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Avalanche Compagnie

La musette baroque

C'est l'instrument des fêtes champêtres chères à Watteau, il sera souvent représenté sur des tableaux de ce style.

Gravure d'après Watteau
coll. et cliché J.L. Matte

Il sera également représenté sur de nombreux trophées d'instruments de musique (sculpture, marqueterie, bronzes d'ameublement, stuc...) et ce même après la fin de l'usage de l'instrument. Ces représentations sont souvent schématiques, surtout lorsqu'elles sont tardives

Paris, 2 boulevard de la Madeleine
Trophée d'instruments avec musette (le chalumeau est schématique mais la boîte à bourdons est rerpésentée au dessus du sac)

L'instrument : il s'agit d'un modèle particulier de cornemuse, de petite taille, dont la forme intérieure des tuyaux est cylindrique. La musette est alimentée en air par un soufflet (à gauche). Ses bourdons sont tous contenus dans une même pièce cylindrique (au centre de la photo) à multiples perces parallèles dont certaines sont reliées entres elles afin de réaliser un tuyau de grande longueur dans un encombrement réduit. Des coulisses à la périphérie de ce cylindre permettent de mettre en service ces bourdons en fonction de la tonalité de jeu et d'accorder les bourdons. Toutes les anches sont doubles.

Musette en ivoire du Musée de Strakonice
Le sac de la musette baroque était toujours revêtu d'une housse (la "robe") en riche tissus, ici absente.
cliché. J.L. Matte

Chalumeaux de musette vu par devant et par derrière.
Le plus long est le chalumeau mélodique, le second, muet au repos, permet lorsque ses clefs sont actionnées par le petit doigt ou le pouce de la main supérieure, de produire 8 notes supplémentaires (nombre variable selon les musettes, souvent 6 notes, mais ici on compte 8 clefs) qui viennent augmenter l'ambitus de l'instrument dans l'aigu et permettent éventuellement le jeu à deux voix (pièces dites "par accords").
Pièce en cours de restauration par R. Dubois, coll. privée, cliché J.L. Matte

Boîte à bourdon vue de côté. La partie droite reçoit les anches et s'emboîte dans une souche, la partie gauche est normalement recouverte d'une rosace décorative (sorte de capuchon). On voit ici quatre coulisses d'accord des bourdons. Sur la seconde en partant du haut on distingue la fente par laquelle s'échappe l'air.
Pièce en cours de restauration par R. Dubois, coll. privée, cliché J.L. Matte

Boîtes à bourdon vue par leur bout externe, rosace retirée. Les parties sombres sont des bouchons; les bouchons oblongs correspondent à la mise en relation de deux perces voisines.
Pièce en cours de restauration par R. Dubois, coll. privée, cliché J.L. Matte

 

La musette baroque sonne à nouveau depuis une vingtaine d'année grâce au travail des facteurs (J.L. Epain, R. Dubois...), des chercheurs (J. C. Maillard, J.C. Compagnon...) et des musiciens (J.C. Maillard, J.P. Van Hees, E. Wilzek...)

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Jean-Christophe Maillard en concert
cliché J.L. Matte

Ernst Wilzek, musicien amateur allemand
cliché J.L. Matte

On trouvera les tableaux les plus célèbres avec figuration de musettes sur le site de l'ensemble Novus Spiritus et quelques-unes également en tapant "musette" sur le moteur de recherche du site de la Réunion des musées nationaux. Le site de R. Niepold décrit également l'instrument.

Voir la discographie de la musette baroque en CD que j'avais réalisée pour la revue Trad. magazine n°69 de janvier-février 2000