie de l'accordéon traditionnel occitan). Citons :

Pampaligossa

Far Res O Re Fa Creacions de Daniel Loddo

Poble mon poble (Dist l'Autre Distribution)

Voir également la chronique de leur CD suivant : "Bramadis"

2005 "Quincarelet"

leur double CD sur les Noëls occitans (un CD collectage et un d'interprétations par La Talvera)

Lire la chronique de leur DVD sur la danse vol.1

Octobre 2009 : "Sopac e Patac"

etc...

Voir photos du concert à Saint-Chartier 2004 sur et celle d'un bal à Rabastens en décembre 2008


C.O.R.D.A.E./ La Talvera

"Charmeurs d'oiseaux et siffleurs de danses

Albigeois, Lauragais, Rouergue, Quercy"

Comme pour la plupart des publication de La Talvera, doit-on classer cet album parmi les CD (c'est là que vous le trouverez chez votre disquaire) ou parmi les livres puisque le CD proprement dit est encarté dans un véritable livre de 128 pages au format 12 x 12 cm à couverture rigide dont la lecture est naturellement indispensable pour profiter pleinement des documents sonores figurant sur le CD ? Lire d'abord l'introduction, pour se plonger dans le sujet, là vous aurez certainement envie de passer tout de suite à l'écoute du CD, vous pourrez donc mettre celui-ci sur la platine, sauter un bon nombre de pages du livret (nous y reviendrons plus tard) et écouter chaque plage en lisant le commentaire, les paroles des chansons mais également toutes les parties parlées, en occitan et dans la traduction française qui en est systématiquement donnée. De temps à autre il vous faudra d'ailleurs appuyer sur pause, lorsqu'il est plus long de lire que d'écouter… Vous découvrirez ainsi toutes les facettes du sujet, les imitations d'oiseaux, les mimologismes (formules imitant le cri d'un animal), les airs à danser sifflés, les chansons mettant en scène les oiseaux et jusqu'au sifflement pour faire saillir les bovins. Tout cela est agencé avec goût afin de ne jamais lasser l'auditeur. Tous les documents présentés sont d'excellents témoignages : les imitateurs font preuve, outre de leur talent vocal, d'un sens remarquable de l'écoute. Les chanteurs sont souvent excellents (celui de la première plage me rappelle bougrement le style de Louise Reichert) et vous ne pourrez résister à une seconde écoute, toujours livret en main, mais afin de découvrir, cette fois, la "biographie" de chaque interprète, dans les pages que nous avons sauté tout à l'heure… Bref, voilà un CD qui va vous occuper pleinement pendant quelques heures et que vous aurez ensuite le plaisir de pouvoir écouter de manière moins attentive puisque vous serez totalement en pays de connaissance…

C.O.R.D.A.E./ La Talvera http://www.talvera.org

Dist. L'Autre Distribution


C.O.R.D.A.E./ La Talvera

"Repentistas Nordestinos

Troubadours actuels du Nordeste du Brésil"

Comme le précédent, ce CD (double !) est, tout d'abord un véritable livre (96 pages d'écriture dense… attention les yeux) qui commence par conter comment trois membres de l'association (Daniel Loddo et Céline Ricard naturellement, mais également leur collègue Thierry Rougier, auteur d'une thèse de doctorat en ethnomusicologie sur le sujet) ont mené leurs collectages sur les repentistas au Brésil. Sur la base de cette trame narrative, sont abordés les différents aspects de ce genre musical (littéraire, musical, social, son évolution etc…). Puis sont présentés les différents chanteurs et, enfin chacune des plages.

Dès les premières paroles, pas de doute possible, nous sommes bien au Brésil avec cet accent si coloré. L'accompagnement, réalisé sur une sorte de guitare (viola), est relativement sommaire et on sent bien que ce style s'appuie avant tout, sur les textes, ces textes improvisés à tour de rôle par les deux chanteurs sur un thème fourni au dernier moment et avec de fortes contraintes (nombre de pieds, rimes, voire mélodie…). En effet, le chant scande les paroles de manière à ce que celles-ci soient bien compréhensibles de l'auditoire. Entre chaque intervention, la viola joue une courte formule un peu plus mélodique. Il est d'ailleurs paradoxal que le Repentista, malgré cette priorité donnée texte sur la musique, jouisse, en ce moment, d'une certaine popularité en Europe, y compris auprès d'un public pas forcément lusophone et qui passe donc à côté de ce qui constitue l'interêt premier de ces performances. Mais le simple fait de savoir qu'il s'agit d'improvisation, même sans en comprendre toute la richesse (si le livret donne toutefois la plupart des traductions, il nous manque toute la connaissance du contexte pour vraiment apprécier (1)), ajouté à la musique de la langue et à une certaine fascination née de la répétition des mêmes formules musicales finit par prendre l'auditeur et lui permet d'écouter ces deux CD. La Talvera a d'ailleurs bien fait les choses en insérant quelques plages qui sortent un peu du thème et permettent de ne pas sombrer dans la monotonie. Celles-ci permettent, par exemple, d'appréhender ce qu'est le "coco", autre style musical chanté des mêmes régions, accompagné au tambourin et dont on reconnaît vite l'influence qu'il a pu avoir sur les Fabulos Trobadors... Quelques autres cas un peu particuliers abordés dans le livret sont également illustrés sur les CDs : repentistas fémines, repentistas de plage (pour touristes) etc… Ici aussi, quelques heures sont nécessaire pour tout lire et écouter : bien mieux que de regarder n'importe quoi à la télé non ?

 

C.O.R.D.A.E./ La Talvera http://www.talvera.org

Dist. L'Autre Distribution

(1) le livret fait d'ailleurs bien comprendre que la vivacité de cette tradition ne se mesure pas seulement au fait que de nombreux artistes la perpétuent encore, mais également au fait que les auditeurs sont capables d'en copmprendre et d'en apprécier toutes les clefs, toutes les finesses : un aspect des choses très important et que l'on oublie souvent en matière de traditions…

 

Rappels

C'est le troisième CD consacré aux musiques du Brésil de la part de La Talvera mais je dois avouer que je ne connais pas les deux autres. Ils est également question de Repentistas dans les actes du colloque de Gaillac 2003 sur les Chansonniers dont ils sont coéditeurs, et dans ceux du colloque de Cordes 1996 sur les musiques d'Amérique latine dont ils sont éditeurs.

Pour ce qui concerne les autres publications de La Talvera, elles sont bien trop nombreuses pour que je vous en fasse un rappel : je vous renvoie sur leur site internet http://www.talevera.org

Sur le même thème, chez d'autres éditeurs, citons :

- " Cantadores Repentistas " chez Buda : Un seul duo, un livret moins épais mais dont les explications se recoupent bien avec celles de la Talvera

- " Repentistas - Gardiens de verbes et de vaches " ed. Accords Croisés 2005 : attention, ici on est à Cuba et non au Brésil comme on peut s'en rendre compte dès quelques secondes d'écoute. Il y est également question d'improvisateurs mais la forme en joute y est bien moins présente et l'accompagnement instrumental bien plus sophistiqué (véritable orchestre) et si le CD a le même format petit livre à couverture rigide que ceux de la Talvera, les textes sont bien moins denses à l'intérieur.


Sourdine

Sourdine Remy Decker

Sourdine est un trio acoustique qui ne s'embarrasse ni de références précises à telle ou telle tradition ni d'indications sur les danses éventuellement praticables sur leur musique et pourtant, chacun reconnaîtra, dans leurs compositions des styles souvent plutôt irlandais (normal lorsque le trio utilise low-whistle ou uillean-pipe, violon et guitare…) tantôt plus à l'est lorsque les rythmes se font discrètement asymétriques et tantôt plus trad. actuel. Malgré l'absence d'indication, les danseurs auront sans doute envie de tenter une valse à 5 temps par ci, un cercle par là etc… Mais je ne vous ai pas présenté ces trois musiciens : Remy Decker est une des plus sûres valeurs montante de la cornemuse en Belgique (et ailleurs). J'ai eu l'occasion de chroniquer pour Trad. Magazine le CD de son groupe Grif et je suis certain qu'il n'a pas encore donné le meilleur de lui-même au travers de ses productions discographiques (si j'en crois quelques enregistrements pirates que l'on m'a fait entendre…). Il a provisoirement abandonné ici sa 16 pouces pour diverses flûtes, un uillean pipe et une cornemuse à anche simple sur une plage. A ses côtés oeuvrent Wim Baeck au violon et à la mandoline (notons, entre autres, une plage de violon solo très efficace, toute en doubles cordes) et Filip Lambrecht à la guitare acoustique DADGAD, un peu en retrait puisqu'assurant logiquement les accompagnements mais dont le jeu mérite l'écoute plus attentive (j'ai également chroniqué dans Trad. mag. le CD d'un autre de ses groupes : Camaxe, musique galicienne).

Sourdine : reste à savoir pourquoi ce nom paradoxal….

http://www.sourdine.be

Wild Boar Music, Appel Records

Rappel :


En duo avec Marteen Decombel "Fil d'air" Appel Records 2007


L'Attirail

BO du film "Mon meilleur ami"

Il n'est pas dans mes habitudes de vous parler de musique de film, mais l'Attirail est un groupe qui, tout au long d'une discographie plutôt fournie s'est toujours inspiré largement des musiques traditionnelles d'Europe de l'Est, sans jamais, toutefois, faire référence à une tradition particulière parmi celles-ci. D'où des titres d'albums faisant allusion à des entités mi réelles mi-imaginaires telles ces "républiques autonomes" de leur premier opus.

Ce n'est pas la première fois qu'ils collaborent avec un cinéaste et ils avaient, par exemple, déjà signé la BO du film " Peau Neuve ". La musique de film est d'ailleurs un genre un peu particulier puisque la bande son doit soutenir l'image sans jamais l'étouffer : il faut un style cinématographique aussi exubérant que celui de Kusturica pour supporter sans dommage certaines des musiques de fanfares balkaniques qu'il y adopte. Pour le présent film (de Patrice Leconte avec Daniel Auteuil et Dany Boon), l'Attirail fait montre de davantage de discrétion dans le maniement des rythmes impairs, de l'accordéon, de la batterie, de la clarinette, des cuivres et de quelques autres sonorités, ce qui sied probablement mieux à ce film (à en juger par ce qui en est dit dans la présentation puisqu'il n'est pas encore sorti à la date où je rédige ce texte : sortie le 20 dec 2006) . Cette très relative retenue n'empêche toutefois pas les musiciens de s'exprimer et on notera, par exemple, quelques chorus, de trompette ou de guitare. Mais d'une manière générale, la connotation Europe de l'Est se fond avec d'autres influences et notamment un petit côté musette parisien nostalgique (l'accordéon est très présent et on ne sait rapidement plus très bien si ses sonorités sont tziganes ou parisiennes) et tout cela évoque finalement beaucoup certaines ambiances de Yann Tiersen.

A noter que, pour une fois, le livret du CD parle du groupe et de sa musique et pas du film : Patrice Leconte y explique comment il a découvert l'Attirail et la page de "générique" est bien celle des musiciens, auteurs, compositeurs et ingénieurs du son et non celle du film. Celui-ci est simplement présenté par quelques photos sans légende qui semblent montrer qu'il s'agit d'une histoire parisienne sans lien avec l'Europe de l'Est…

Dist. L'Autre Distribution

Rappels :

* Musique des républiques autonomes

* Dancings des bouts du monde (dist Socadisc)

* BO du film " La peau neuve " (Naïve)

* La Bolchevita (Naïve)

* Cinéma ambulant (Naïve)


Floes

"Belovodia"

CD flamand Floes de Guido Piccard

 

Je ne connaissais Guido Piccard que de nom, comme joueur d'épinette flamand (de Belgique). Ce n'est pas avec ce CD que je pourrai l'écouter à l'épinette puisqu'il n'y joue que du cistre façon un peu bouzouki irlandais .(il n'y a donc pas que dans le Nord que les joueurs d'épinette s'intéressent également au cistre…) mais il est surtout le compositeur et l'arrangeur de tous les morceaux de ce CD de chansons flamandes dont les couleurs oscillent assez entre celles des chansons irlandaises et celles des chansons scandinaves. De Rum à Laïs, quelques groupes flamands ont su nous convaincre que leur langue peut être musicale malgré sa rudesse apparente, tout comme l'est le gaélique d'ailleurs. Soetkin Collier (l'une des deux chanteuses actuelles d'Urban Trad, celle qui n'avait pas participé à l'Eurovision) nous le prouve à nouveau et ce CD aurait presque pu sortir sous son nom tant sa voix y tient la place d'honneur, soutenue de temps à autre par celle de Silvie Moors. Elle retrouve également pour la soutenir le guitariste d'Urban Trad Philip Masure. Quant à Toon Van Mierlo il ajoute un peu de souffle à toutes ces cordes en assurant les parties d'accordéon, saxophone et cornemuse (un peu de uillean pipe et ce qui doit être, à l'oreille, une flamande mais qui, sur une plage, associée à la sonorité d'un saxo, produit une sonorité très uillean pipe). La présentation du CD m'apprend que les textes de ces chansons "racontent les conditions misérables de l'époque de Daens au dix-neuvième siècle et début du vingtième siècle en Flandres." Mais comme je n'en ai pas les traductions, je me contente d'écouter sans comprendre et cela suffit déjà à me contenter…

Homerecords : http://wwww.homerecords.be

Retrouvez ce groupe et quelques autres dont je vous ai entretenu ici ou dans les chroniques de Trad. magazine sur le site http://www.loecker.be

Voir ma chronique du CD de Soetkin Collier "Nocturne"


Tricycle

"King Size"

Tricycle CD jazz musique du monde

Il est souvent fait mention des liens, des affinités entre musiques traditionnelles et jazz, ce dernier trouvant, c'est bien connu, ses racines dans un mélange de traditions. Mais il faut bien reconnaître qu'un fossé s'est souvent creusé entre ses deux styles de musique, les musiques trad étant surtout mélodiques tandis que le jazz est de plus en plus tourné vers les harmonies, n'utilisant souvent les thèmes musicaux que pour leurs grilles d'accords et je dois dire que dans ce cas j'ai parfois du mal à accrocher. J'apprécie donc tout spécialement le type de jazz que nous offre Tricycle, très mélodique, ne cachant pas quelques emprunts aux musiques trads, voire au musette, au sens non péjoratif du terme. Rien d'étonnant à tout cela d'ailleurs puisque l'on retrouve parmi les musiciens de ce trio belge le contrebassiste Vincent Noiret récemment entendu sur les CD Amorroma et Les Tisserands que je vous ai chroniqué il y a peu et qui a également joué avec Ialma, Luc Pilartz, Daziobao…Mais il ne suffit pas d'une contrebasse pour donner la couleur musicale d'un groupe et les deux autres coloristes de ce trio sont Tuur Florizoone, un accordéoniste qui a commencé en autodidacte sur des pistes de cirque avant de se mettre un peu plus sérieusement au jazz et, dans le rôle du souffleur, Philippe Laloy (saxos et flûte) (1) également entendu récemment sur le CD "Les Tisserands" et présents sur bien d'autres de Karim Baggili à… Maurane . Parmi les trois invités du trio figure également le remarquable percussionniste Stephan Pougin que j'avais personnellement découvert à l'époque de Panta Rhei…

Chaque plage décline une ambiance différente, musiques d'autant de cours-métrages qui n'auraient finalement pas besoin d'images… Toutes les plages du début du CD sont un vrai régal et j'ai une petite préférence pour "Epilogue " à l'ambiance vraiment prenante et je suis ensuite presque déçu par certains passages de la seconde moitié du CD qui retournent à un jazz relativement plus classique… Je dis bien "relativement" car cela reste tout de même toujours très agréable à écouter mais je ne peux m'empêcher de retourner à certaines plages du début, parfaitement orchestrées et où les chorus sont discrètement fondus dans la trame générale. Bref, ne vous laissez pas rebuter par la pochette à faire peur et par le titre "MacDo", le contenant n'a rien d'indigeste…

http://www.tricycle.be

Homerecords : http://wwww.homerecords.be

(1) Oui, de la famille de Didier Laloy et ils ne sont pas les seuls musiciens de cette famille puisque je viens de trouver sur internet qu'il y a encore Genviève Laloy qui fait de la chanson jeune public, accompagné par… Philippe, V. Noiret, S. Pougin… Et également par Sophie Cavez (Dazibao, Urban Trad) : décidément la Belgique est un petit pays. Elle enregistre naturellement aussi chez Homerecords…

Rappels : Vincent Noiret voir à partir de Nisia "Eredita" (2013)

Stephan Pougin :

Voir les albums de Panta Rhei à commenceer par " Hopa ! "

(les autres sont sur la même page)

Participation à l'album de Tom Theuns "Songs from the river"

Aurélia : le trio d'Aurélie Dorzée, Tom Theuns et Stephan Pougin voir à partir de la chronique des deux premiers : " Festina Lente " et " Hypnogol "

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Geneviève Laloy " Hirondelles "

Intermezzi "Dos"

Jacques Pirotton "Stringly 612"
 


Les Manufactures Verbales

"12 Sonnets de B Manciet"

 

J'aime beaucoup le nom de ce groupe (tout comme celui de la " Fanfare à mains nues " d'ailleurs, un peu dans le même style…). Ceci doit être leur second CD (à ma connaissance) et il est consacré, comme son nom l'indique, à un seul auteur, occitan, Bernat Manciet (1923-2005) et à une seule forme poétique, le sonnet qui, si mes souvenirs d'école sont encore bons, est un texte en vers composé de deux quatrains puis deux tercets. Le nombre de pieds des vers n'est pas fixé mais doit être homogène à l'intérieur du sonnet. Ceux-ci, écrit sur des thèmes variés, sont naturellement en occitan mais ont été traduits en français par leur auteur. Et c'est là que le travail des Manufactures Verbales est très intéressant car leur interprétation est réellement bilingue, c'est à dire qu'elle n'ajoute pas à la version occitane la prothèse d'une traduction française comme un sous-titre à un film en V.O. mais qu'elle mêle intimement les deux versions, tout comme elle mêle les phrases chantées et les phrases parlées de telle sorte que ces dernières paraissent tout aussi musicales (la musique de la langue mais pas seulement…). Les Manufactures Verbales, dirigées par Jakes Aymonino et comptant en leurs rangs, entre autres, Joan Francès Tisner et Enric Marliangeas, sont un groupe purement vocal plutôt expérimental et, à la première écoute, je me suis interrogé pour savoir si, finalement, outre la langue occitane, il demeure réellement un lien entre la chanson traditionnelle et cette œuvre, bâtie sur des textes du XXème siècle et dont les styles musicaux (plutôt variés) oscillent entre musique contemporaine et musique ancienne en passant par le jazz vocal. C'est au fil des écoutes, et du plaisir croissant qu'elles m'ont apporté, qu'il m'a semblé percevoir que, même si ces chanteuses et chanteurs, ont souvent une technique vocale nourrie à d'autres styles, il ressort de l'ensemble une sincérité, une apparente simplicité (parce que derrière on perçoit bien une technique très aboutie) qui touchent l'amateur de musiques traditionnelles, même lorsque les accords se tendent un peu.

Menestrers gascons http://www.menestrersgascons.com

Rappel : "Le catalogue" des Manufactures verbales. ed. Modal


Caravasar
" Alminares Mediterraneos "

Une fois encore, voici un CD qui mérite d'être écouté mais desservi par une pochette particulièrement abstraite qui ne vous permettra pas de savoir de quel type de musique il s'agit (on pencherait plutôt pour du new-age…) et qui ne vous permettra pas d'associer des images à cette musique. Vous ne pourrez donc vous référer qu'à vos oreille pour capter la personnalité de ce groupe et, heureusement ils n'en manque pas à ce groupe espagnol qui interprète une musique très orientalisante à l'image de la partie d'oud qui ouvre l'enregistrement. Cela tombe bien car, parmi les instruments à cordes pincées, c'est sans doute celui dont la sonorité me touche le plus, davantage que ce qui doit être un saz, dont les sonorités très métalliques et " zinguantes " des cordes viennent en contrepoint à celle des boyaux de l'oud. Celles du santur, également métalliques présentent par contre une dynamique toujours intéressante. Mais il y a également des souffleurs dans le groupe, qui ne dissimulent pas ce souffle d'ailleurs, au sein des sonorités chaudes de leurs ney, clarinette ou sax soprano. Ce sont eux qui dévoient à une ou deux reprise la musique du groupe dans des chorus un peu plus "free". Car, en dehors de ces quelques moments plus débridés, la musique de Caravasar respecte cette capacité de la musique orientale à être quasi-méditative, reposante et, en même temps, extraordinairement expressive et prenante dans la moindre de ses notes… Il ne faut pas que j'oublie également de citer le violoniste qui chante également vers la fin du CD et le percussionniste, discret mais efficace et original et dont le jeu mérite une écoute attentive rien que pour écouter ses parties.

Resistencia : http://www.resistencia.es/

Une petite recherche sur internet m'a permis de savoir que ce CD est le second du groupe après "La ruta de la seda" (1998)


 

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