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Jean-Luc Matte

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Les citations de la semaine

Année 2008 (dans le désordre)

Chaque semaine, je livre à votre sagacité, une citation dont l'auteur est a découvrir. Ci-dessous une petite compilation de celles-ci ainsi que quelques autres extraits que je vous ai livrés sans vous faire chercher... 

Note : la plupart des citations me sont désormais proposées par mes lecteurs, de même que certains des commentaires figurant ci-dessous, encore merci à eux...

Naturellement, il y a parmi ces citations des choses que j'approuve pleinement, des témoignages anciens intéressants mais également des vues romancées plus tardives et des perles volontaires ou involontaires à prendre au second degrés...


"Joseph de Beaucaire s'est fait façonner une cornemuse d'après ses instructions de sorte que, seul le souffle des ses puissants poumons, peut l'actionner valablement. Cette musette est connue dans tout le pays : elle est en si bémol, avec basses notes, un sac de cuir volumineux recouvert d'une enveloppe en velours de soie noire, un montant en bois des îles à une extrémité, deux flûteaux à large pavillon pour le doigté et un gros et long bourdon pour l'accompagnement, enfin, l'embouchure est un tube en argent."

"Le Marquis Joseph de Beaucaire - 1807-1879 - Sa vie ardente et intrépide au Pays du (sic) Tronçais" (page 82), de Roger Chassaingt, auto-édité par le même en février 2000

Comme vous pourrez le juger, cette citation rappelle fortement ces phrases écrites quelques années plus tôt à la page 24 de "Encore une sauteuse, Monsieur le Marquis", de Jean-François "Maxou" Heintzen (Edition AMTA, 1987) :

"Ses moyens le lui permettant, il s'en fit faire une à sa taille, disait-il : plus grande que la moyenne, évidemment. En "bois des îles", avec des bagues d'étain, un hautbois en cormier, et un beau velours pour la poche, elle sonnait plus grave que celles de ses congénères."

Mais vu que certains passages de la première citation n'ont pas vraiment de signification pour quiconque s'y connait un peu en cornemuse, il n'est pas possible de confondre l'original et la copie. Tout l'ouvrage de Roger Chassaingt (Attention, ne surtout pas confondre avec Jean-François Chassaing !) est, paraît-il, du même tonneau, et même la bibliographie s'inspire visiblement de celle de Maxou.


" D'accord ca ne nourrit pas son homme... Qui mange le vent de sa cornemuse n'a que musique en sa panse. Déjà, ce n'est pas si peu. La verite ne se mange pas ? La musique non plus. Mais je dis, moi, que la poésie se mange. Ici, des mots seuls on vous jacte et ce n'est pas encore poèmes ; mais enfin, des poèmes, qui sait où ça commence... "

était tirée de "La Langue verte" de Géo Norge, poète belge d'expression française (1898-1925), de son vrai nom Georges Mogin, dont l'oeuvre, rédigée dans un style tantôt soutenu, tantôt truculent, est en partie inspirée par le folklore de son pays.


"Nos bien-aimés musiciens, ils savent très bien leurs chansons, ils ont des tas d'instruments.... Dieu les bénisse, ils sont toujours là quand nous avons besoin d'eux... mais qu'est-ce qu'ils m'ennuient !

Pardonnez-moi, c'est l'alcool sans doute, mais j'entends plus de musique dans votre harmonica que dans tous leurs instruments. Parce que vous ne savez jamais la note que vous allez faire l'instant d'après. Mille fois jouez la même ritournelle, que mille fois elle soit unique. Or nos bien-aimés musiciens, ils sont prévisibles. Ils font correctement les

gestes sur leurs instruments. Mais moi, je n'appelle pas ça de la musique. Pour moi, c'est du métier à tisser."

"Klezmer 1 Conquête de l'Est", BD de Joann Sfar chez Gallimard,. C'est un rabbin qui parle dans l'histoire. A la fin du livre, dans les notes Joann Sfar explique

"Je crois que les populations humaines ont besoin d'amitié. Lorsque des hommes sentent qu'on ne les aime pas, ils inventent le blues ou la musique manouche ou le klezmer.

Ils rendent ainsi leur condition compréhensible aux autres. Leur langue s'adresse désormais à tous et du sein des communautés les plus autarciques s'élève alors un chant universel. Tendre la main au voisin

ce n'est pas rien. Si le klezmer se joue encore aujourd'hui, et avec quelle énergie, et avec tellement de non-juifs sur scène et dans le public, c'est chouette. ça signifie que plein de gens sont disposés à porter un peu de mémoire

juive à la place des juifs. Et du coup, le klezmer cesse d'être une musique faite par des juifs pour des juifs. On quitte le folklore, on danse tous en picolant, on s'amuse bien. A titre personnel, je ne demande rien d'autre."

 

Il dit également "Les mélodies consistent souvent en des ritournelles assez courtes et faciles à mémoriser ; on les répète jusqu'à l'ivresse, changeant le tempo selon l'inspiration. Ensuite, il ne reste qu'à s'acheter un clarinettiste ou un violoniste et à les laisser faire tout le travail"

et un croquis montre un guitariste qui dit à un clarinettiste :"Ecoute, Fabien, y a pas plus simple : moi je fais oumpa oumpa sur ma guitare et toi tu joues le morceau."


" Il a pris sa cornemuse est c'est mis à jouer. Et là, sur la musique de l'anche enchantée les pattes des loups n'ont pas pu rester immobiles, les loups se sont mis à danser !!! "

Tirée du conte populaire " Jean des Paniers ", dont le texte en entier, est lisible sur la page http://jll71.spaces.live.com/Blog/cns!778BD6ACFAC57ADC!199.entry


"Un malheur inévitable voulut que nous fussions détournés de notre dessein par le son d'une cornemuse qui nous attira vers un endroit du village où plusieurs jeunes rustiques, filles et garçons, dansaient un branle."

Tristan L'Hermite "Page disgracié", roman autobiographique paru en 1643


" Mon pauvre filleul est comme fou, poursuivit la crémière en pleurnichant. Il avait appris à jouer du basson....

- Quel rapport cela a-t-il avec sa folie ?

- Un très grand; car depuis deux semaines il en joue toutes les nuits !...

-Ca c'est dur !

- Il dit qu'il est l'ombre d'un grand musicien et qu'il va aller sur un nuage jouer du basson à mam'elle Aurélie ! "

tirée de Suce-Canelle de Léon et Frantz Beauvallet et Saint-Vrin, que je vous avais mis en ligne trois jours auparavant sur http://jeanluc.matte.free.fr/canelle/canelle.htm


" L'utilisation d'une paire de cuillers pour produire un claquement rythmique relève très souvent du cabotinage. Cependant, le percussionniste ne peut pas l'ignorer car il doit être capable de réaliser n'importe quel son, dans n'importe quelle circonstance. "
James Holland, " Percussion ",coll. Yehudi Menuhin ed Hatier 1980 (1978 pour la version anglaise originale )


"Lui, c'était au moyen d'instruments qu'il charmait les hommes, grâce au talent qui procédait de sa bouche.../... Les airs de ce dernier, donc, qu'ils soient joués par un grand flûtiste ou bien par une pauvre joueuse de flûte, sont seuls à mettre en état de possession, et, parce qu'ils sont divins, à manifester ceux qui ont besoin des dieux, comme de leurs initiations.

Or, entre celui-ci et toi, toute la différence, c'est seulement que, sans instruments, avec des paroles sans musique, tu produis ce même effet !"

"Le Banquet" de Platon. A la fin de ce texte, Platon par la bouche d'Alcibiade fait l'éloge de Socrate, et de sa parole, en comparant celle-ci à l'art du musicien Marsyas.

Ceci était la traduction de Léon Robin 1940 La Pleïade

En voici une seconde version :

"Lui, effectivement, il se servait d'un instrument, pour charmer les êtres humains à l'aide de la puissance de son souffle, et c'est ce qu'on fait encore à présent quand on joue ses airs sur l'aulòs.../... Et les airs de Marsyas, qu'ils soient interprétés par un bon joueur d'aulòs ou par une joueuse minable, ce sont les seuls capables de nous mettre dans un état de possession.

Toi, tu te distingues de Marsyas sur un seul point : tu n'as pas besoin d'instruments, et c'est en proférant de simples paroles que tu produis le même effet."

Traduction de Luc Brisson 1998


" La plus pure tradition musicale rom consiste en son absence totale d'une quelconque pureté culturelle. "

Richard Schuberth dans le livret du CD Martin LubenovOrkestar " Dui droma / two roads " Connecting cultures records 2004


" Il y a bien plus, car les dances sont practiquées pour cognoistre si les amoureux sont sains & dispos de leurs membres, à la fin desquelles il leur est permis de baiser leurs maistresses, affin que respectivement ils puissent sentir & odorer l'un l'aultre, silz ont l'alaine souesve, & silz sentent une senteur malodorant, que l'on nomme l'espaule de mouton: de façon que de cêt endroict oultre plusieurs commoditez qui reüsissent de la dance, elle se treuve necessaire pour bien ordonner une societé. "

L'Orchesographie de Thoinot Arbeau, 1588 (p. 2 bis), de son vrai nom Jehan Tabourot, chanoine à Langres


"Un régiment écossais, précédé de quarante joueurs de cornemuses enjuponnés qui faisaient retentir à coeur joie leur musique aiguë au bénéfice des mitrailleuses, fut fauché dès sa première bataille".

Dalton Trumbo dans "Johnny Got His Gun" ou, pour les francophones " Johnny s'en va-t-en guerre " 1939

(Trad. Andrée R. Picard, éd. Denoël, 1972 soit un an après la sortie du film…


" Lorsqu'elle ne se soumet pas au nivellement par le folk, qui multiplie les fest-noz " juke box " où le cercel circassien règne en maître, la scène bretonne, y compris du fest-noz donc, propose une diversité de sons et de colorations probablement jamais égalée "
Hugo Aribart dans l'article " Groupe "de fest-noz" - Réagir par une plus grande créativité ? Le cas Darhaou " in Musique Bretonne 206 de Janvier-fev 2008


" Le timbre est l'élément caractéristique de la couleur du son, ce qui permet à l'oreille (même la moins exercée) de faire la différence entre une flûte à bec et une corne de brume, entre une note de cornemuse et le sifflet d'un train à destination de Tours (par exemple et toujours pour faire simple…). "
Valentin Clastrier dans " La Vielle & l'univers de la roue-archet " Modal -études juin 2006, naturellement disponible auprès de la FAMDT.

Je vous ai pris cet extrait car il cite la cornemuse mais je dois avouer que ce n'est pas celle que je préfère dans cet ouvrage où nombre de phrases peuvent être mises en exergue sous forme de citations :

" Il existe plusieurs type de vielle : sans corde, à un corde, à trois cordes, à quatre, à cinq, six, neuf cordes, etc. Mais en général il n'existe que deux types de viellistes : ceux qui subissent la vielle et ceux qui la vivent ! Pourtant tous les espoirs sont permis… "

Quant il ne cite pas lui même d'autres auteurs ou musiciens :

" …Car il faut que l'activité humaine s'impose à elle-même ses limites. Plus l'art est contrôlé, limité, travaillé, et plus il est libre " Igor Stravinsky, Poétique musicale p.105 Flammarion 1942


" À l'assemblée

Parmi châtaigniers et genêts
Où s'émouchaient, sans pouvoir paître,
Des montures sous le harnais,
Ronflait l'humble fête champêtre.

Les crincrins et les cornemuses,
La ripaille, un soleil de feu,
Allumaient tout un monde bleu
À faces longues et camuses.

Et, tandis que ce flot humain
- L'enfance comme la vieillesse -
Battait les airs de sa liesse...
En grand deuil - au bord du chemin,

Les yeux fermés, - morte aux vacarmes,
Une femme étranglait ses larmes
À genoux, devant une croix.

Rien n'aura l'horreur et l'effroi
De ces pleurs gouttant, sans rien dire,
Dans cet énorme éclat de rire.
"

"Paysages et Paysans", Maurice Rollinat, né en1843 à Châteauroux, et s'est retiré à Fresselines (Creuse), pas loin de La Châtre jusqu'à son décès en 1903

Du même auteur, celui-ci, tiré de " Les Névroses ", son succès de 1883

" La Cornemuse

Sa cornemuse dans les bois
Geignait comme le vent qui brame,
Et jamais le cerf aux abois,
Jamais le saule ni la rame,
N'ont pleuré comme cette voix.

Ces sons de flûte et de hautbois
Semblaient râlés par une femme.
Oh ! près du carrefour des croix,
Sa cornemuse !

Il est mort. Mais, sous les cieux froids,
Aussitôt que la nuit se trame,
Toujours, tout au fond de mon âme,
Là, dans le coin des vieux effrois,
J'entends gémir, comme autrefois,
Sa cornemuse.
"


" Ne rentrons pas dans ces niaiseries et laissons-là les rigolos de la communication qui nous vendent la rencontre de deux civilisations dès que deux artistes d'origines différentes font un coup ensemble ! "
Mathieu Rosati dans la chronique du CD " Think of One - Camping Shaâbi " dans Trad. Magazine n°119 p.112.


"Ce fut alors qu' il s' éveilla. Il s' approcha de la fenêtre et tira les rideaux. De la rue Montmartre montait le son plaintif que tirait de sa vielle un Auvergnat vêtu d' une peau de mouton et accompagné d' un chien noir."
"L' Enigme des Blancs-Manteaux" de Jean-François Parot (10/18, collection grands détectives)


" Au milieu du premier couplet, Nuell commença à l'accompagner à la cornemuse. Kindan faillit s'arrêter de chanter tellement la beauté de la mélodie le surprit, mais il éleva un peu la voix et laissa la cornemuse faire le contrepoint à son chant. "
Anne et Todd McCaffrey à la page 111 de " La lignée du dragon (2007 pour l'édition française chez Fleuve Noir)


" Il y a deux raisons qui m'ont poussée à jouer Mystérieuse avec un violoncelle :

Premièrement l'admiration que je porte à l'inoubliable Jo Privat et aux valses magnifiques qu'il a composées.

Deuxièmement, j'ai essayé avec un accordéon, c'est bien trop difficile ! "
Cécile Girard dans le livret de son CD "Sur un fil doré" dont vous pouvez lire la chronique ici


"Les saltimbanques arrivent sur la place à grand renfort de tambours et de cornemuses, ce qui ne manquera pas de causer d'ailleurs un fâcheux incident, heureusement sans gravité. L'ânesse et le mulet porteurs de matériels prirent la fuite."
Mic Baudimant dans "Les cahiers de l'âne" n°26 mai/juin 2008, p.10-12, dans un article sur la présentation des ânes au salon de l'agriculture. Mic est en photo avec sa cornemuse dans ce même numéro, page 21, à la fête de Poulaine du dimanche de Pâques.


"Coinquant et pétaradant, l'S vint crisser le long du trottoir silencieux. Le trombone du soleil bémolisait midi. Les

piétons, braillantes cornemuses, clamaient leurs numéros. Quelques-uns montèrent d'un demi-ton, ce qui suffit pour les emporter vers la porte Champerret aux chantantes arcades.Parmi les élus haletants, figurait un tuyau de clarinette à qui les malheurs des temps avaient donné forme humaine et la perversité d'un chapelier pour porter sur la timbale un instrument qui ressemblait à une guitare qui aurait tressé ses cordes pour s'en faire une ceinture. Soudain au milieu d'accords en mineur de voyageurs entreprenants et de voyajrices consentantes et des trémolos bêlants du receveur rapace éclate une cacophonie burlesque où la rage de la contrebasse se mêle à l'irritation de la trompette et à la frousse du basson.

Puis, après soupir, silence, puse et double-pause, éclate la mélodie triomphante d'un bouton en train de passer à l'octave supérieure."

Raymond Queneau dans " Exercices de style " (1947), la même histoire (sans aucun intérêt) mais racontée de 99 façons différentes. Ici sur le thème auditif.


"Militant" et "Musique" me paraissent, de toute façon , suffisamment dissonants. Le meilleur discours d'un musicien…….. c'est sa musique ! "

Frédéric Paris interviewé par Jean-michel CORGERON dans trad magazine N°5 Juillet Aout 1989 page 14

Une citation à rapprocher de celle-ci : " Si la musique pouvait être traduite en paroles humaines, elle n'aurait pas lieu d'exister " Ned Rorem, cité dans " Le monde de l'orchestre " de R. Lévine ed. Chanteclerc


" Aujourd'hui, ma copine m'a quitté. Je venais de lui avouer que je jouais de la cornemuse. "

anonyme, mais tirée du site " Vie de merde " (http://www.viedemerde.fr/?page=11) où les gens écrivent leurs galères en quleques lignes...

Remarquons que le commentaire des webmestres du site est " ta pas perdu grand chose, elle est nul cette fille la cornemuse c'est magnifique ! " (orthographe d'origine..)

Sur le même site il y a également cette "galère" :

" Aujourd'hui, une amie m'annonce que les Red Hot Chili Peppers passent à Rennes. Super contentes, on organise tout, je vais vérifier l'info sur Internet, il s'agit en fait des Red Hot Chili PIPERS, un groupe de joueurs de cornemuses. "


" Loisirs des Bergers

Les Bergers, malgré le nombre de leurs occupations ne laissent pas de trouver des temps de loisir d'un bout de l'année à l'autre, surtout depuis le déparc jusqu'au commencement du parc suivant. Ils retrouvent aussi des momens de repos au retour des longs jours, & même pendant la saison au parc, au matin, à midi & au soir, lorsqu'ils marchent à pas lents à la tête de leurs troupeaux ou qu'ils les regardent pâturer dans une vaste plaine.

C'est alors qu'ils exercent différents petits talens d'utilités ou d'agrémens conformes à leur goût, à leur adresse naturelle & à leur satisfaction ; comme ceux de jouer de la flûte, de la cornemuse, de sculpter au couteau, de coudre & de filer au fuseau, &c. ce qui ne détourne pas leur attention de l'objet principal.

Le son des instrumens à vent a ceci d'avantageux, qu'il récrée les moutons & qu'il écarte les loups.

S'il est vrai que le chalumeau ait été inventé pour charmer l'ennui des Bergers & pour soutenir leur attention, ceux-ci ont un droit acquis sur la cornemuse & sur la flûte, qui ne sont que des chalumeaux perfectionnés. "

Etait de CARLIER Claude, Traité des bêtes à laine, ou méthode d'élever et de gouverner les troupeaux aux champs et à la bergerie, Paris, 1770, tome 1, p. 114-115


" Tandis qu'il regagnait le camp, il s'était arrêté à de multiples reprises pour contempler son violon, comme s'il le voyait pour la première fois.

Jamais encore il n'avait songé à faire des progrès pourtant il lui semblait à présent que jouer chaque air comme si tous ceux qui se trouvaient à portée d'oreille venaient d'être récemment la proie des flammes valait la peine".

"Retour à Cold Mountain" de Charles Frazier (traduction Marie Dumas), chapitre "Sauvages de leur plein gré" ou une jeune fille de quinze ans atrocement brûlée demande à Stobrod de lui jouer un air de violon avant de mourir, passage qui s'achève avec la citation ci-dessus (page 340 de l'édition Le Livre de Poche)


"Le soir, dans les granges, les binious enrubannés accompagnaient des danses monotones" p. 77

et

"Nous aimons les aigres cornemuses, mais aucune musique au monde ne vaut Sidi-Brahim et Sambre-et-Meuse." p.94

"Les silences du colonel Bramble" de André Maurois. 1921

Ed. 2003 Les Cahiers Rouges. Grasset


"Le vieux, rabattant les langes sur l'enfant, leur cligna de l'oeil, malicieusement, puis il expliqua (aux parents) : "sa petite cornemuse..., le pauvre mignon..., elle était toute descendue... S'agissait que de la remonter, de la raccrocher bravement en place, et qu'elle y reste... C'est ce que j'ai fait !"

Et, sans attendre les commentaires des parents qui venaient seulement de réaliser que la "cornemuse" n'était autre que l'estomac de leur petit, il s'affaira au bout de la table autour d'un vieux réchaud à alcool..."

Jean-Louis Boncoeur, dans "Le Village aux Sortilèges", édité chez Fayard en 1979 (page 333). Et cela se passait naturellement en Bas-Berry, du côté de La Châtre…


" Quels sont les traits caractéristiques de la "culture auvergnate ?

- Le premier ciment c'est la bourrée. Personne ne peut vous dire qui a inventé cette danse, encore très vivace dans les fêtes régionales. Son succès a été tel qu'elle a débordé dans tout le Massif central et même jusque vers Nantes. Elle exprime une partie de l'âme auvergnate: le danseur ne cherche pas à être léger, comme les Catalans avec la sardane, mais à montrer sa force, sa rudesse, en tapant du pied avec ses sabots ! "

Jean Anglade dans l'Express août 208, interview au sein d'un dossier sur l'Auvergne dans l'Express dans leur série au titre plein d'originalité "Bienvenue chez les..." illustré par une carte postale caricaturale d'hommes et de femmes en costume (et sabots bien sur) en ronde autour d'un fagot levant bien haut les pieds au son d'un violoniste levant bien haut le pied lui aussi...

"Comme le lui avait proposé l'accordéoniste de Cusset, Léonce fréquenta les bals de la rue de Lappe. Principalement Chez Bouscal, dont le patron, excellent cornemuseux, avait pris l'habitude de céder de temps en temps sa place à l'instrument à bretelle. Ainsi celui des frères Pegouri. Dans ce quartier, l'Auvergne et l'Italie faisaient bon ménage ; leurs immigrants débarquaient par la même gare et composaient autour de la Bastille une population macarino-bougnate. L'un des deux Pegouri avait fini par épouser la fille de Bouscatel, et l'accordéon, plus sonore, plus dégoulinant de notes, plus décoratif, avait supplanté la cabrette."

Jean Anglade "Un souper de neige", collection Pocket, aux Presses de la Cité (2000)

Comme le commente celui qui m'a transmis cette dernière citation :

" Bon, ça ne nous apprend rien, mais ça appelle quelques remarques : 1) le singulier sur le mot "bretelle" me semble critiquable ; 2) le véritable nom des deux frères est Péguri ; 3) je suppose que l'auteur a voulu écrire "macaronino", qui est péjoratif, et non "macarino", qui n'a aucun sens. "

J'ajouterai qu'à l'époque des frères Péguri, l'accordéon n'était pas encore vraiment dégoulinant de notes…


"Il fit peu à peu connaissance avec les gens. Un musicien nommé Ostric s'était ouvert une artère en écorchant un agneau. Rob arrêta le sang, ferma la plaie et rassura l'homme qui craignait de ne plus pouvoir jouer de sa cornemuse."

était tirée du "Le médecin d'Hispahan", de Noah Gordon (Le Livre de Poche, n°6728, Stock, 1988). Histoire d'un anglais qui veut devenir médecin, qui va étudier en Perse auprès d'Avicenne, puis qui revient exercer en Ecosse aux alentours de 1044. L'auteur présentant ses excuses en fin d'ouvrage pour les éventuels anachronismes qu'il aurait commis, nous pouvons bien lui accorder sa cornemuse écossaise en plein XIème siècle…

Lorsque le médecin se marie : "On joua de la harpe, de la cornemuse, de la viole, de la trompette et Mary chanta avec les autres femmes".


"Je comprend tout à fait que l'on déteste la cornemuse, la vielle à roue, la clarinette, le violon débutant, mais il existe pour ces instruments des exceptions, des hommes qui ont sauvé l'objet."
"Tombeau de la variété française", ouvrage joyeusement iconoclaste d'un mystérieux "Laurent Laurent", collection "à tombeau ouvert", Ed Philippe Rey, 2006


"Je suis chanteuse-danseuse au théâtre Orphée. On m'appelle Eurydice. Je fais frénésie dans le grand monde. Je montre mes bourrées, mes passe-pieds et mes gigues. J'enseigne aux belles dames mes belles manières. Je donne des leçons de coups de talon à celles qui aimes le genre allemand, et des leçons de coups de hanche à celles qui aiment le genre espagnol. Les coups de hanche c'est gai ; les coups de talon c'est mélancolique."
"L'Intervention" comédie en prose de Victor Hugo (scène III), laquelle comédie fait partie du recueil de pièces "Le Théâtre en liberté".


" Il y a des positions dogmatiques qui tentent de circonscrire la notion de tradition dans le temps et au sein de groupes sociaux bien définis. Pour moi, il y a une matière qui vient du passé et d'une collectivité qui partageait un territoire, une langue, une situation socio-économiques donnés… avec des modes de production et de reproduction qui ont été effectivement perturbés par toutes les modifications survenues au cours du XXème siècle. Mais cette matière existe toujours en potentiel. Il lui faut juste de nouveaux contextes qui puissent leur permettre de continuer d'exister dans ces nouvelles conditions. "était de
Robert Bouthillier dans le n°121de Trad. Magazine, interviewé par Eva Guillorel


"En général, quand il y a de la cornemuse dans la B.O. d'un film, c'est que ça va mal finir" était tirée de la
BD "Le guide du moutard : pour survivre à neuf mois de grossesse" de Jul (éd. Vent des savanes/ Albin Michel, 2007). Il s'agit du journal de grossesse d'un futur papa. La page 18 est consacrée aux sites anglais d'embryologie et à leur fond sonore. Elle est illustrée (entre autres) d'un écossais (en kilt) tenant "un instrument traditionnel en véritable placenta de mouton".

Outre la citation ci-dessus, on y trouve également celle-ci : "Les websmasters doivent mettre de la cornemuse en pensant que ça va détendre les gens..."


" Aller de l'essentiel au particulier, c'est ce que je veux exprimer. Ne jouer que ce qui semble nécessaire. N'interpréter que ce qui vient de l'intérieur "
tirée de la pochette du CD Alt'o solo de Gregory Jolivet dont vous pouvez lire la chronique ici


" Le parfum de mon épinette, pas de doute c'est la chaussette " était tirée de " La chanson qui pue des pieds "
texte et composition de Fabian Beghin sur le CD " L'école des chèvres à pull " dont vous pouvez lire la chronique ici


" Il avait lui-même un joli talent sur la muse de blé, une petite flûte de ce temps-là. Il en jouait agréablement, ainsi que de la chiffonie, sorte de vielle de mendiant, que la chronique de Bertrand Duguesclin qualifie "instrument truand", et qui est le point de départ de la symphonie. Ces musiques attiraient le monde. Ursus montrait à la foule sa chiffonie et disait : " En latin organistrum."
Victor Hugo, "L'Homme qui rit"

Ce n'est pas la seule citation de Muse de blé chez cet auteur puisque l'on relève également au début de la pièce "L'Epée" :

"Jeunes filles dansant et chantant. Pendant qu'elles dansent, le paysan ménétrier, dit le Chanterre, assis sur une pierre, joue de la muse de blé."

Dans l'édition Folio classique, un renvoi précise : "La muse de blé, instrument archaïque fabriqué tout autour de la Méditerranée, est une sorte de chalumeau."

Il y a fort à parier que Victor Hugo avait lu Guillaume de Machaut car dans l'Homme qui rit, avant la citation proposée ci-dessus, on trouve :

"Deuxieme partie. Par ordre du Roi

Livre troisième. Commencement de la fêlure

III - Où le passant reparaît

(...)

Il y avait un circus à femmes retentissant du matin au soir d'une sonnerie magnifique de toutes sortes d'instruments, psaltérions, tambours, rubèbes, micamons, timbres, chalumelles, dulcaynes, gingues, chevrettes, cornemuses, cornets d'Allemagne, eschaqueils d'Angleterre, pipes, fistules, flajos et flageolets."

 

Que l'on ne peut que rapprocher de la fameuse citation du Remède de Fortune de G. de Machaut :

"Lors,je vis là tout en un cerne: vièle, rubèbe, guiterne, leüt morache,michanon, citole et le psaltérion, harpe, tabour, trompes, naquaires, orgues,cornes plus de dis paires, cornemuses, flajos, chevrettes, douceines, simbales, clochettes, tymbre, la flaüste brehaigne et le grand cornet d'Alemaigne.

Flajos de saus, fistule, pipe, muse d'Aussay, trompe petite, busines, élès, monocorde ou il n'y a qu'une seule corde et muse de blef tout ensemble.

Et certainement il me semble qu'onques mais tele mélodie ne fu veue ne oïe.''

 

Qui n'est pas non plus la seule citation de l'instrument par cet auteur puisque l'on peut lire dans La prise d'Alexandrie :

" Gigues, harpes, rotes et chevrettes, cornemuses et chalemelles, Muses d'Aussay, riches & belles, Et les fretiaus, & monocorde, Qui a tous instrumens s'acorde, Muse de ble, qu'on prent en terre, Trepie, l'eschaquier d'Engletere, Chifonie, flaios de saus. "

Mais Victor Hugo également a cité au moins deux fois l'instrument : "Les proscrits"

"Quand même on me mettrait-Fould en fleur sous le nez,

Quand Suin décolleté montrerait ses-épaules,

Quand Glandaz et Leboeuf, pleureurs comme 'deux saules,

Me chanteraient Dunois sur la muse de blé, -

Mon vide,' je le sens; ne serait pas comblé."

 


" " Plus jamais ça ! " qu'on peut toujours se dire. Et tout continue de tourner et de se répéter comme un mouvement de vielle ! "

Philipppe Berte-Langereau, en conclusion d'un petit article sur les Haïdouks de Roumanie dans L'Carnet du Ménétrier, bulletin de l'UGMM, n°37


"... il a été répertorié soixante-deux sortes de sons parmi les pets; il est donc possible de les marier ensemble et de créer ce que je nommerai musique pétifique. Des adagios, des préludes, des opéras-comiques, des oratorios, voire des opérettes, peuvent ainsi être composés et sont assurés de connaître un succès considérable auprès des honnêtes gens..."

Michel Folco: "Même le mal se fait bien"


"Un vagissement doux comme la musique d'une cornemuse s'élève du gourbi. L'enfant de Barbapoux a vu le jour !!!"

"L'enfant de Barbapoux", journal du front pendant la guerre de 14-18 du 116ème régiment


" La présence de ces durs Cantalous, qui n'étaient pas tous du Cantal mais du Massif central en généra, donnait à ces lieux, qui eussent pu être sinistres, une couleur particulière : entre les heures de bourre, où il fallait remplir vingt tenders en un instant, nos bougres n'avaient qu'à s'asseoir sur le tas ; les bougnats, eux, improvisaient tout de suite une bourrée. Plutôt que de sombrer dans l'aigreur et la rancune que pouvaient faire naître une telle condition de vie, il se mettaient à nasiller, imitant la musette. "

Henri Vincenot dans son très intéressant ouvrage " La vie quotidienne dans les chemins de fer au XIXème siècle " Hachette 1975. Il y est naturellement question, des charbonniers qui fournissaient les chemins de fer de l'époque et notamment de leur démêlés avec les conducteurs : " les Seigneurs " sur la qualité du charbon fourni qui pouvait compromettre le bon fonctionnement de la locomotive.

Je vous en donne la suite qui ne nous épargne pas certains clichés folkloristes issus du XIXème

" Ils s'élançaient sur l'aire, frappant du talon, le torse cambré, la figure grave, l'oeil terrible, et dansaient jusqu'à l'extase, ces danses de provocation et de défi de leurs clans. Les autres tapaient des mains et des sabots. C'est ainsi que beaucoup de danses rituelles des Arvernes et des Ruthènes furent vulgarisées dans les " bas-pays ", et déformées, hélas, car les autres charbonniers, qui n'étaient pas " de la race ", en vinrent à les imiter.

De loin on entendait le concert improvisé, et c'est la raison pour laquelle l'estacade de chargement, qui était naturellement surélevée, comme une scène, au dessus du niveau des tenders, fut appelée " la salle de bal ", et c'est pourquoi aussi, dans les altercations qui naissaient entre ces gens et les " Seigneurs ", on entendait souvent ceux-ci crier :

" Attends, foutu bougnat !, Je vais aller te la fare danser, la montagnarde, moi ! Sacré lève-pied !.C'est avec ce que tu m'a volé que tu vas monter ton fonds ! "

Sacré univers, que ce chemin de fer ! Ne nous voilà-t-il pas, par lui, amené à parler de la bourrée auvergnate ? "

 

Au début de cet ouvrage, on peut lire également :

" Enfin venait la cavalerie : chevaux, mulets, en équipages, les harnais graissés, le toupet et la queue nattés de paille, l'œillère fleurie d'un bouquet de saison, la robe étrillée et brossée, la croupe finement peignée " au damier ", avec un peigne spécial, le poil empésé d'eau sucrée, aussi brillante que les équipages du cadre noir. " Une seule route, une seule voix et tous les grelots. " Oui, des grelots, il y en avait, tous astiqués et sonores, de toutes les tailles, de tous les sons.

Quand je dis " de tous les sons ", j'exagère, car je ne sis pas si tu as remarqué, coquin, mais les grelots et sonnailles étaient accordés. On n'en faisait, en effet, que de cinq tonalités : le do, le ré, le mi, le sol et le la. Si bien qu'un attelage en marche donnait toujours l'accord de la " septième ", avec la petite dissonnance de ré qui vient discrètement émoustiller le cheval… et le cocher, et faire vibrer le cœur des filles ! "


" Trop lourd pour se mouvoir par ses propres moyens, il doit être transporté sur une petite carriole. Son " instrument " est le torse, habillement conservé, de quelque malheureuse créature, dont il a fait une sorte de cornemuse. La plupart des gens trouvent les sonorités déplaisantes, mais elles ont le mérite de calmer certaines des créatures les plus irascibles du Marché. "

Lue sur le site du film Hellboy-2 sorti fin 2008. Vous pouvez la retrouver avec l'illustration correspondante, à l'adresse http://www.hellboy-2.fr/creatureAnatomy/creatureAnatomy.html


"... j'aime travailler avec les musiciens professionnels quand ils se sentent amateurs et avec les musiciens amateurs quand ils se sentent professionnels..."

du facteur de guitares et mandolines Philippe Monneret sur son site : http://www.guitarmandomoneret.com


"Le marchand de musique du 34, qui possédait un gramophone, six mandolines, trois cornemuses et un piano, il voulait rien abandonner... Il a voulu tout qu'on emporte. On s'est attelés sur une vitrine ; tout par l'effort s'est écroulé... ça fit un énorme barouf !

Des coulisses du café-concert le "Grenier Mondain" en face au 96, voilà qu'il débouche un orchestre de parfaits solistes... Ils se rassemblent loin de la géante. Ils mugissent trois accords fameux... Violons, cornemuses et harpes...

Tromblons et basses soufflent dedans, grattent dessus si bien, si fort que toute la meute hurle de plaisir..."

Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, 1936 (p. 92 de l'édition folio)


" De ma bourse un peu pauvrette

Où l'ennui m'a fait fouiller

Je me suis permis l'emplette

D'un biniou de cornouiller…. "

début de la chanson " Le biniou ", Paroles de Hippolyte Guérin, Musique de Emile Durand, dont la partition d'époque, illustrée d'un joueur de biniou est relativement courante et passe souvent sur eBay par exemple. La chanson est également fréquente sur 78 tours et même cylindres…

Ecouter une version chantée : http://loic.fejoz.free.fr/biniou/


"Un de mes gars vient juste de se faire massacrer !
­ Ah oui ? Lequel ? On peut savoir ?
­ Tintin... On lui a planté ses lames dans chacun de ses principaux organes, une vraie cornemuse, une horreur !
"

extrait de dialogue du film "The Crow" (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10474.html), à environ 33 minutes du début du film.


" Tous les deux sont fils de collecteurs, ils ont bu enfants à la mamelle de la tradition " tirée de la présentation sur internet de l'émission d'Hélène Hazera Chanson Boum !, de décembre 2008, consacrée à Solange Panis et Willy Soulette


" Il est né le divin enfant, jouez hautbois résonnez musette ! "
est naturellement un extrait du cantique de Noël bien connu. mais quelles sont les origines de celui-ci ? Voici ce que j'ai pu synthétiser à partir de la biblio courante et des données glanées sur internet

Tout le monde est d'accord pour dire qu'il est chanté sur un ancien air pour cor, "La tête Bizarde" (Ce terme "Tête bizarde", désignant une tête de cervidé qui a des bois irréguliers, mal formés) mais pas sur la date de celui-ci puisque certains écrivent que l'on jouait celui-ci "dans les chasses à courre à l'époque de Louis XV." (Louis XV dit le Bien-Aimé, né le 15 février 1710 et mort le 10 mai 1774, roi de France dont le règne s'étend de 1715 à 1774 c'est à dire en plein XVIIIème siècle alors que d'autres affirment que cette sonnerie date du XVIIème siècle. Il est probable que les premiers font références à des recueils comme ceux de Thiberge et de Frontier alors que les seconds pensent que ces recueils reprenaient des airs du siècle précédent. Une autre source indique "Elle serait antérieure au recueil (1723 — 1738) de fanfares et sonneries de chasse du marquis de Dampierre (selon certaines sources l'air figurerait parmi les compositions de ce dernier. À vérifier). Si on en croit la "Nouvelle Méthode de Trompe" de Normand (1893), l'air serait d'un compositeur anonyme."

Les paroles de cet air n'ont rien à voir avec un Noël

" C'est bien une tête bizarde,

Que nous avons attaquée cette fois.

Coiffé tout de travers, regarde ce cerf,

Si reconnaissable à ses bois.

Utile indice, ces bois tors qui causent surprise,

Nous renseignant alors, éviteront des méprises.

C'est bien une tête bizarde,

Que nous avons attaquée cette fois.

Coiffé tout de travers, regarde ce cerf,

Si reconnaissable à ses bois. "

Et la musique a évolué en passant de la sonnerie au Noël ainsi que vous pourrez le constater en écoutant la première, par exemple par le Rallye-Cor de Montmélian sur :

http://www.starzik.com/mp3/titres/La_tete_bizarde-830861.html

Vous pouvez également en lire la partition sur

http://img99.imageshack.us/my.php?image=dscf0017kw1.jpg

La mélodie qui comme tout air de chasse est, à l'origine, ternaire et s'est transformée en binaire pour l'occasion... Et c'est la première partie de la sonnerie qui a été conservée le plus fidèlement.

Notons que ce cas de réutilisation d'une sonnerie n'est pas unique puisque "Le bon roi Dagobert" semble nettement être issu de la sonnerie du Sanglier (on la trouver sous l'appelation "Steh fanfare" sur un enregistrement de Suisse Allemande.)

Pour ce qui est des paroles, tout ce que l'on sait est que ce chant est publié pour la première fois en 1874, dans un recueil d'"Airs de noëls lorrains", par Romans Grosjean, organiste à la cathédrale de Saint Dié, dans les Vosges. (j'ai également trouvé la date de 1862...).

Quoique certains pensent que le texte aurait été publié pour la première fois en 1875-6 (date un peu postérieure au recueil précédent, il ne s'agirait donc plus d'une première) par Dom G Legeay dans le recueil Noëls anciens, ce qui suppose une origine plus ancienne. Il serait sans doute du, d'après Henri Bachelin (Les noëls anciens 1927 -éditions musicales de la librairie de France), à l'abbé Pellegrin (1663 - 1745) . Ce fameux écrivain et librettiste et écrit de nombreux noëls mais doit surtout ses titres de gloire a ses nombreux livrets d'opéras dont se sont emparés les plus célèbres musiciens du temps, comme Rameau,Destouches, Montéclair et bien d'autres encore...

Et pour finir, l'intégralité du texte :

"Il est né le divin enfant jouez hautbois résonnez musettes,
Il est né le divin enfant chantons tous son avènement.

 Depuis plus de quatre mille ans, nous le promettaient les prophètes
De puis plus de quatre mille ans, nous attendions cet heureux temps.

 Ah! qu'il est beau qu'il est charmant! Ah! que ses grâces sont parfaites!
Ah! qu'il est beau qu'il est charmant, qu'il est doux ce divin enfant.

 Une étable est son logement, un peu de paille est sa couchette
Une étable est son logement, pour un Dieu quel abaissement.

 Partez grands rois de l'Orient, venez vous unir à nos fêtes!
Partez grands rois de l'Orient, venez adorer cet enfant!

 Il veut nos coeurs il les attend, il naît pour faire leur conquête,
Il veut nos coeurs il les attend donnons-les lui donc promptement.

 Ô Jésus,ô roi tout puissant, tout petit enfant que vous êtes!
Ô Jésus ô roi tout-puissant régnez sur nous entièrement.
"

 

NDLR : Et non pas " Il est né le divin enfant jour de fête aujourd'hui sur terre " comme certains curés contemporains incultes et modernistes le font chanter à leurs ouailles… " tenant compte de la désuétude du mot "musette" " dixit Wikipédia !

Comme le fait remarquer quelqu'un sur un forum, "cela ne rime même pas… "

Et, de plus, on prive les enfants, d'entendre " Jouez au bois ", ce qui leur rend ce chant si sympathique…


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